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PALUKU KITAKYA,  Anselme, novembre 2007, Interactions entre la gestion foncière et l’économie locale en région de Butembo, Nord Kivu, République Démocratique du Congo, PUL - Louvain-la-Neuve (VI), (VE)
   La problématique de l’accès aux ressources naturelles est récurrente dans les analyses portant sur le développement des communautés rurales et urbaines d’Afrique subsaharienne.    Cette étude est consacrée à l’examen des rapports réciproques entre les dynamiques économiques et foncières dans la région économique de Butembo (Nord Kivu, République démocratique du Congo).    Recourant à une démarche pluridisciplinaire associant notamment approches historique, géographique et socioanthropologique, notre analyse qualitative a permis d’identifier et d’analyser les facteurs ainsi que les conséquences de l’accumulation des terres par la « bourgeoisie » locale.     La prise en compte des éléments du macrocontexte sociopolitique, l’analyse des institutions et des pratiques foncières locales, l’étude de la dynamique commerciale et l’examen de la gouvernance foncière locale ont débouché sur une conclusion majeure : la compétition entre les acteurs et la conjugaison d’une multitude des facteurs socioéconomiques conjoncturels et structurels (inadéquation des institutions foncières étatiques, non respect de la coutume foncière, insécurités politiques et économiques, forte croissance démographique, fort attachement aux terres ancestrales, déliquescence de l’Etat, émergence d’un marché imparfait des terres, etc.) favorisent l’accumulation des terres par un petit nombre de bourgeois et la constitution d’une masse de plus en plus importante de « paysans sans terre ». La mise en valeur des terres accumulées est globalement insuffisante.    La précarité économique des paysans et la montée de la conflictualité foncière sont parmi les écueils majeurs au développement régional.    La réflexion sur un cadre institutionnel pouvant concilier la gestion de la terre et le développement mais aussi l’initiation des activités économiques non agricoles nous semblent être des pistes de solution à bien explorer.

SAINSINÉ, Yves, septembre 2007, Mondialisation, développement et paysans en Haïti : proposition d'une approche en termes de résistance, PUL - Louvain-la-Neuve (VE), (VI)
    Les pratiques paysannes s’inscrivent à la fois dans une perspective globale et une histoire longue. D’une part, en faisant appel à tous les domaines qui composent la vie paysanne (économique, politique, social, religieux, culturel, etc.), elles revendiquent une interdisciplinarité pratique. D’autre part, en se référant à leur mémoire, les paysans invitent à la réconciliation entre le passé, le présent et l’avenir. Il en résulte alors une incompatibilité grandissante entre l’offre du développement véhiculée par les acteurs extérieurs (l’État, les ONG, les organismes internationaux, etc.) et la demande du développement faite par les paysans. On peut le comprendre. En effet, cette demande du développement se base fondamentalement sur quatre principaux aspects : l’interdépendance, la diversité, le lien social et la sécurité individuelle et collective.
   Cette thèse met en avant la notion de résistance. Elle a été réalisée à partir des travaux de terrain menés, pendant 5 ans, auprès des paysans de trois sections rurales de la Vallée de l’Artibonite en Haïti. Elle montre que leurs actions ou pratiques de développement, non seulement divergent profondément de la vision véhiculée par les acteurs extérieurs, mais surtout sont systématiquement en conflit avec celle-ci. En ce sens, elle remet en cause le paradigme dominant. Elle remet aussi en question toute autre approche qui présente le paysan comme quelqu’un qui se croise les bras et qui attend systématiquement de l’aide extérieure. Elle propose donc un nouveau regard sur le développement qui prend en compte, non seulement les paysans dans leur situation globale, mais aussi leurs relations avec les acteurs extérieurs. C’est donc cette nouvelle perspective qui, dans cette étude, a été qualifiée de « socio-historico-systémique ».

NDAYEGAMIYE, Adrien, juin 2007, Elargir le champ de conception des indicateurs sociaux, Proposition d’une approche relationnelle à partir du contexte socioéconomique des années 90. Cas du Burundi, PUL - Louvain-la-Neuve -  245 pages (VI), (VE)
   Comparativement aux premières décennies du développement, les années 90 sont marquées par le courant de l’autre développement. Inspiré par l’Ecole Scandinave, celui-ci insiste sur la redéfinition des besoins fondamentaux et l’implication des acteurs locaux dans la création et le maintien du lien social, au Nord et au Sud. S’appuyant sur le contexte du Burundi, petit pays au sens de l’économie internationale et de surcroît, en proie à la déchirure du tissu social, la thèse vise l’élargissement des dispositifs de production et de communication de l’information sociale. En effet, dans pareils contextes, les demandes de scolarité, de soins de santé, de prise en charge psychosociale, etc., trouvent des réponses moins dans les systèmes de protection sociale formels, qu’à travers des canaux de redistribution en vigueur aux niveaux micro et méso, sous forme de groupements associatifs. Depuis les années 90, la création de ces acteurs non étatiques et non marchands se fait de manière fulgurante. Mais, malgré l’institutionnalisation de l’appareil statistique (rapports nationaux de développement humain), leurs structures et leurs dynamiques restent opaques.
   Aux fins d’en améliorer la visibilité, une révision de perspective méthodologique s’impose. Agissant en réseaux, leurs caractéristiques sont plutôt structurales qu’individuelles ou catégorielles. Ce capital social ne peut donc être mesuré par l’importance numérique des acteurs, ni à l’aune des résultats économiques. Le patrimoine compte aussi. L’étude empirique des certaines structures (dimension, similarités, régularités, alignement des choix, etc.) composant la société civile, débouche sur la mise en évidence des paquets d’informations susceptibles d’éclairer, entre autres, la formation des Collectifs (d’ASBL). Étant donné que la mobilisation des ressources économiques et non économiques révèle bien des préoccupations des gens d’être et d’agir ensemble, la thèse interroge particulièrement l’évidence qui entoure la forte médiatisation des indicateurs de participation féminine et de cohésion sociale par les macro-acteurs (Gouvernement, Banque Mondiale, PNUD, ONG…).

