|
Le sentiment des Belges à l'égard du voile [25/05]Un racisme subtil incite au rejet ; la valorisation d’autonomie, la spiritualité ou l’ouverture intellectuelle lui sont plus favorables
Cette double étude visait à évaluer l’attitude des Belges autochtones face au voile et, en cas de perception négative, à comprendre cette hostilité : s’agit-il du rejet d’autrui ou au contraire d’un souci de promouvoir l’autonomie des personnes qui le portent ? Questions complémentaires : quel rôle la foi religieuse joue-t-elle en la matière ? Quel est le rôle d’autres variables relatives à la personnalité, aux valeurs ou aux identités collectives ? Plus de la moitié des personnes interrogées estiment que le port du voile va à contrecourant de la société moderne et qu’il faudrait l’interdire en certains endroits. 44,6% indiquent que cela les dérange dans l’enceinte d’une école et près de 35% se disent dérangés lorsqu’il est porté dans des lieux publics. Un Belge sur cinq affirme même que cela le dérange partout. Seuls 17,5% estiment qu’il peut être porté partout. L’âge tend à jouer un rôle négatif tandis que le niveau d’éducation intervient peu et l’état civil n’intervient pas (le niveau d’éducation primaire accentue légèrement une perception négative). Pour aller plus loin, les chercheurs ont étudié de quelle façon certains paramètres influençaient la perception : Les chercheurs ont également demandé aux personnes interrogées de se positionner par rapport à différentes représentations du voile. 75% déclarent qu’il est signe d’appartenance à une communauté ; 69,2% le voient comme un indice de soumission ; 44,2% pensent qu’il est porté pour marquer la différence par rapport aux Belges ; 30,8% qu’il est un signe « anti-Occident ». Enfin, seuls 20% pensent qu’il permet de préserver la liberté. Au terme de cette étude, les auteurs engagent à la prudence : plusieurs directions causales entre racisme et voile sont possibles. Si le racisme peut raisonnablement être pensé comme suscitant en grande partie l’hostilité au voile, il n’est pas exclu non plus que la sur-présence du voile dans l’espace public alimente un racisme sous-jacent. Pour la société dite d’accueil, cela implique la nécessité d’un travail incessant sur le racisme qui couve en son sein ainsi que l’utilité d’un questionnement sur la réalité des motivations qui peuvent parfois se cacher derrière le souci de défendre l’autonomie d’autrui. Pour la communauté musulmane, se pose également la question d’une réflexion éthique, spirituelle et pragmatique où la nécessité de respecter une pratique religieuse doit aussi en partie tenir compte du regard d’autrui, en l’occurrence un regard pour le moins suspicieux.
|
22/04/2008
|
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||