Sylviane Granger est depuis le mois de septembre la nouvelle directrice de l’Institut des langues vivantes (ILV). Avec Bologne et la réforme des programmes, les cours de langues eux aussi se modifient. La Quinzaine lui a demandé comment elle voyait l’avenir des formations en langues à l’ILV.
À l’heure de Bologne et de l’internationalisation de la formation, la connaissance des langues est plus indispensable que jamais. Quel rôle de l’ILV joue-t-il dans la formation des étudiants ?
Il est double. D’une part, l’ILV dispense des cours de langues étrangères aux étudiants belges : l’anglais pour deux tiers d’entre eux mais aussi douze autres langues, avec pour particularité de se centrer sur les disciplines des étudiants. D’autre part, l’Institut assure des formations en français pour les étudiants étrangers.
Le rôle de l’ILV est aussi sociétal : trouver un emploi passe aujourd’hui par une bonne connaissance des langues. Une analyse de l’Union wallonne des entreprises démontre que bon nombre de candidats à l’embauche souffrent de carences sur ce plan. Or les lacunes linguistiques ne sont pas une fatalité. Pour relever le défi, il faut sans cesse améliorer la formation en l’envisageant dans son entièreté de la première année du baccalauréat à la dernière année du master.
Comment l’ILV compte-t-il s’y prendre pour améliorer la formation des étudiants, particulièrement dans une période de restriction budgétaire ?
Je peux compter sur une équipe dont le dynamisme et les compétences ne sont plus à démontrer. Mais la façon dont les programmes sont agencés n’est pas toujours optimale. La majorité des ressources est affectée au baccalauréat ; il en reste par conséquent très peu pour le master. Or, c’est justement après le master, lors de l’entretien d’embauche en particulier, que l’étudiant doit pouvoir démontrer ses compétences, notamment orales. Au niveau du baccalauréat, des formules peu coûteuses peuvent être mises sur pied.
L’enseignement à distance en est une, en particulier le blended learning, qui associe cours traditionnel et auto-apprentissage à distance. L’étudiant prépare chez lui ce qu’il peut faire seul (regarder une vidéo, écouter une cassette, lire un texte, faire certains exercices) et fait en classe ce qui nécessite la présence d’un enseignant. Le développement de ce genre de formule permettrait de dégager des moyens pour le master.
Quelle sera la spécificité des formations en master?
Depuis plusieurs années, il existe dans certaines facultés des séminaires intégrés : le cours se donne en tandem, un professeur de la faculté et un maître de langues de l’ILV. La finalisation du cours est la rédaction et la présentation d’un travail en langues étrangères. Le même système existe pour les mémoires. En termes d’efficacité, il a déjà largement fait ses preuves.
Plus généralement, comment concevez-vous la collaboration entre l’ILV et les facultés ?
Notre objectif est de travailler en étroite collaboration avec chacune d’entre elles. Nous leur proposons comme grille d’analyse le Cadre européen de référence pour les langues (CER), qui offre une base commune pour définir des niveaux de compétences en langues. Des propositions concrètes, utiles pour guider les facultés dans leurs réflexions, ont été présentées au Conseil académique du 6 juin. Chaque faculté a été invitée à réfléchir à un éventuel réagencement de ses programmes de langues.
Propos recueillis par Alice Thelen
Site web : www.ilv.ucl.ac.be