DORVILIER, Fritz, juin 2007, APPRENTISSAGE ORGANISATIONNEL ET DYNAMIQUE DE DÉVELOPPEMENT LOCAL EN HAÏTI : proposition d'une intelligibilité en termes de production d'un nouvel ordre territorial
PUL - Louvain-la-Neuve (VE), (VI)
Compte tenu de la structuration de l’ordre global et de l’affaiblissement des États des nations pauvres, les dynamiques de construction d’un modèle de développement intégrateur doivent nécessairement se mettre en place au niveau local. Toutefois, vu que ce dernier ne constitue pas le lieu naturel du processus de transformation socioéconomique méliorative, les acteurs locaux sont alors amenés à produire un ordre local de mouvement social susceptible de les réunir, de les associer, de les encadrer et de les orienter dans leur quête de développement. Il est néanmoins évident que cet ordre local de mouvement social, outre la simple association des individus concernés, suppose une autre condition. Celle-ci n’est autre que la mise en oeuvre d’un dispositif d’apprentissage organisationnel, c’est-à-dire un mécanisme de fabrication collective de savoirs, de savoir-faire et de savoir être au sein d’une structure organisée. Ainsi, ce processus d’apprentissage collectif s’effectuant dans l’organisation locale, en tant qu’instrument d’identification, de définition, de coordination et de régulation des préférences collectives et de mobilisation des stratégies économique, socio-culturelle et politique innovantes des acteurs locaux, constitue la condition de possibilité principale pour la dynamique de construction du développement local ou d’un nouvel ordre territorial. Cette thèse montre donc pourquoi et comment des paysans d’une localité haïtienne, Belle-Fontaine, s’organisent, mettent en place, avec l’appui de certaines organisations non gouvernementales, un dispositif d’apprentissage collectif et participent à la construction d’un modèle spécifique de développement territorial.

ABDELFATTAH, Touzri,  juin 2007, Développement local, acteurs et action collective. Les minorités issues de l’immigration et les dispositifs de revitalisation urbaine dans la commune bruxelloise de Molenbeek-Saint-Jean , PUL - Louvain-la-Neuve - 342 pages (VE), (VI)
    En privilégiant une perspective d’analyse qui appréhende les questions du développement local et territorial en terme de rapports de pouvoir et de modes de régulation des rapports sociaux, cette thèse interroge les pratiques des acteurs sociaux (élus, associatif et minorités issues de l’immigration) en rapport avec les dispositifs de revitalisation urbaine dans la commune bruxelloise de Molenbeek-Saint-Jean. En nous appuyant sur une grille d’analyse qui fait la distinction entre régulation conjointe, régulation de contrôle et régulation autonome, nous avons interrogé les pratiques des acteurs molenbeekois et appréhendé leurs stratégies. Il en ressort qu’en dépit d’une co-régulation qui se cristallise à travers les pratiques participatives, une forte régulation de contrôle se déploie dans le sillage d’une politique qui privilégie la requalification de l’espace urbain et le rétablissement de l’habitat. Cette régulation de contrôle tient également à la forte implication de la sphère politique.
   Devant les incertitudes qui planent sur les espaces participatifs et la prégnance d’une stratégie de régénération physique de l’espace, une régulation autonome se déploie à travers les pratiques des minorités. Cette stratégie d’autonomisation véhicule essentiellement une logique de mobilité sociale induite par les stratégies de survie et un processus dynamique de construction de l’identité, de l’ethnicité et de la territorialité selon un principe de mobilité. Ainsi, la régulation autonome est la traduction d’une quête de mobilité déployée par les minorités en réponse à une ambition participative inachevée et à une régulation de contrôle qui s’apparente à un instrument principal d’une politique publique basée sur une logique de territoire.

SIDI HIDA, Bouchra, Mouvements sociaux et logiques d’acteurs. Les ONG de développement face à la mondialisation et à l’Etat au Maroc. L'altermondialisme marocain PUL - Louvain-la-Neuve - Janvier 2007 - 214 pages (VE), (VI)
    L’analyse de la thèse repose sur une enquête de terrain montrant comment l’altermondialisme marocain se constitue à partir de débats, d’échanges, de solidarités et de mobilisations d’acteurs sociaux tant au niveau local que global. Dans le cadre de l’altermondialisme international, ce mouvement a émergé pour contrer une certaine mondialisation qui réduit l’être humain à une marchandise. Bien qu’il soit influencé par l’altermondialisme mondial, du fait même de son approbation de la charte des principes de Porto Alegre, son origine se situe dans l’ancrage historique du militantisme des acteurs sociaux l’ayant impulsé. Initié à ses débuts par des ONG de développement, ce mouvement rassemble une diversité d’acteurs sociaux (organisations associatives et syndicales, mouvements sociaux…), d’objectifs variés et de relations sociales multiformes convergeant vers l’altermondialisme qui se mobilisent dans les forums sociaux. Ces derniers constituent un espace de production, de reproduction et d’appropriation de l’espace public.
   La diversité des acteurs, des objectifs et des relations constituant l’altermondialisme nous amène à définir son identité comme étant plurielle et fluide. Par une approche sociologique qui se base sur l’analyse de ces acteurs à travers leurs rapports sociaux, l’étude a cherché à comprendre et à analyser les particularités de l’altermondialisme marocain. Cette approche permet de déterminer les formes de solidarités, les enjeux des altermondialistes, les adversaires et les alternatives proposées. Elle a, à travers l’analyse, mis aussi en exergue la lutte des acteurs altermondialistes, les méthodes de la contestation, le renouveau de l’action collective au Maroc et l’évolution dans le répertoire d’actions.

