Un projet de recherche européen va tenter de mettre sur pied une base de données unique qui servira à la prévention des impacts provoqués par les événements climatiques extrêmes. Le Centre de recherche sur l’épidémiologie des désastres (CRED) coordonne cet ambitieux programme.
Le Pr Dearati Sapir, directrice du CRED
L’ouragan Katrina et le tremblement de terre au Pakistan en 2005, le Tsunami en 2004, les vagues de chaleur mortelles en Europe en 2003,… autant d’événements naturels extrêmes qui ont frappé notre planète de plein fouet, rappelant la vulnérabilité de nos sociétés aux quatre coins du monde. Sur les deux dernières décennies, 200 millions de personnes environ ont été touchées par des événements naturels extrêmes.
Il y a quelques semaines, l’UCL, le CRED (Centre for Research on the Epidemiology Disasters) et leur quinze partenaires ont lancé le projet européen Microdis financé par le sixième programme cadre de la Commission européenne. Ce vaste projet, coordonné par le Pr Debarati Sapir (MD/ESP) vise à développer une meilleure prévention des impacts liés aux désastres naturels. L’approche est large : elle intègre à la fois les impacts sanitaires, sociaux et économiques. Les experts en santé publique planchent ainsi sur l’épidémiologie des
maladies infectieuses qui sont directement causées par les catastrophes. «Les phénomènes climatiques aigus tels que les cyclones, les inondations, les sécheresses peuvent avoir des répercussions brutales sur l’environnement, et cela a des conséquences parfois dramatiques sur la santé de la population et même sur sa survie dans certains cas», précise Mme Sapir.
Chez nous aussi
L’Europe n’est pas épargnée par les bouleversements climatiques et les désastres qui en découlent. Son profil de risque peut sembler moins dramatique que celui de l’Asie par exemple, mais ce n’est pas forcément le cas,toutes proportions gardées. Les Européens sont, en effet, de plus en plus frappés par des vagues de chaleur qui peuvent être mortelles. D’autre part, nous pouvons être touchés par les maladies précitées à travers le tourisme. Les vagues de chaleur qu’a connues l’Europe amènent au second volet du projet Microdis: les impacts sociaux des catastrophes climatiques et plus particulièrement les inégalités qu’ils engendrent. «Les impacts d’un désastre naturel ne sont pas toujours identiques selon les genres ou l’âge, explique Debarati Sapir. Comment, par exemple, gérer la vulnérabilité particulière des personnes âgées à l’égard des pics de chaleur ?» Le projet Microdis, qui bénéficie d’un budget de quelque cinq millions d’euros et regroupe une centaine de chercheurs, s’étale sur trois ans, jusqu’en 2010. Il aboutira à la création d’une base de données unique, fondée sur une approche intégrée globale, regroupant les données d’une vingtaine de sites touchés récemment par des désastres naturels. Les données seront accessibles à l’ensemble de la communauté scientifique internationale, via la Banque mondiale. Microdis proposera également une méthodologie intégrée regroupant les aspects sanitaires, sociaux et économiques, et permettant de mesurer les impacts, directs et indirects, provoqués par des événements climatiques aigus.
Benoît Robaye
En savoir plus: www.cred.be