Année 2008-9

Existe-t-il un droit à connaître ses origines biologiques?

15 mai 2009 de 12h15 à 13h45

En quelques décades, diverses pratiques ont successivement surgi du souci solidaire d’ouvrir à des personnes infertiles la chance de devenir parents. Parmi ces pratiques, l’adoption, puis le don de sperme, suivi de la fécondation in vitro avec don d’ovocyte ou d’embryon, et plus récemment la gestation pour autrui ont fait circuler la semence humaine et parfois jeté le trouble dans la filiation ou tout au moins dans le sentiment de filiation. Une génération issue de ces échanges est arrivée à l’âge adulte. L’heure des bilans est arrivée : que disent les enfants des parentalités complexes, au moment de réaliser par quel chemin ils sont venus au monde ? Qu’en pensent les professionnels ? Et quelle est la responsabilité du législateur ? Peut-on banaliser et aller de l’avant ? Ou organiser une traçabilité des géniteurs ? Dans quelles conditions ? Avec quelles conséquences ? Le débat citoyen est ouvert.
Avec Jehanne Sosson, juriste, centre du droit de la famille, UCL, Céline Pirard, gynécologue, unité de FIV des cliniques UCL/Saint-Luc et Luc Roegiers, pédopsychiatre, unité d'éthique biomédicale, UCL

L'art peut-il contribuer aux soins?

6 mars 2009 de 12h15 à 13h45

L’art est facteur de bien-être. Comme la médecine, l’art humanise. Et comme l’artiste, le médecin a d’abord pour rôle d’établir, grâce à son art, une communication avec les personnes malades. Les points de convergence sont nombreux entre les deux mondes. Einstein disait que l’art et la science sont « comme les branches d’un même arbre, dirigés vers l’anoblissement de la vie de l’homme, pour soulever la vie hors de la sphère de la simple existence physique ». Médecin et artiste, Julie Pélicand écrit que « le sens de l’observation, la créativité et l’ingéniosité, sont des atouts communs aux deux disciplines ».
L’activité artistique, proposée par un artiste venant de l’extérieur ou par le soignant lui-même, peut ouvrir une dimension cachée de la psychologie du patient. Elle lui permet de s’exprimer, de reprendre du plaisir, …
Pour le soignant l’art sera une bouffée d’oxygène. Pour tel médecin, la pratique de la musique est une véritable thérapie, pour « recharger ses batteries spirituelles (…) et repartir à l’assaut de la souffrance et de la maladie ».
On ne fait donc pas appel à l’art pour passer le temps et (se) divertir. Intégré dans la relation thérapeutique, l’art devient un « facilitateur relationnel » et permet d’approfondir la relation soignant/patient.
Mais aujourd’hui, à l’hôpital, quelle place est réservée aux activités artistiques ? Comment peut-on mieux valoriser le jeu dans l’institution hospitalière ?
D’autre part, comment le soignant lui-même peut-il prendre conscience de sa part ludique ? Comment peut-il apprendre à l’utiliser dans sa pratique professionnelle ?
C’est à ce genre de questions, que nous essayerons de répondre. Nous entendrons Martine Delrée, artiste et responsable de l'animation pédiatrique des Cliniques Universitaires St-Luc et Julie Pélicand, médecin et chercheure en éducation pour la santé à l’UCL.

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Présentation de Sophie Jassogne

 

Cardiologie et télémonitoring : à qui profite ... la technique? 

6 février de 12h15 à 13h45

Le télémonitoring est une technique qui permet le suivi à domicile de patients : ceux-ci enregistrent certaines données les concernant (paramètres physiologiques) et les transmettent à des professionnels de la santé qui assurent, par ce moyen, une surveillance régulière de la santé de ces patients.
Dans le cadre de ce Midi de la Bioéthique, nous envisagerons le télémonitoring en cardiologie en nous interrogeant sur les bénéfices que peuvent retirer d’une telle technique les différents acteurs de notre système de soins de santé : patients, professionnels de la santé et la société dans son ensemble. Nous envisagerons également la place des sociétés privées dans ce domaine en pleine expansion.
Pour réfléchir à cette question, nous bénéficierons de l’expérience de nos deux invités : le Dr Steven Vercauteren, Cardiologue à la Clinique Saint-Jean à Bruxelles et le Dr Jean-Paul Dercq, Directeur du Service « Research, Development & Quality » de l’INAMI.

Le Midi sera animé par Marie Leroy, doctorante en santé publique (bioéthique) UCL et Michel Dupuis, Pr de philosophie et d'éthique.

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Avec le Dr Steven Vercauteren, cardiologue à la Clinique Saint-Jean à Bruxelles et le Dr Jean-Paul Dercq, direction « Research, Development & Quality » de l’INAMI. Le Midi sera animé par Marie Leroy, doctorante en santé publique (bioéthique) UCL et Michel Dupuis, Pr de philosophie et d'éthique.

 

La gestion des épidémies : une question éthique de santé publique?