CHARLIER, Sophie, L'économie solidaire au féminin : quel apport spécifique pour l'empoderamiento des femmes ? Une étude de cas dans les Andes boliviennes. PUL, Louvain-la-Neuve, décembre 2006,  (VI ), (VE)
À partir d’une approche plurielle du pouvoir, la thèse cherche à mettre en évidence comment, dans les organisations d’économie solidaire, il existe un espace pour les femmes qui leur permet de développer une estime de soi et une confiance en leurs capacités. La thèse démontre que ces organisations sont avant tout un lieu dans lequel les femmes peuvent acquérir une certaine autonomie et un pouvoir dans les différentes sphères de la société (familiale, socioculturelle, économique et politique), soit, un empoderamiento. Les femmes se transforment en actrices de changement capables de remettre en cause collectivement les rapports de genre – construction socioculturelle – dans leur organisation économique, dans leur famille et plus largement dans des espaces politiques. Il apparaît ainsi que l’empoderamiento est essentiel dans sa double dimension : celle du pouvoir individuel, c'est-à-dire la capacité de choisir et d’agir sur sa propre vie, et celle du pouvoir collectif, d’actions orientées vers des changements sociaux, économiques et politiques. L’identité des femmes se transforme mais non sans certaines différences entre elles ; nous sommes face à un bouleversement sociologique quant aux rôles des femmes et des hommes au sein de la famille et de la société. L’acquisition d’empoderamiento des femmes oblige à la recherche de nouveaux repères pour que l’autorité (le pouvoir) ne repose pas sur un seul genre mais sur les deux : c’est une question d’identité féminine et masculine. Pour aborder le processus d’empoderamiento à partir des « gens », la thèse s’appuie sur un travail de terrain dans les Andes, en Bolivie, sur une méthodologie participative. Les dirigeant-e-s des organisations d’économie populaire solidaire ont construit une grille d’analyse (reprenant les différentes dimensions de l’empoderamiento) qui a permis de tirer une interprétation originale des enquêtes de terrain. Elle a ainsi mis en évidence le processus d’empoderamiento chez les femmes vivant dans les Andes boliviennes et qui participent à des organisations d’économie solidaire (d’artisan-e-s et de paysans/nes).

BENALI, Ahmed, septembre 2006 Aménagement étatique, gestion sociale de l’eau et dynamiques institutionnelles dans la PMH au Maroc.  Réflexions à partir du cas du Ghiss, Presses universitaires de Louvain, Louvain-la-Neuve, 327 pages (VI), (VE)
   Dans la mouvance des politiques d’ajustement structurel, la gestion de l’eau connaît des mutations profondes dues principalement à la redéfinition du rôle de l’État dans ce secteur. Au Maroc, l’une des principales conséquences de cette réforme est l’émergence des associations des usagers des eaux agricoles. Cette institution qui oeuvre dans un cadre renouvelé aux structures informelles déjà en place, rencontre beaucoup de difficultés pour mener sa mission. Cette recherche de type empirique essaye d’appréhender une meilleure compréhension de la dynamique des institutions de gestion de l’eau. Elle est menée au travers d’analyses croisées où un ensemble de disciplines convergent pour appréhender la gestion de l’eau. Elle commence, par une approche historique, à retracer le processus du développement de l’irrigation au Maroc. Elle s’intéresse ensuite au Ghiss qui par, son histoire, sa diversité complexe de gestion des ressources hydriques…, constitue un laboratoire intéressant pour l’étude de la gestion sociale de l’eau.
   Le rôle des acteurs a permis d’analyser l’évolution des institutions relatives à la gestion de l’eau. Le maintien des acteurs locaux, malgré la tentative de domination des acteurs nationaux et supranationaux a montré la capacité de résistance des premiers. Ces réponses locales mettent en lumière la capacité de ces acteurs à initier des changements qui répondent aux aspirations locales tout en préservant les acquis du passé. En même temps, ils essayent de s’adapter aux possibilités offertes par les changements en cours. La place que doit réserver l’État à ces initiatives est questionnée. Nous prônons un État facilitateur et négociateur plutôt qu’entrepreneur et administrateur, c’est dans ce sens que nous avons évoqué le nouveau concept « d’indifférence positive de l’État ». L’information qualitative recueillie ainsi que le modèle théorique sont utilisés pour réaliser un exercice de prospective. Celui-ci permet de montrer l’existence de plusieurs facteurs susceptibles d’entraîner un échec de cette transition institutionnelle. Quelques mesures permettant de limiter ce risque sont recommandées

RODRIGUEZ ACHUNG, Martha  Desarrollo, pobreza-exclusion social y manejo de espacios socio ambientales en el mundo rural : elcaso del àrea andina de Perù / Développement, pauvreté, exclusion sociale et gestion sociale de l'environnement du milieu rural : le cas de la région andine du Pérou, décembre 2005, (VE), (VI)
   Como indica el título, este trabajo de tesis doctoral trata de comprender las interrelaciones que existen entre la pobreza y el manejo de los espacios socio ambientales, e indaga sobre los procesos históricos que configuran el escenario social y ambiental de la población andina rural a fines del siglo XX, se pone especial interés en el problema de la exclusión social de las mujeres.
   El área de referencia empírica está ubicada en América del Sur, en la parte centro-sur del Perú, escenario de violencia estructural y zonas casi devastadas en el contexto de la guerra iniciada por Sendero Luminoso de los años ochenta y noventa del siglo pasado.
   La construcción del espacio proviene de procesos de larga duración, en un ensamblaje de elementos endógenos y exógenos de poder en el cuadro de modelos y estilos de desarrollo. El elemento central de relaciones de poder esta marcado por los intereses de apropiación, acceso, utilización y control de recursos del medio ambiente donde la exclusión de las mujeres en los espacios de decisión y de poder es un signo histórico de la construcción de estas sociedades marcadas por su inequidad. Por ello en el cuadro de las interrelaciones sociales la dimensión de los derechos tiene importancia particular. El PODER, entendido no solo como dominación sino como capacidad de actuar permite hacer funcionar los derechos y poner en movimiento los engranajes del propio desarrollo, constituidos por: recursos-derechos-capacidades.
   La pobreza, signo característico de la mayoría de la población rural en la región andina, aparece cuando los derechos y las capacidades son insuficientes para vivir. Entendemos por derechos los reconocimientos sociales de las personas en general y de las mujeres en particular a tener propiedad, ingresos, acceso a bienes públicos, a los recursos naturales en cantidad y calidad suficientes. Estos derechos se adquieren a través de sistemas institucionales públicos (estatales, comunales, mercado) y privados (familia). La ampliación de estos derechos permite que la personas puedan acceder a los recursos.. Este proceso se hace en sociedad y no individualmente. El desarrollo de lo local pasa por la construcción de mas sociedad.

