Théorie de la démocratie

lopes2247  2026-2027  Louvain-la-Neuve

Théorie de la démocratie
5.00 crédits
30.0 h + 6.0 h
Q1

  Cette unité d’enseignement n’est pas accessible aux étudiants d’échange !

Enseignants
Langue
d'enseignement
Français
Préalables
La présence aux cours est obligatoire.
Thèmes abordés
Traitement sous l’angle de la philosophie politique  de questions normatives relatives aux pratiques et institutions démocratiques : d’une part, l’érosion ou même une mise en cause de la légitimité attribuée aux institutions et aux formes classiques de la démocratie représentative (abstention électorale, vote extrême, déficit de confiance dans les élus et les organisations représentatives, etc.) et d'autre part le  développement de nouvelles pratiques et de nouveaux dispositifs de participation politique (conférences de citoyens, budgets participatifs, etc.) et de décision publique (autorités administratives indépendantes, gouvernance en réseau, etc.)  
Ce traitement s’appuiera sur des travaux théoriques qualifiés en philosophie et en sciences humaines abordant ces questions ou susceptibles de les éclairer et d’étayer une critique et un positionnement normatif quant aux réponses à y apporter.
Acquis
d'apprentissage

A la fin de cette unité d’enseignement, l’étudiant est capable de :

Produire une analyse philosophique des questions normatives que soulèvent la crise et les transformations des institutions et des pratiques démocratiques. 
Conceptualiser et de problématiser de manière critique ces évolutions en s’appuyant sur les théories normatives de la légitimité démocratique, en particulier de la représentation et de la participation, qui les sous-tendent ainsi que sur d’autres apports théoriques pertinents.  
Présenter et d’argumenter une prise de position sur une question normative relative aux pratiques et institutions démocratiques et sur les réponses à y apporter.
 
Eu égard au référentiel d’acquis d’apprentissage (AA) du programme de Master en politique économique et sociale, cette unité d’enseignement contribue au développement et à l’acquisition des AA suivants : 
AA.1. Maîtriser et articuler des savoirs disciplinaires et des modèles théoriques dans le champ social, politique, économique, ou culturel afin d’éclairer les questions du vivre ensemble, de la cohésion et de la justice sociale (1.2.,1.4) 
AA.2. Analyser des situations problématiques concrètes, relatives à des questions économiques et sociales de la société contemporaine, sous différents angles disciplinaires en sciences humaines, élaborer des stratégies d’innovation et de transformation, formuler des propositions de réponses et/ou d’actions concrètes et contextualisées. (2.3, 2.5) 
AA. 4. Adopter une posture distanciée et faire preuve de réflexivité en regard de ses propres expériences et en empruntant des angles d’approches différentes pour analyser des problématiques du champ social, politique, économique ou culturel. (4.2) 
AA.5. Anticiper les mutations sociétales dans une perspective d’action et de changement (5.1, 5.4) 
AA.6. Mobiliser des compétences transversales (logique de développement continu, communication, travail en équipe, prise de responsabilité, compétences de transfert) indispensables pour concevoir et conduire avec efficacité des actions dans le champ social, politique, économique, ou culturel ( 6.1, 6.4, 6.8) 
 
