Intervenants: Philippe Baret, Etienne Dupont, Olivier Lehanse, Béatrice Frank
Avec le soutien de la Wallonie
La pratique du déversement de truites d’élevage en rivière est en usage depuis très longtemps en Belgique comme à l’étranger également.
Son utilité tout comme son efficacité ont été à plusieurs reprises mise en question et ont fait l’objet de plusieurs études sous la conduite de M. Huet et J.A. Timmermans. La conclusion générale était que ces déversements avaient le plus souvent une utilité plus psychologique pour la satisfaction des pêcheurs qu’un réel effet positif sur les populations indigènes.
Près de cinquante ans ont passé depuis ces études et des connaissances plus fines ont été acquises sur les populations de truites, leur fonctionnement et leur maintien. Différents contextes ont été reconnus qui affectent les structures de populations. En particulier, le fractionnement de l’habitat par la création d’obstacles à la circulation des
poissons ont eu des conséquences perceptibles sur les structures démographiques que génétiques.
Sur base de ces nouvelles données et tout particulièrement des connaissances approfondies du système hydrique constitué par la Lesse et deux de ses affluents, le Ry de Chicheron et le Franc-Ry (accumulées grâce à un travail de plus de cinquante ans avec des moyens financiers très importants ces dix dernières années), il était possible et intéressant de reconsidérer l’impact de ces déversements de poissons afin d’améliorer la gestion des populations de truites en Régions Wallonne.
La réalisation de cet objectif par le groupe de recherche « Truites » consiste en trois types d’actions (Tableau 1). Les deux premières sont encadrées depuis 2008 par une Convention d’intérêt général RW-UCL, qui vise à évaluer précisément l’impact des repeuplements sur différents types de populations des rivières wallonnes, à court terme sur la structure démographique et à long terme sur la structure génétique.
Tableau 1. Résumé des actions réalisées par le groupe de recherche "Truites"
| Actions |
Expérimentales |
| In vitro (labo) |
Elevage de deux souches de truites fario, « fines mouchetées » et « noires-noires »
Truites hybrides « fines mouchetées » x « sauvages »
Expérience de jeûne sur les truites « fines mouchetées »
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| In situ (terrain) |
Repeuplements de truites en milieu naturel
Actions de suivi : Pêches électriques et contrôle des nasses
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| In silico (simulation) |
Modèle démogénétique centré sur les individus |
Le premier type d’actions se passe in vitro, c’est-à-dire au Centre de Pisciculture Marcel Huet de Louvain-la-Neuve, où trois expériences sur les truites fario sont actuellement réalisées. La première concerne l’élevage de deux souches de truites fario, en vue d’utiliser les truites produites pour les repeuplements. Les deux autres expériences sont d’une part, l’élevage de jeunes truites « hybrides » issues d’un croisement artificiel entre truites « fines mouchetées » et truites sauvages, et d’autre part, une expérience de jeûne réalisée sur une trentaine de truites « fines mouchetées » pour évaluer la vitesse à laquelle ces truites perdent du poids lorsqu’elles ne se nourrissent plus.
Deuxièmement, une de nos deux principales activités in situ ou de terrain est le repeuplement de truites en milieu naturel, que ce soit en ruisseau avec des truites âgées d’un an ou bien en rivière avec des truites de taille pêchable et âgées d’au moins deux ans. Le deuxième type d’activités est le suivi sur le long terme des populations de truites du système hydrique Lesse / Ry de Chicheron / Franc-Ry. Des pêches électriques annuelles ainsi que le relevé quotidien des nasses situées aux confluences des ruisseaux Ry de Chicheron et Franc-Ry avec la Lesse, sont réalisés en collaboration avec le Département de l’Etude du milieu naturel et agricole (DEMNA) et les Services extérieurs de la Division de la Nature et des Forêts (DNF).
Troisièmement, une thèse de doctorat vise à développer un modèle individu-centré décrivant l'évolution dans le temps de la structure démogénétique d'une population de truites vivant dans un système hydrique constitué d’un tronçon de rivière et de son affluent. La connaissance du fonctionnement d’une population virtuelle de truites permettra de tester différents scénarios et ainsi d’évaluer l’impact des repeuplements in silico.
En complément des autres activités définies par la Convention d’intérêt général RW-UCL, notre groupe de recherche s’est vu confier en 2010 la mission de créer une nouvelle base de données. L’objectif de cette dernière est de centraliser l’ensemble des données récoltées par les différents projets de recherche étudiant les populations de poissons de différentes espèces en Région Wallonne.