   Cette thèse de doctorat essaie de comprendre les relations existantes entre la pauvreté et la gestion de l'environnement social et explore les caractéristiques et conditions de la pauvreté de la population andine rurale, vers la fin du XXème siècle, en mettant l'accent sur le problème de l'exclusion sociale, en particulier, des femmes. A ces fins, on propose une vision socio spatiale pour l'analyse de la pauvreté, en milieu rural.
   La zone de référence empirique est localisée au Centre-Sud du Pérou, en Amérique du Sud, ces zones ont été le scénario de violence structurale et ont été presque ravagées par la guerre entamée par le Sendero Luminoso, dans les années 1980 et 1990 du siècle passé.
   La pauvreté, signe caractéristique de la majorité de la population rurale dans la région andine, apparaît lorsque les droits et les capacités sont insuffisants pour vivre. Nous appelons droits, les reconnaissances sociales des personnes en général et des femmes en particulier, à avoir accès à la propriété, aux revenus, aux biens publics, aux ressources naturelles en quantité et qualité suffisantes. Ces droits s'acquièrent grâce aux systèmes institutionnels publics (publics, communautaires, marché) et privés (famille). L'élargissement des droits implique que les personnes peuvent avoir un accès plus facile aux ressources. Il est indispensable d'ajouter au centre même du schéma le concept de pouvoir, rendant ainsi possible l'élargissement des capacités. C'est-à-dire, le développement et l'expansion des capacités des personnes se fait en société et non individuellement. Le développement de ce qui est local passe par la construction de plus de société. 
   La construction sociale de l'espace provient des processus de longue durée, où les sujets sociaux développent ou non leurs capacités en jeu des interrelations endogènes et exogènes de pouvoir, dans le cadre de modèles et styles de développement de l'Etat. A l'intérieur, l'élément central des relations de pouvoir est marqué par les intérêts d'appropriation, accès, utilisation et contrôle des ressources de l'environnement où l'exclusion des femmes dans les espaces de décisions et de pouvoir est un signe historique. La voie pour réussir à ce que les droits légaux deviennent droits réels est un processus de construction sociale de longue date. Le POUVOIR leur permet de faire fonctionner leurs droits et d'agir de façon concertée afin de mettre en mouvement les engrenages de leur propre développement : Ressources-Droits-Capacités.

KAKULE KAPARAY, Christian, Finance populaire et développement durable en Afrique au Sud du Sahara : application à la région Nord-Est de la République démocratique du Congo, Juin 2006 (VE), (VI)
Cette étude est centrée sur la dynamique d’initiatives individuelles et associatives de financement et de construction du développement en territoires de Beni et de Lubero (R.D.C).  A travers une approche par les acteurs et par leurs pratiques, l’étude veut savoir si la dynamique cible doit s’agrandir pour être efficace par rapport au développement durable ? Et au cas où l’efficacité ne venait pas de la taille, comment ces organisations peuvent-elles être fortes par rapport au développement sans s’agrandir ? L’étude révèle, selon les acteurs, le contenu du développement durable compris comme le maintien et le renforcement des structures grâce auxquelles ils ont des réponses individuelles et collectives à leur problème. Ce que les gens veulent durable, ce sont leurs initiatives, leurs manières de faire et les réponses aux besoins grâce à ces initiatives. L’analyse des pratiques montre un processus de développement inscrit dans la philosophie de la tontine s’appuyant sur les points forts de l’individualisme et du collectivisme. A travers un rapprochement des ressources, des acteurs et de systèmes de mobilisation, la dynamique d’initiatives répondent aux besoins individuels et collectifs sans qu’elles s’agrandissent. Ces réponses relativisent l’argument de l’absence ou de l’insuffisance de l’épargne comme obstacle au processus de développement. Une capacité d’organisation, une disponibilité mentale à l’auto-prise en charge soutiennent ce processus de développement donnant place à l’individu et au groupe. L’étude révèle un potentiel énorme de développement à travers le renforcement des capacités d’organisation des gens et la complémentarité entre les acteurs populaires et l’Etat. Cette articulation des pratiques de l’acteur Etat et des acteurs populaires est une condition de la durabilité du développement et une possibilité en ce que, tout en donnant des réponses aux besoins, les acteurs populaires ne présentent pas leurs voies de solution comme alternatives, mais comme complémentaires à celles de l’Etat. Une éducation des acteurs aux manières desquelles ils ont vécu, ils vivent et ils vivront, d’une part, une orientation des ressources et de la philosophie de la tontine dans des projets intégrateurs, d’autre part, se présentent aussi comme des voies de durabilité sans agrandissement.

