|
29-30 octobre
« Dans le contexte actuel de “décroyance” (Guillebaud), peut-on encore parler de “vérité” sans succomber à l’idolâtrie et à l’aliénation, sans être taxé d’intolérance ou de violence ? Mais inversement, peut-on vivre sans faire le départ en soi et chez les autres entre vrai et faux, sincérité et mensonge, fidélité et trahison, c’est-à-dire finalement sans “faire la vérité” ? Malgré les nuances apportées depuis l’époque triomphante du scientisme, le modèle de vérité des sciences exactes garde dans l’opinion commune un prestige qui en fait l’étalon à l’aune duquel les différents prétendants à la vérité sont évalués. Cette primauté rend mal compte du caractère pluriel de la vérité telle qu’elle apparaît dans nos existences. Comment l’individu peut-il se construire sans une connaissance de ce qu’il est, consacrée par la reconnaissance d’autrui, lui confirmant “sa” vérité ? Quel est ce désir de vérité qui nous laisse sans repos ? D’où vient ce goût pour la vérité qui nous en fait éprouver la saveur (sapere, sapiens) ? Comment caractériser cette démarche humaine de recherche de vérité qui, tel un existential, nous révèle en profondeur et prend la forme d’une éthique de la vérité ?
Le colloque prend pour axe de questionnement la vérité comme bien vital. On s’interroge sur la position actuelle du problème de la vérité dans la culture et simultanément sur la spécificité de son invention chrétienne : on peut en effet se demander ce que devient la vérité lorsqu’on l’identifie à une personne engagée dans un destin historique – Jésus de Nazareth – et s’interroger sur la manière de l’approcher si elle est transmise par l’interprétation d’une Écriture, quelque part entre lettre et esprit, entre lecture et prière. » (B. Bourgine)
Sont invités : B. Bourgine (LlN), D. Lambert (Namur), J. Leclercq (LlN), Y. Ledure (Metz), M. Revault d’Allonnes (Paris), M.-F. Rigaux (Bruxelles), P. Scolas (Mons), J.-P. Sonnet (Bruxelles), P. Tshibanda (Court-st-Étienne).
Programme 
|
|

« Faire la vérité. On trouve la formule curieuse.
Mais on ne la trouve pas curieuse,
quand on dit que l'artiste doit faire de la beauté,
que l'homme doit faire le bien.
On a trop peur d'être créateur en matière de vérité ? »
A. Gesché
|