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Dans le cadre de l’Année Internationale des Forêts, une session spéciale sur les forêts et la foresterie est venue enrichir le colloque annuel de l’Association de science régionale de langue française (ASRDLF 2001) qui s’est tenu en Martinique du 5 au 9 juillet 2011. Interdisciplinaire, cette association réunit économistes, géographes, sociologues, spécialistes des sciences politiques, de gestion, d’aménagement et de diverses thématiques utiles pour analyser un objet complexe : l’espace. Internationale et francophone, elle soutient plus un état d’esprit commun que la langue française elle‐même. Arrivée à l’âge mûr, elle fête cette année ses 50 ans et se porte bien en raison d’une forte demande de prise en compte de l’espace dans des thématiques telles que le devenir des espaces ruraux et urbains, le développement et la forme des villes, les services et infrastructures de transport et de télécommunication, la stratégie spatiale des entreprises, l’organisation et les interactions territoriales, le développement durable, le changement climatique…
La session spéciale sur les « forêts et la foresterie : mutations et décloisonnements » portait sur la façon dont les questions forestières s’inscrivent dans le territoire et intègrent les différentes fonctions de la forêt. Elle s’est avérée être la plus fournie du colloque avec sept séances de deux heures, une tournée de terrain d’une journée et une quarantaine de participants d’une douzaine de nationalités différentes. Elle était organisée par Christine Farcy (Université catholique de Louvain), Yves Poss (AgroParisTech) et Jean‐Luc Peyron (Gip Ecofor) avec le soutien de l’Université Antilles Guyane où se tenait le colloque, de la direction régionale Martinique de l’Office national des forêts et du Parc naturel régional de la Martinique qui ont permis l’organisation d’une tournée sur le terrain, enfin du Ministère français en charge de l’agriculture qui a facilité la participation de collègues étrangers et incité à publier des actes.
Cette session spéciale sur les forêts et la foresterie s’est fondée sur de nombreuses études de cas qui ont permis d’approfondir : la relation à la forêt de la société rurale japonaise (film lauréat du Festival International du Film sur la Forêt organisé dans la cadre de l’Année Internationale des Forêts), les difficultés rencontrées au Québec pour conjuguer forêt et société, la relation entre les institutions et l’exploitation des forêts en Lorraine au 18e siècle, les menaces que les changements globaux font peser sur le mode de vie forestier des Pygmées, l’appropriation progressive de l’arganeraie au Maroc par des populations de migrants, la durabilité des systèmes d’agriculture sur brûlis chez les amérindiens de Guyane, l’exploitation du bois de feu pour satisfaire les besoins en énergie domestique de villes comme Bamako (Mali) et Pointe Noire (Congo), la revitalisation des subéraies du Sud‐ouest de la France, l’échelle spatiale d’approche et le fractionnement des écosystèmes forestiers en Wallonie, d’une part, en Thiérache, d’autre part, la lutte contre l’exploitation illégale au Cameroun, diverses tentatives de développement territorial en Tunisie, les grandes orientations de gestion des forêts du Vercors, de la région d’Orléans ou des landes de Gascogne. Enfin, l’excursion organisée par l’Office National des Forêts (ONF) et introduite par une présentation en séance d’ouverture a permis d’illustrer le thème de la session par les pratiques de gestion de la forêt et de l’environnement en Martinique.
Si les phénomènes en cause peuvent être bien décrits par des documents historiques, des approches cartographiques, des inventaires, des enquêtes sociologiques…, les outils permettant de mieux intégrer entre elles les différentes fonctions de la forêt, et cette dernière au territoire, ont largement fait l’objet d’une analyse critique montrant que du chemin reste à parcourir dans ce domaine. Ont ainsi été discutées des méthodes générales telles que la mise en oeuvre du développement durable, l’analyse multicritère, l’allocation de droits de propriété, les paiements pour services environnementaux. Ont également été commentés les outils du développement durable que sont les chartes forestières de territoire en France, les commissions régionales des ressources naturelles et du territoire au Québec, la recomposition territoriale en Guyane, le développement local dans le Sud‐ouest de la France, les projets de développement participatif, territoriaux ou intégrés en Tunisie. Enfin, l’enseignement est apparu comme un moyen fondamental de faire progresser les idées.
Le travail va maintenant se poursuivre sur le thème de la session « forêts et foresterie » du colloque puisque les organisateurs et les participants envisagent d’en produire les actes.
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