PAN, Huaqiong, Rapports Etat-paysannerie en Chine : les problèmes du San Nong et les pratiques des acteurs dans les campagnes après 1978 à partir d'études de cas du Nord-Shandong et Henan, janvier 2006, (VE), (VI)
Où en est la Chine d’aujourd’hui ? Quels problèmes rencontre-t-elle depuis 1978 quand la réforme économique est mise en œuvre d’abord dans les milieux ruraux ? Derrière la croissance remarquable de l’économie chinoise pendant plus de vingt ans, il est important d’explorer les rapports Etat-paysannerie par problèmes du San Nong, une abréviation en chinois de la paysannerie (Nongmin), la campagne (Nongcun) et l’agriculture (Nongye), et par les pratiques des acteurs (leurs motivations et initiatives) en voie du développement. Les problèmes du San Nong devient un point crucial à travers toute la Chine aujourd’hui et ils peuvent se résumer comme suit : « les paysans sont misérables, les campagnes sont pauvres et l’agriculture est en danger ». Mais en fait les problèmes de nongmin, nongcun et nongye ont déjà existé depuis des siècles dans l’histoire chinoise et ont défini la problématique générale des rapports entre Etat et paysannerie. Ce n’est pas l’Etat seul, mais ce sont l’Etat avec ses politiques et la paysannerie avec ses initiatives et ses réactions, voire le marché fonctionnant dans l’ensemble qui conduisent à ces problèmes. Les pratiques plurielles observées des acteurs, y compris l’Etat représenté surout par le gouvernement local et ses fonctionnaires locaux, les cadres ruraux et les villageois (les paysans, les pêcheurs et les employés—ouvriers ou commerçants), dans les campagnes ont montré que les cadres ruraux en deux catégories : les fonctionnaires locaux et les cadres villageois, sont au cœur des contradictions engendrées par les transformations dérivées des réformes. Ils sont au cœur de la question du San Nong. La notion de la paysannerie dans ce texte embrasse son évolution conceptuelle en Chine, de l’agriculteur comme une occupation économique avant le XXème siècle en passant par le paysan comme concept de classe pour arriver à un statut social défini par le hukou rural. Elle n’exclut pas la richesse des aspects culturels et sociaux qui concernent les relations avec la nature (la terre et la mer) et avec les gens (les familles et les villageois), la vie quotidienne et les valeurs. La paysannerie est le sujet actif, et non l’objet passif, du développement rural et même du développement chinois. La croissance économique rapide dans les années 1980 et 1990 dépend aussi des initiatives paysannes dans la mise en œuvre des entreprises rurales et de la production agricole, et même des mingong (paysans-ouvriers) travaillant dans les divers secteurs des villes.
L’Etat peut emprunter beaucoup d’éléments extérieurs bénéfiques dans globalisation, mais il ne peut emprunter une population comme acteur du développement durable. Si l’Etat peut lier sa stratégie du développement avec son propre peuple, il peut éviter de suivre seulement une voie d’imitation non adaptée aux bases de la société chinoise. Il doit partir de son propre peuple, parmi lequel la paysannerie est et restera une composante importante, dans le sillage et l’héritage d’un processus de développement millénaire qui a reposé sur tous les acteurs sociaux, et est la base de la culture, de l’identité et de la durabilité chinoises.

GONZALEZ MEYER, Raul, Agentes y dinámicas territoriales locales. ¿Quiénes producen lo local?/Agents et dynamiques territoriales locales : qui produit le local?, janvier 2005, (VE), (VI)
Los territorios locales y regionales son una “producción social” a partir de la interacción entre agentes que poseen intereses, lógicas y estrategias diversas y que actúan desde diversas escalas de la realidad. Esto suele obviarse cuando se habla de políticas de desarrollo territorial, como si éstas operasen en campos sociales vacíos. En América Latina y Chile existe un déficit (inter)disciplinario que abra una socio-economía política de lo territorial. Ella es clave, además, para analizar las viabilidades de sociedades locales con protagonismo de sus agentes más enraizados en los territorios, en cuanto medio de vida y trabajo.El recorrido por las teorías y conceptos que han destacado el lugar ocupado por determinados agentes como estructurantes de los territorios subnacionales muestra una diversidad de aproximaciones, así como de espacios y tiempos históricos que han servido de referencia. Un período especial es la de los últimos decenios, en que se constituye un importante debate acerca del peso y las relaciones que tienen los agentes globales, nacionales y locales en las dinámicas territoriales.Los estudios de territorios -las ciudades chilenas de Valdivia, Temuco y Arica- permiten visualizar el juego denso de agentes que va imprimiendo el movimiento de lo local: grupos globales exportadores; cadenas nacionales e internacionales de comercio y servicios; distintos expresiones sectoriales del Estado y sus niveles centrales, regionales y locales; diversos grupos medios diferenciados en ideologías e intereses; instituciones como universidades, iglesias, partidos políticos y Ongs; agentes populares como el sindicalismo, micro-empresariado popular, grupos vecinales; y manifestaciones étnicas.Entre ellos median relaciones de conflicto, de cooperación o fragmentaciones. Estas ocurren marcadas por una envoltura histórica que expresa la singularidad de cada ciudad construida en el tiempo. En esa dinámica se va revelando el poder aumentado de grandes agentes privados, pero también el de los agentes para empujar una gobernancia local para un desarrollo endógeno y democrático. / La thèse a pour objectif de faire un apport à l’étude et à la compréhension des sociétés locales. Cet objectif naquit de la constatation d’une certaine rareté de ce type d’analyses au Chili en contraste par rapport a la prédominance d’un discours normatif que mettais en avant l’idée de la nécessite de la décentralisation.La question centrale qui a orienté la recherche fut : « qui sont les agents qui produisent les réalités locales ». Comme prémisse dans ma recherche je soutenais que le local est constitue par en ensemble d’agents différents de par leurs intérêts, logiques et stratégies. La action et l’interaction entre ces agents, constituant la scène sociopolitique locale.Un objectif parallèle à ma thèse, lie à l’antérieur, fut de contribuer à la réflexion sur les possibilités d’un développement endogène au niveau des territoires locaux. Ceci, compris comme un développement qui a un haut degré de protagonisme de la part des agents qui font de ce territoire leur lieu de vie et de travail, en particulier les agents populaires. Ceci comme une manière de mieux articuler développement et démocratie.

KAMBALE MIREMBE, Omer, Echanges transnationaux, réseaux informels et développement local : une étude au Nord-Est de la République démocratique du Congo, septembre 2005, PUL Louvain-la-Neuve, (VI)   (VE)
  Comment des acteurs socio-économiques locaux se connectent-ils au commerce transnational? Quelle est la contribution des échanges transnationaux au processus de développement local ? Ce type de dynamique est-il porteur pour l'avenir, en Afrique ? La problématique de cette étude s'articule autour de ces questions. Comme cadre, elle porte sur les pratiques des commerçants de Butembo, une ville marchande au Nord-Est de la République démocratique du Congo.
   Le "transnational" fait référence aux flux des personnes, des biens et des services qui traversent différents espaces nationaux et évoluent au travers des systèmes étatiques. Les acteurs locaux y évoluent grâce aux contacts situés dans différents pays. Le réseau, structure relationnelle non institutionnelle, connecte ainsi le local au transnational. Nous analysons donc les échanges transnationaux en partant de leur ancrage local.
   Les pratiques en Afrique rendent visibles des initiatives de prise en charge de l'amélioration de la qualité et du cadre de vie de la communauté à l'échelle locale. Elles sont portées par des associations dont celles des commerçants. Les acteurs de l'accumulation présentent ainsi certaines spécificités dans le contexte africain. L'analyse néo-braudelienne permet de rendre compte de l'articulation au niveau local entre logiques de la civilisation matérielle, de l'économie marchande et de l'accumulation.
   Ces pratiques soulignent l'ancrage local des processus de développement et suggèrent la nécessité d'y baser des politiques à long terme. Enfin dans le débat sur "l'économie informelle" et "populaire", l'approche en termes d'acteurs plutôt que de secteur, contribue, par la compréhension de leurs pratiques, à montrer l'importance de leur articulation historique au sein d'un espace et son rôle pour une conceptualisation du rapport entre commerce et développement.

