Enseignement
Cours Je suis responsable pour plusieurs cours
LDVLP 2676 Séminaire: acteurs et régulations des sociétés contemporaines: approches spatiales et temporelles (30h) - titulaire
LDVLP 2160 Développement, environnement et sociétés: analyse approfondie (30H) - titulaire ensemble avec Daniel Tyteca
LDVLP 2675 Dynamiques globales et locales des interactions développement - environnement (30H) - titulaire ensemble avec Bernard Declève et Etienne Verhaegen
LHUMA 2200 Action humanitaire et développement (30H) - titulaire ensemble avec Catherine Gourbin
DEVE2201 Formation au travail du terrain
Approche pédagogique visant à activer les étudiants
Woolcock
(2007) identifie trois compétences-clés pour les étudiants de master en études de développement : être de bons ‘détectives
’ (pour ce qui est du rassemblement de données, de l’analyse et de l’interprétation), être de bons ‘traducteurs
’ (pour ce qui est de la capacité à communiquer avec des auditoires variés et à « faire l’intermédiaire par-delà les barrières »), et être de bons ‘diplomates
’ (pour ce qui est de la capacité à négocier entre différentes visions du monde, dans le respect de chaque point de vue). Je participe actuellement à une formation pédagogique pour enseignants à l’Université d’Anvers (formation professionnelle d’un an – jusque fin septembre 2010). Pour cette formation, j’ai développé mon propre projet pédagogique qui met l’accent sur un « enseignement visant à activer les étudiants
», dans lequel je tente de privilégier les trois compétences de Woolcock (voir fichier attaché) :
Dans chacune de mes sessions, je combine les cours traditionnels avec des exercices d’activation
. Dans un de mes cours, j'implique les étudiants dans une simulation qui stimule les étudiants à réfléchir sur les interactions entre acteurs et régulations dans les sociétés du tiers monde, et à analyser les options pour développer un cadre stratégique qui promeut le développement durable et pro-pauvre.
La simulation se base sur le jeu traditionnel ‘Monopoly’
, mais les règles de jeu de cette version originale seront adaptées par les étudiants-mêmes. Les étudiants joueront le jeu en groupes de 6 à 8 personnes. L’objectif du jeu de simulation est de temporairement détacher les étudiants de leurs contextes particuliers en les amenant dans un environnement abstrait. Ils observent mais également participent dans les dynamiques du jeu dans cet environnement abstrait. Ils sont stimulés, comme ‘acteurs’ dans le jeu, de négocier entre eux sur les règles et le cours du jeu. Dans leurs réflexions sur le jeu, ils sont stimuler à faire le lien entre ‘les expériences du jeu’ et les interactions entre acteurs et régulations dans le monde réel.
Différents phases:
1.
Dans une première phase, les étudiants réfléchissent sur comment les règles de jeu du Monopoly traditionnelle peuvent être modifiés pour mieux simuler les dynamiques sociétales au tiers monde.
2.
Dans une deuxième phase, le jeu de Monopoly modifié est joué par les étudiants selon les règles modifiées.
3.
Dans une troisième phase, les étudiants réfléchissent collectivement sur les options de modifier les règles de jeu de manière qu’elles deviennent plus inclusives et qu’elles soutiennent plus le développement durable et pro-pauvre.
4.
Dans une quatrième phase, les étudiants lient les dynamiques du jeu au contenu du cours et aux expériences du monde réel (et le contenu de leur travail collectif) dans une réflexion écrite individuelle
5.
Dans une phase d’évaluation finale (debriefing), les étudiants reflètent sur la simulation dans une session de feedback collective.
Recherche
Projet de recherche
Une Révolution Verte ‘pro-pauvre’ dans la Région des Grands Lacs en Afrique
But du projet :
Le projet analyse comment, dans un contexte d’extrême rareté foncière, les politiques et pratiques de développement au niveau local et national peuvent (ne pas) contribuer à une ‘Révolution verte’ pro-pauvre
dans la Région des Grands Lacs en Afrique. Il formule les éléments cruciaux nécessaires à ce qu’une telle Révolution Verte inclue les petits paysans
et se lie à l’entreprenariat dans les secteurs non-agricoles de l’industrie et des services
.
