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Ecologie de plantes envahissantes en BelgiqueIntervenants : Valérie CAWOY Marie PAIRON Valérie VANPARYS Arnaud VERVOORT Anne-Laure JACQUEMART
L’expansion des espèces envahissantes (xénophytes) dans les écosystèmes est considérée comme la seconde cause de perte de biodiversité à l’échelle mondiale. Les facteurs sous-jacents aux invasions sont peu connus ce qui réduit notre compréhension des modes spatio-temporels et des conséquences associées à ces phénomènes ainsi que des caractéristiques de telles espèces. Entre autres, dans le cadre de projets fédéraux SSTC (INPLANBEL, ALIEN IMPACT), mais aussi de projets financés par le FNRS, notre équipe s’est intéressée à la biologie des populations dans trois types de cas. Prunus serotina, le cerisier tardif Prunus serotina, originaire d'Amérique du Nord, a envahi de nombreux sites forestiers en Europe, principalement sur sols acides sableux. Il a d'abord été introduit dès le 17ème siècle pour des raisons ornementales avant d'intéresser les forestiers au 19ème siècle d'abord pour fournir du bois d'œuvre, ensuite comme essence secondaire en sous étage de pins ou comme abri pour le gibier. Son développement massif dans une grande partie de l'Europe a été favorisé par les perturbations d'origine anthropique (eutrophisation, fragmentation,…) et a rapidement conduit à sa classification en espèce exotique envahissante. Dans les forêts au sein desquelles le cerisier tardif est présent (jusqu'à 50 000 ha des forêts dans la partie Nord de la Belgique), il représente une menace pour la survie de certaines espèces forestières indigènes, empêche la régénération et consiste en un grand compétiteur pour les nutriments et l'eau. Les recherches qui ont été entreprises au sein de notre laboratoire suivent deux voies principales. La première est liée à l'écologie de l'espèce et à sa stratégie de reproduction. Cela nous permet de mieux comprendre quelles caractéristiques déterminent si cette espèce va s'établir ou non dans un nouvel environnement et quelles particularités (physiques ou biologiques) des biotopes en favorisent l'installation et l'expansion. Sa précocité, sa fructification abondante et la dispersion de ces graines à longue distance par les oiseaux lui permettent d’atteindre facilement de nouveaux sites. Ses grandes tolérance et plasticité tant à l’ombre qu’à la lumière lui permettent de survivre longtemps y compris dans des sites dans lesquels les conditions ne sont pas optimales. La seconde voie a étudié la génétique de ses populations. Aux niveaux intra- et inter-populationels, nous avons étudié les flux de gènes ainsi que la diversité et la structure génétique. Au niveau régional, l'étude de nombreuses populations au sein de différentes régions européennes nous a permis d'étudier la structuration de la diversité ainsi que comparer celle-ci entre les différentes régions. Une comparaison avec la diversité avec des populations de l'aire d'origine a été réalisée et montre l’effet de la pression de propagules (nombreuses introductions avec de nombreux individus) qui a permis une grande diversité génétique pour l’ensemble de la zone envahie en Europe. En conclusion, cette espèce qui a été abondamment introduite par les humains en Europe, qui tolère une large gamme de conditions environnementales et qui se reproduit et se disperse aisément … fera sans doute partie intégrale d’une partie des forêts européennes pour les siècles à venir. Les seules luttes efficaces devraient se concentrer sur les sites non encore envahis ou sur des zones en statut de protection. Comparaison au sein du genre Impatiens (Balsaminaceae) La comparaison au sein d’un même genre donne des informations sur les stratégies des envahisseurs. Nous avons comparé deux espèces asiatiques envahissantes que sont Impatiens glandulifera, la balsamine de l’Himalaya, espèce en extension rapide le long des berges des cours d’eau d’Europe et d’Amérique du nord, et I. parviflora, la balsamine à petites fleurs, espèce se développant en forêts, avec l’espèce indigène, I. noli-tangere, la balsamine « ne me touchez pas » espèce en voie de régression, afin de mettre en lumière certaines caractéristiques liées à l’envahissement.
La démarche expérimentale adoptée a consisté en la caractérisation de la biologie de la reproduction des trois espèces via
Résultats majeurs :
Au niveau physiologique, l’exotique I. parviflora, qui partage la même niche écologique que l’indigène, montre tous les signes de suprématie : tolérance plus large, taux de croissance plus élevé, reproduction intense … Les simulations montrent qu’en cas de coexistence dans un site, l’exotique l’emporterait à tous les coups !
Impatiens glandulifera Impatiens parviflora Impatiens noli-tangere
Senecio inaequidens, le séneçon du Cap Senecio inaequidens a été introduite accidentellement en Europe au 19e siècle par le commerce de la laine en provenance d’Afrique du Sud. Elle envahit les milieux ouverts comme les voies ferrées, les friches, les dunes, les bords de routes… Le principe du travail a été de comparer S. inaequidens avec un congénère indigène, S. jacobaea (à présent Jacobea vulgaris) le séneçon jacobée, sur base de leurs interactions avec trois types faunistiques : les pollinisateurs, les phytophages et la pédofaune. Il s’agissait de tester i) l’existence d’une compétition pour les pollinisateurs entre les deux espèces de Senecio, ii) l’existence d’une pression d’herbivorie différente entre ces deux espèces et iii) l’existence d’un impact de l’invasion par S. inaequidens sur la pédofaune. Les deux premiers points contribuent à expliquer l’invasion, et le dernier, à comprendre les conséquences de celle-ci. Les observations se sont déroulées en populations naturelles (Anvers) et en parcelles expérimentales (Jardin Massart, ULB).
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31/01/2012
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