La mycothèque, un vivier biologique

Avec ses 26 000 souches vivantes et son herbier de 40 000 spécimens, la mycothèque de l’UCL (MUCL), quatrième collection mondiale de champignons filamenteux et levuriens, offre un large spectre de services aux scientifiques et industries.

Hébergée dans l’unité de microbiologie de la Faculté d’AGRO, la mycothèque préserve depuis plus d’un siècle des souches de champignons soit filamenteux, soit levuriens, issues du monde entier. Plus de 1200 genres et 4200 espèces provenant des zones tempérées et tropicales sont maintenus dans la collection. Par ailleurs, elle a développé une sous-collection de champignons mycorhiziens à arbuscules, organismes associés au système racinaire des plantes vasculaires, dont ils améliorent la croissance et le rendement. Ils constituent un «terreau» biologique fertile à disposition des scientifiques et des industriels, dont les potentialités restent à explorer.

Afin de préserver la viabilité et les propriétés de ce patrimoine, la mycothèque utilise diverses techniques de conservation, allant de la simple conservation sous eau et sous huile stérile ou la culture continue aux techniques de pointes telles la lyophilisation ou encore la cryopréservation à -130°C.

Mais à quoi sert ce patrimoine vivant de l’université ? À long terme, la collection participe à la conservation de la diversité fongique mondiale. Concrètement, ce patrimoine est utilisé pour des applications biotechnologiques, industrielles, environnementales. En ce sens, MUCL est bien plus qu’une collection, c’est un centre de ressources biologiques.

Parmi ces applications, une des recherches concerne la qualité des produits agroalimentaires. La mycothèque détecte et identifie les éventuelles mycotoxines contenues dans certains aliments humains (les fromages, les bières, les produits fermentés, etc.) ou animaux (les ensilages). Susceptibles de contaminer la chaîne alimentaire, ces champignons et levures peuvent entraîner un risque pour la santé humaine et animale. La recherche dans le domaine spatial n’est pas en reste. La mycothèque, en partenariat avec l’Agence spatiale européenne, développe des outils de détection et de caractérisation rapide des moisissures qui se développent dans les stations orbitales habitées ainsi que dans les environnements extrêmes confinés tels les stations permanentes en Antarctique.
Stéphane Declerck

Site web : www.mbla.ucl.ac.be

 

| 27/10/2005 |