Iconographie et iconologie

 | versione italiana |

 

Aiôn, Aeternitas et Océanus

Cette recherche se consacre essentiellement à deux figures fondamentales pour comprendre la perception du cours du Monde selon le point de vue des civilisations grecque et romaine. Il s’agit de deux personnifications d’un concept abstrait, celui du Temps éternel.
La première, Aiôn, apparaît en Grèce à l’époque classique : sa signification passera de la force vitale, en d’autres termes la vie elle-même, à la persistance de celle-ci, c’est-à-dire l’éternité. Aiôn s’oppose de cette manière à Chronos, représentant le temps présent. Il acquière ainsi le statut d’un dieu cosmique sur lequel reposent l’existence et la pérennité du Monde. D’abord sous les traits d’un vieil homme barbu, pour enfin apparaître jeune et imberbe au IIème s. ap. J.C., il est fréquemment accompagné par les Saisons ou le Zodiaque, par une cornucopia, un serpent ou un globe avec un phoenix ; ainsi, il en vient donc à représenter un Univers prospère en perpétuel renouvellement.

   
 Détail de la lanx de Parabiago représentant l’iconographie d'Aiôn Aureus représentant Aiôn

C’est au IIème s. qu’Aiôn fera son entrée en Occident et sera intégré au sein de la propagande impériale romaine sous le nom d’Aeternitas. Contrairement à Aiôn, cette deuxième personnification, Aeternitas, est une figure féminine, dont les attributs sont nombreux : comme pour la personnification grecque, elle porte le globe et la corne d’abondance, mais également le sceptre et la torche ; rayonnent souvent autour de sa tête un croissant lunaire, des étoiles et un voile, résumant l’ensemble de ses symboles cosmiques.  Si, pour un simple Romain, elle ne représentait que la réalité d’une vie après la mort, Aeternitas avait, en plus des significations d’Aiôn, d’étroites relations avec les notions d’Urbs, de Populus Romanus et d’Empire : comme se fut le cas pour Aiôn, sa personnalité divine intégrera complètement celle de l’Empereur,  faisant de lui un véritable dieu incarné.

L’étude ici menée aura pour but de contextualiser les conditions ayant permis l’apparition de telles personnifications, et le processus d’application d’un concept philosophique et cosmologique dans l’idéologie d’un pouvoir éternel.
Une seconde ligne de recherche iconographique est celle relative à l’étude de l’image d’Océanus, fleuve cosmogonique du mythe antique et représentation, à l’époque romaine, de l’Ecumene soumis à Rome.

Portrait d’Océanus en calcite égyptienne. Musée archéologique national de Parme (Image publiée avec l'aimable autorisation de la Soprintendenza Archeologica dell'Emilia Romagna

 

| 4/04/2007 |