Le but du projet de recherche proposé est de formuler des recommandations politiques
innovantes sur les façons d’améliorer les moyens d’existence dans les zones rurales et de promouvoir une croissance pro-pauvre
dans la Région des Grands Lacs en Afrique. Le projet
produit également une réflexion sur la façon dont les stratégies de subsistance locales et les politiques nationales peuvent répondre efficacement aux moteurs globaux du changement
– augmentation de la croissance de la population, hausse de la demande de denrées alimentaires, changement climatique – qui posent de sérieux défis aux systèmes agricoles en Afrique.
Questions de recherche :
Le Rapport sur le Développement dans le Monde 2008 (‘L’agriculture au service du développement
’) (re)lance l’idée d’une ‘Révolution Verte’ pour l’Afrique subsaharienne. Il accentue la nécessité d’une ‘révolution productive dans la petite agriculture’, vu l’importance de cette stratégie de subsistance pour la population rurale. Ce rapport a été applaudi à juste titre pour avoir remis l’économie rurale à l’ordre du jour du développement. Mais il ne procure pas d’analyse approfondie dans trois domaines cruciaux :
(1) Comment réaliser une révolution productive dans la petite agriculture dans un contexte de croissance de la pression démographique et de rareté foncière critique,
qui a enfermé une majorité de petits paysans dans une stratégie de production de subsistance ?
- Le projet identifie la diversité / le potentiel / les contraintes dans les stratégies de subsistance des petits paysans
confrontés à une rareté foncière extrême. Les différents profils de subsistance des paysans seront mis en perspective comparative avec ceux des groupes de population non-paysans.
-
Le projet analyse les ambitions des politiques et pratiques de développement rural
au niveau national et local ; il examine leur impact sur les moyens de subsistance de différents types de paysans, et il détermine dans quelle mesure ces politiques contribuent ou non au développement durable, et comment elles pourraient y contribuer de manière plus efficace.
(2) Comment lier
les bénéfices d’une croissance agricole inclusive aux entreprises
localement ancrées dans les secteurs de l’industrie et des services ?
- Le projet identifie comment une phase de croissance inclusive dans le secteur agricole pourrait renforcer l’entreprenariat local dans des activités non-agricoles qui insèrent des groupes de population (souvent vulnérables) dépendants du travail salarié dans un cycle de croissance économique (créant un effet ‘trickle-down’
indirect).
(3) Quel est l’impact de la structure de l’économie politique en amont
et du processus de négociation politique qui en résulte sur les motivations des décideurs nationaux (souvent basés en ville) pour investir dans la petite agriculture et l’entreprenariat local en milieu rural ?
- Le projet analyse la division du pouvoir et des richesses
entre individus (inégalité verticale) et entre groupes sociaux (inégalité horizontale). Il détermine comment la structure de l’économie politique
influence la négociation politique entre les élites (souvent urbaines) et la classe paysanne (rurale).
- Le projet identifie quels sont les moteurs de changement localement ancrés
(institutions, structures et acteurs politiques) qui peuvent entraîner un changement pro-pauvre dans la structure actuelle de l’économie politique.
Méthodologie de recherche :
Ce projet de recherche adopte une approche d’étude de cas
, et se concentre sur trois contextes différents – néanmoins liés entre eux – dans la Région des Grands Lacs en Afrique : l’est de la République Démocratique du Congo (les Kivus), le Burundi, et le Rwanda. Il reliera les données de ce niveau local aux mécanismes du niveau global
qui menacent les moyens de subsistance ruraux en Afrique. Le projet adoptera une approche méthodologique mixte
. Une telle approche permet d’intégrer des analyses aux niveaux macro et micro, en utilisant une combinaison d’informations quantitatives et qualitatives, de données représentatives au niveau national et d’études de cas très particulières du niveau local, et en considérant les perspectives des acteurs politiques aussi bien que celles des acteurs locaux.
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