5 décembre de 12h15 à 13h45 : une collaboration EBIM/IRSS

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Le Midi donnera la parole au Pr Jean MACQ (unité d'épidémiologie, santé publique UCL), au Dr Jean-Paul TOMASI (responsable du laboratoire d'autoimmunité des Cliniques Univ. St-Luc) et au Pr Philippe MEERT (chef de clinique des Urgences à St-Luc). Le Midi sera modéré par le Pr Mylène BAUM.

Avec Hippocrate, le terme épidémie est devenu un terme médical : une épidémie est "ce qui circule et se propage dans un pays". De la peste d'Athènes à la grippe aviaire en passant par le Sida, les épidémies n'ont cessé de faire évènement dans l'histoire humaine. Leur caractère imprévisible, la vitesse de leur propagation, alimentent des représentations catastrophiques qui mènent parfois, comme on l'a vu pour la grippe aviaire, à un excès de précaution et une mauvaise gestion de l'épidémie. Avec le SRAS (syndrome respiratoire aigü sévère), on s'est aperçu que le relâchement de la surveillance sur un point du globe pouvait menacer la sécurité de tous, que les frontières nationales devenaient futiles et que les intérêts des populations se révélaient interdépendants. Le vocabulaire de l'éradication était périmé et devait être remplacé par celui de la surveillance.

Le but de cette rencontre avec nos collègues épidémiologiste et biologiste, Jean Macq et Jean-Paul Tomasi sera de faire un bilan du phénomène épidémique contemporain, d'analyser ses conséquences et d'anticiper ses évolutions tout en nous demandant comment instaurer de nouveaux instruments de lutte contre les virus dans les hôpitaux en préservant autant que possible les droits des personnes. Philippe Meert nous exposera le plan existant à Saint Luc pour assurer la gestion de bonnes pratiques hospitalières en cas d'épidémie. Peut-on par ailleurs élargir le concept d'épidémie à des phénomènes tels que l'obésité, le cancer tabagique ou les diabètes sans faire de fausses inférences éthiques sur la légitimité de limiter la liberté individuelle? Telles seront les questions majeures que nous aurons le plaisir de vous proposer à la discussion le 5 décembre entre 12h15 et 13h45 (Mylène Baum, EBIM/IRSS)

Lieu? Fac de médecine de l'UCL, Séminaires Martin V 42A (au-dessus du resto Martin V, anciennement Resto 80), 1200 Woluwé

Les soins en prison, des soins comme les autres?

24 octobre de 12h15 à 13h45

En principe, les soins sur les détenus sont des soins comme les autres. Tout le monde s'accorde là-dessus. La pratique montre qu'en de nombreux endroits, on est loin, parfois très loin du compte. Comment expliquer cet hiatus? Les difficultés organisationnelles ou les contraintes budgétaires suffisent-elles à expliquer les écarts entre les prise en charge en milieu carcéral et ailleurs dans la société? Ces facteurs constituent certainement une part de l'explication. Mais d'autres éléments sont régulièrement avancés. Le détenu est-il un patient comme les autres? Devrait-il aussi, en plus de sa privation de liberté, "payer" quelque chose? Ces questions et d'autres seront débattues avec l'aide de soignants qui présenteront leurs réflexions et des situations concrètes.

Avec Bernadette Oost (infirmière-chef de la prison d'Ittre, coordination des soins dans les prisons), Dr Denis Vanverbeeken (coordination santté à Amnesty international), Dr Mark Vanderveken (commission de surveillance des prisons)

Le Midi est présenté par B. Van Cutsem

Références bibliographiques :

- "Le nouveau droit des peines : statut juridique des condamnés et tribunaux de l'application des peines", Actes du colloque du 9 février 2007 organisé par l'Institut des droits de l'homme du barreau de Bruxelles, le Centre de recherches criminologiques de l'ULB, le Séminaire interdisciplinaire d'études juridiques des Fac. Univ. St-Louis, Bruylant, némésis, 2007

- "Psychiatric morbidity among prisoners: summary report", N. Singleton, H. Meltzer, R. Gatward, A publication of the Government Statistical Service

- "From the inside. Experiences of prison mental health care", Graham Durcan, Sainsbury centre for mental health 2008

- "Prison health care", Clare Shakespeare, Student BMJ 2008; 16 : 345-346 / 10

- "High and variable use of primary care in prison. A qualitative study to understand help-seeking behaviour", JM Ferona, L. H. Nguyen Tan, D. Pestiaux, V. Lorant, International Journal of Prisoner Health, 2008; 000) : 1-10

- "Substantial use of primary health care by prisoners : epidemiological description and possible explanations", JM Feron, D. Paulus, R. Tonglet, V. Lorant and D. Pestiaux, J. Epidemiol. Community Health 2005; 59 : 651-55

- "Loi de principes concernant l'administration des étalissements pénitentiaires ainsi que le statut juridiques des détenus", Moniteur Belge,  12 Janvier 2005

- "La santé et la médecine en prison", CCNE, Avis n°94

 

| 13/04/2010 |