DEGAVRE, Florence, Enjeux du développement dans les contextes Nord. Le rôle des femmes dans le care et la reproduction du lien social, mars 2005, 305pp. (VE) (VI)
   Dans la littérature sur le développement, et particulièrement en économie, il est généralement fait référence au projet de modernisation capitaliste -ou à ses nombreuses reformulations contemporaines- comme horizon vers lequel tourner les politiques et projets de développement. Cette référence à l'approche conventionnelle devient cependant de plus en plus problématique, à la fois parce que la modernisation s'avère décevante pour une grande partie de la population du Sud et parce que, à l'échelle de la planète, elle engendre des problèmes tels qu'ils pèsent sur la viabilité de nos sociétés. Cette thèse examine comment certains courants non conventionnels sur le développement dans les contextes Sud mais également les théories féministes depuis les années 1965 peuvent contribuer à la reconstruction d'une approche originale du concept de développement. Un des traits communs de ces travaux est d'identifier des pratiques et comportements économiques " qui comptent " pour la sécurité d'existence des populations, où les femmes jouent un rôle fondamental, mais qui ont été mis hors champ de l'approche conventionnelle sur le développement. C'est précisément sur ces pratiques rendues invisibles que cette thèse s'appuie pour redéfinir le développement, plus particulièrement dans les contextes Nord.
   À travers un détour par les réalités du Sud, elle propose en effet de jeter un autre regard sur les problèmes sociaux qui prennent de plus en plus d'importance dans les pays occidentaux. Ainsi, du questionnement du rôle des femmes dans l'aide et le soin surgit l'importance de la reproduction du lien social comme facteur de sécurisation. Ces pratiques de cure, dont la dimension de soin aux personnes âgées est plus particulièrement traitée ici, révèlent une demande locale de développement, privilégiant le souci de cohésion sociale par rapport à l'extension des comportements marchands. À partir de là, la thèse identifie le concept de " reproduction étendue du vivant" comme terme pour désigner les pratiques et comportements humains qui concourent à la reproduction du lien social et à la reconstitution d'un territoire de vie.

NOVOA TORRES, Edgar Alberto, Espacialidad, política y luchas cívicas en Colombia. Tres estudio de caso, Juillet  2004, 320pp. D(VI) disponible au CETRI
   Las luchas cívicas representan un largo ciclo de acciones colectivas que se vienen presentando en Colombia, desde hace cerca de cincuenta años.  Las comunidades locales o regionales despliegan una serie de estrategias para la solución de diferentes problemáticas ligadas a su entorno vital más cercano : la resistencia activa, la búsqueda de convergencias entre los diferentes actores territoriales, la organización de movimientos, la confrontación di recta yen algunos casos violenta contra el Estado, así como la negociación, y la puesta en marcha de proyectos y propuestas de desarrollo territorial. Las luchas cívicas transitan entre lo rural y lo urbano, las grandes movilizaciones realizadas se tomaron las pequeñas y medianas ciudades (paros cívicos, marchas, bloqueo de vías, toma de oficinas públicas, cabildos abiertos, actos culturales).  Los movimientos buscan la convergencia de los intereses territoriales, las demandas se refieren a un mejor desarrollo territorial, no hay una diferencia entre el espacio de vida y el espacio de la lucha.  Los movimientos pasan de la resistencia a la protesta y luego a la propuesta. De la misma manera imprevista y diversa como aparecieron y se desarrollaron los movimientos, desaparecen. A pesar de la fuerza y potencialidad que lograron desplegar las luchas cívicas, su dinámica y trayectoria espacio-temporal ha sido discontinua, abierta yondulante. Pasaron con mucho esfuerzo de lo local a lo regional, sin lograr jamás consolidar un proyecto o movimiento nacional.  Los movimientos no tuvieron una larga vida aunque las luchas volvían a reaparecer.  Para entender esa compleja dinámica espacio-temporal, desarrollamos las herramientas para analisar la geopolítica de tres movimientos cívicos ubicados en diferentes regiones del país, durante la década de los ochenta (Movimiento Cívico del Oriente Antioqueño, Movimiento Popular Los Inconformes), y en un caso desde finales de los años ochenta hasta nuestros días (Comité de Integración del Macizo Colombiano ).  Existe una genealogfa, un desarrollo y un final diverso y heterogéneo que produjo una espacialidad diferencial en diversas regiones del país. Frente a la dinámica de desarrollo desigual (económica y política), que el Estado y el proyecto de crecimiento económico proponen, una espacialidad homogenea, fragmentada y jerarquizada, los movimientos cívicos han contribuido a producir otro espacio, con sus acciones y la defensa de sus espacios de vida, objeto y sujeto del presenta trabajo de tésis.

ANDRIAMANINDRISOA, Emmanuelle, Economie populaire, territoires et développement à Madagascar : les dimensions historiques, économiques et socioculturelles du fokonolona. Etude de cas : la commune rurale de Masindray et la commune urbaine d'Anosibe, Presses Universitaires de Louvain, Louvain la Neuve, juin 2004, 324pp. (VE), (VI)
   L'objectif de cette recherche est d'appliquer la lecture en termes d'économie populaire au cas de Madagascar. Lire le secteur informel en termes d'économie populaire éloigne de l'approche purement économique (qui relie le secteur informel aux problèmes de la pauvreté de masse) et aide à prendre en considération d'autres dimensions de l'économie populaire comme expression matérielle de l'ensemble des pratiques populaires.
    La notion du vadin'asa (travail complémentaire) est alors vue comme le point de départ d'une transition entre secteur informel et économie populaire. Le vadin'asa s'inscrit dans la continuité des activités séculaires des populations ou des acteurs populaires et renvoie à la fois à des pratiques très anciennes et à un ensemble de dimensions socioculturelles qui l'encadrent comme les réalités du fihavanana, du tokonalona, du tanindrazana et des fomba. D'où l'importance de la dimension historique dans l'étude de l'économie populaire à Madagascar et la prise en considération des facteurs sociaux et culturels des acteurs populaires collectifs, le fokonolona, la communauté de base qui a existé bien avant la centralisation du royaume merina jusqu'à maintenant, en milieu rural et en milieu urbain.
    L'économie populaire à Madagascar s'est construite en trois étapes; on y retrouve les acteurs des trois niveaux proposés par F. Braudel. Son évolution est ici analysée à travers le temps. L'économie populaire a existé, continue d'exister avec ou sans crises. Elle est tout simplement un mode de vie qui englobe le social en interaction avec l'économique et le culturel dans des pratiques simples qui s'accommodent aux réalités vécues par l'immense majorité de la population, et s'adaptent aux besoins les plus élémentaires d'une société, ancrée dans ses valeurs morales et culturelles, propre à la société malagasy.
 
SALL, Mohamadou, Acteurs et Pratiques de la production foncière et immobilière à Ourossogui (Sénégal) Presses universitaires de Louvain (PUL) Avril 2004, 260pp. (VE), (VI).
    Quelles sont les mutations sociales qui s'opèrent dans les localités en transition entre le rural et l'urbain?  Comment peut-on les saisir ? Quel est l'impact de ces mutations sur le processus de développement local? Ces interrogations, qui articulent une problématique multipolaire, sont au centre de cette étude qui a pour cadre la localité d'Ourossogui (Sénégal). Ourossogui est située dans la partie septentrionale du pays.  Nous avons choisi de partir de l'observation et de l'analyse du système de production foncière et immobilière pour rendre compte des mutations sociales en cours dans cette localité. Ce choix se fonde sur le fait que les rapports fonciers et immobiliers sont essentiellement des rapports sociaux.  L'observation et l'analyse des acteurs et de leurs pratiques sur la scène foncière et immobilière nous a conduit à tirer quelques conclusions essentielles. Nous avons d'abord saisi les facteurs qui peuvent être à la base de l'émergence d'un marché fonder et immobilier dans une localité en transition entre le rural et l'urbain.  Nous avons aussi montré que les pratiques des acteurs avaient plusieurs caractéristiques.  Elles sont opaques dans la mesure où il y a un hiatus entre les discours des acteurs et leurs pratiques sur la scène foncière et immobilière.  Elles sont aussi opportunistes et rationnelles.  Elles sont composites en ce sens que les acteurs se réfèrent à la fois à la tradition et à la modernité, ce qui montre que les rapports sociaux sont renégociés et reconstruits. Les pratiques sont décalées par rapport aux lois et aux règlements.  
   Nous assistons ainsi à la production de nouvelles normes qui relèvent à la fois des coutumes, de la loi, de la tradition et de la modernité. Ces caractéristiques, ainsi que la production de règles nouvelles, témoignent d'une aptitude certaine des acteurs à se mettre au diapason des changements affectant leur localité.
   Cependant, cette aptitude ne milite pas forcément en faveur de l'émergence d'un développement local.  En fait, cette aptitude masque un processus ségrégatif dans lequel il y a des acteurs gagnants et des acteurs perdants et vulnérables.  Par ailleurs, la production par les acteurs de normes nouvelles, décalées par rapport aux lois et aux règlements, ne va pas toujours dans le sens d'un ancrage du développement local.  Certes, ces normes sont parfois efficaces dans le fonctionnement de tous les systèmes dans les espaces en transition, mais il est peu probable que l'on puisse bâtir un développement dans "la défaite de l'État", pour reprendre le terme de Hernando De Soto.

VALCARCEL CARNERO, Marcel
, Nuevas relaciones sociales entre los productores, la industria agroexportadora y las ONG en el sector agrario peruano,Presses universitaires de Louvain (PUL), 2003, thèse (VI)
   Une vision historique des nouvelles agro-industries dans la mondialisation, de la dynamique internationale de restructuration agricole, et de la prédominance du modèle agro-exportateur. A partir du commerce et de l'agro-industrie des asperges, la thèse rend compte des caractéristiques d'un pôle d'accumulation performant dans un pays périphérique et des conséquences pour les petits agriculteurs. En effet, l'asperge constitue un des produits d'exportation les plus important et la pièce fondamentale d'un nouveau modèle agro-exportateur qui tend à émerger sur la côte péruvienne. L'agriculture de contrat est présentée dans le discours optimiste des organismes internationaux comme une façon pour les petits agriculteurs, en s'alliant avec complexes industriels, d'obtenir crédit, assistance technique et information ainsi qu'un marché sûr pour les produits et une garantie de prix stables. Le travail sur le terrain confirme que cela ne s'observe pas de manière généralisée dans le système actuel de production des asperges au Pérou. Aussi les trois cas étudiés dans cette thèse démontrent que les ONG jouent un rôle de médiation qui permet à quelques petits producteurs de s'intégrer à l'agriculture sous contrat, mais à un coût économique que les  agriculteurs doivent payer et au prix de nouvelles relations de dépendance.

RUIZ BRAVO LOPEZ, Patricia, Identitades femeninas, cultura y desarrollo . Un estudio comparativo en el medio rural peruano, Presses universitaires de Louvain (PUL), 2003, thèse (VI) 
   Qu’est-ce que c’est être une femme? Qu'est-ce que cela signifie pour les femmes issues de deux zones rurales du Pérou, différentes au niveau de la culture, de la géographie, de la formation sociale et de l’ économie ? Quelles sont leurs contributions au processus de développement? Voici les questions centrales de la thèse. Les réponses obtenues de la part de plus de 80 femmes interviewées sont frappantes. Les définitions, mandats et bénéfices des féminités sont différentes pour chaque groupe social. Les dames de la montagne sur-définissent leurs féminités par rapport au travail et à l’organisation, tandis que sur la côte nord, elles le font en fonction de la maternité et des tâches domestiques. Les premières situent les axes centraux de leur féminité dans leur participation dans l’espace public, et les secondes le font dans l’espace privé.
   A partir de l’enquête comparée sur la construction des identités féminines dans deux zones rurales, nous constatons que les féminités se constituent par un processus historique complexe dans lequel les dimensions d’ordre socio-économique s’institutionnalisent et sont institutionnalisées avec des ordres de genre particuliers. De cette manière, la thèse veut réaffirmer, à partir d’une étude empirique, la validité théorique de la conception des identités de genre comme constructions socio-historiques et culturelles qui s’assument de façon subjective et collective. A partir du travail, l’organisation ou la maternité, les femmes des deux zones sont compromises dans l’élaboration et l’implémentation de propositions de développement dans leur village. On trouve en les femmes un courage qui les mène à une organisation croissante tout comme la lutte pour la justice et la liberté- est interprétée et réclamée de manière diverse et en fonction de leurs propres histoires en tant que femmes et en tant que partie d’un collectif. Les dames semblent mener des processus qui supposent une rénovation des visions du développement à partir de leurs expériences féminines, mais aussi en relation avec leurs identités culturelles et leur situation sociale. Cela se produit dans un ensemble de tensions et de conflits qui impliquent de penser en processus de transition, non terminés mais suggestifs pour ce qu’ils expriment en matière d’agency et de construction d’alternatives.

PEYSER ALCIATURI, Alexia, Desarrollo, Cultura e Identidad: « El caso del mapuche urbano en Chile » (Développement, culture et identité : le cas des mapuches urbains au Chili : analyse identitaire) Presses universitaires de Louvain (PUL), 2002, (VI), (VE).
   Parmi les aspects les plus passionnants de l'étude du développement dans les sociétés modernes on trouve celui de la dimension culturelle de la modernité et, plus spécialement, les différents courants et les propositions élaborées sur le terrain conflictuel des relations interethniques. Historiquement les sociétés latino-américaines ont vécu une relation complexe, tendue et irrésolue à l'égard de leurs populations indigènes. D'innombrables courants idéologiques et politiques se sont succédé à travers le temps sans résoudre cette tension, résultat de l'intégration de différentes cultures dans un projet de développement social commun.  Même en tenant compte de la grande variété des réalités sociales, démographiques, économiques et politiques que la population indigène a expérimentées dans cette région, l constate une sorte de résurgence générale de l'identité indigène dans le milieu urbain, ce qui est mis en évidence tant au travers de données de type quantitatif que qualitatif.
   Ce processus de réarticulation indigène dans la ville a stimulé un nouveau débat ainsi qu'une série de questionnements à l'égard des processus identitaires émergeant au sein de ces sociétés. Partant de cette constatation empirique, ce travail a été orienté vers la recherche de certaines réponses à ces questions, analysant les éléments théoriques relevant du thème central de cette étude, c’est-à-dire, l'identité ethnique dans le cas des indigènes mapuche du Chili.

M'PENE NGALULEY, Zéphyrin, La problématique de l'intégration économique par les transports au Congo (RDC),Louvain-la-Neuve : L'Harmattan - Academia- Bruylant 2002, 205 pages. Résumé (VE)
   L'objectif de cet ouvrage est de montrer, d'une part, comment l'émergence des acteurs privés a remis en question le rôle de la « Voie Nationale » comme seule voie d'importation et d'exportation du Congo et, d'autre part, comment l'effondrement de la dite « Voie Nationale » n'a pas eu que des effets néfastes. Bien au contraire, il a permis aux acteurs privés d'inventer et de découvrir d'autres itinéraires porteurs d'espoirs pour l'intégration économique nationale.

LAURENT, Pierre-Joseph, Une association de développement en pays mossi. Le don comme ruse, Paris, Kharthala, 1998, 296pp (VI)
   La thèse traite de l'essor d'une association villageoise inventée par un groupe de jeunes Mossi des villages de l'ancien royaume d'Oubrigenta au Burkina Faso Elle naît des rêves de quelques-uns qui, après des années de migration, rentrent avec un "ailleurs en tête".

MUGANGU MATABARO, Séverin, La gestion foncière rurale au Zaïre: réformes juridiques et pratiques foncières locales: cas de Bushi, Louvain-la-Neuve, L'Harmattan - Academia-Bruylant 1997, 343 pages (VI).
    Une certaine unanimité se fait aujourd'hui dans la littérature autour de l'idée que la gestion foncière au Zaïre serait caractérisée par la confusion. Cette confusion, on la situe à deux niveaux: législatif et institutionnel. On constate d'une part que la loi foncière ne détermine pas le statut des terres rurales. Elle énonce sommairement que celles-ci font désormais partie du domaine de l'État et renvoie l'organisation du régime juridique de ces terres à une législation ultérieure qui jusqu'à ce jour n'est pas élaborée. Cette lacune de la législation n'a pas été comblée par les tribunaux lesquels n'arrivent pas à unifier la jurisprudence. Au plan institutionnel, on relève que plusieurs organismes publics interviennent parallèlement dans la mise en oeuvre de la législation foncière: l'administration foncière, l'administration territoriale, l'administration judiciaire, etc. En même temps que ces administrations et nonobstant la domanialisation des terres rurales, les autorités foncières traditionnelles continuent à procéder à des attributions des terres suivant la coutume ou des modalités nouvelles. Les paysans quant à eux réalisent des transactions suivant des modalités qui ne réfèrent parfois ni à la loi foncière ni à la coutume et que légitiment néanmoins à la fois les tribunaux coutumiers et modernes. Cette situation interpelle spécialement le juriste africain. Elle est l'invite à descendre de son piédestal dogmatique pour oser penser le droit autrement, à partir des pratiques d'acteurs.

| 13/12/2007 |