Contenu
 Ce cours vise à rendre l’étudiant(e) capable d’analyser une question socio-politique et les discours scientifiques, politiques et sociaux y afférents à l’aide de concepts philosophiques. Au terme du cours, l’étudiant pourra analyser une question sociale ou politique à l’aide d’approches normatives pertinentes.
Thème du cours : délibération et contre-délibération
Depuis quelques années, l’idée d’un malaise ou d’une crise de la démocratie représentative est devenue un lieu commun. Certains y voient le signe d’une fin de la démocratie ; d’autres, le signe d’une nécessité d’en revenir aux formes originelles du gouvernement représentatif. D’autres enfin y discernent l’occasion d’inventer des formes, pratiques ou dispositifs nouveaux (forums citoyens, budgets participatifs, conférences de citoyens, dispositifs de gouvernance impliquant les parties prenantes, quotas de représentants, etc.) destinés à rendre les processus de décision politique « plus démocratiques ». De telles initiatives sont souvent défendues au nom d’une participation accrue, d’une délibération publique authentique, d’une transparence maximale ou encore d’une représentativité adéquate. Pour d’aucuns, ces idéaux seraient caractéristiques d’un « nouvel esprit de la démocratie ». Pourtant, tant les nouvelles pratiques que les idées invoquées par leurs promoteurs soulèvent des questions. Sont-elles effectivement susceptibles de répondre à leurs promesses de démocratisation de la société ? Leurs idéaux de références méritent-ils vraiment d’être poursuivis ?
Le cours abordera ces questions sous deux angles principaux. Le premier, théorique, envisagera différentes approches conceptuelles censées répondre à cette crise de la démocratie et à son renouvellement nécessaire. Le second envisagera en quoi ces réflexions trouvent un prolongement dans le thème spécifique des approches non-idéales de la décision politique.
Au nom de quoi peut-on mentir en politique, bloquer le débat public, faire valoir ses intérêts particuliers plutôt que l’intérêt général ? En tant que citoyens, nous désirons vivre dans un régime démocratique caractérisé par un débat civil, des acteurs de bonne volonté, une délibération rationnelle. Or, de nombreuses pratiques politiques poursuivent des objectifs contraires à cet idéal de civilité: ce qu'on appelle les pratiques contre-délibératives visent soit à bloquer la tenue de la discussion publique là et où elle doit se tenir –songeons à l’obstruction parlementaire –soit à adresser un message à une audience afin de l’induire en erreur –songeons à l’usage du mensonge politique.
Les pratiques contre-délibératives sont considérées par le sens commun mais aussi par un large pande la tradition philosophique, comme une perversion morale (Kant) et politique (Arendt) de la discussion publique. Pourtant, elles sont prises comme des outils de «résistance» par ceux mêmes qui dénoncent le caractère factice ou corrompu de la démocratie. Elles suscitent une fascination pour le talent manoeuvrier de qui les exerce. Enfin, elles font partie des «règles du jeu» informelles de la discussion et se trouvent même intégrées et/ou tolérées dans nos régimes politiques. Est-ce acceptable et pourquoi si c’est le cas? Ce cours a pour objet de comprendre et de discuter la fonctionnalité des pratiques contre-délibératives dans les régimes démocratiques, et en quoi le rôle qu’elles jouent contribue à éclairer la relation entre légitimité politique et raison publique.
Méthodes d'enseignement
La séance d’introduction du cours (I) informera l’étudiant des exigences et du déroulement général de l’enseignement. Elle proposera par ailleurs une première introduction aux deux thématiques abordées au cours, à savoir la question de la transparence et de la publicité d’une part, et la question de la délibération d’autre part. Les séances suivantes aborderont via lectures de textes les approches théoriques contemporaines de la démocratie et de la publicité. Les séances feront l’objet d’un exposé magistral mais aussi, pour la plupart d’entre elles d’un travail de groupe visant à présenter et commenter un des textes de référence du cours.
Dans ce cadre, le cours commencera par exposer et discuter les grandes lignes des théories délibératives de la démocratie, ainsi que leurs variantes et extensions possibles. Il abordera dans un second temps différentes formes de pratiques non-idéales de délibération, dont il discutera les (dys)fonctionnalités démocratiques : la négociation, les conflictualités militantes, le secret et le huis-clos, la rhétorique...
Modes d'évaluation
des acquis des étudiants
L'évaluation comprendra deux parties; une procédure collective et une procédure individuelle.
Procédure collective
Les étudiants seront divisés en différents sous-groupes qui assureront à chaque fois une part de la présentation générale de la séance. Ces présentations dureront 45 minutes environs, et seront suivies d'un temps de questions/réponses. Ces présentations doivent identifier la « thèse principale » de l’article ; analyser la chaîne argumentative (l’ensemble des arguments descriptifs et normatifs) sur laquelle elle repose ; évaluer la solidité et la fragilité des arguments utilisés ; mettre en exergue ce qu’apporte l’article à la dynamique du cours. La présentation orale de la séance ainsi que le support écrit (au choix : le Powerpoint de la présentation ou une synthèse détaillée de l’exposé sur deux pages) qui l’accompagnent formeront 35% de la note finale.
Critères d’évaluation
• Qualités de synthèse et de compréhension des principaux enjeux des textes étudiés
• Explicitation des principes/critères normatifs fondant le positionnement ;
• Utilisation pertinente de ressources théoriques considérées au cours ;
• Prise en compte des éléments d’analyse introduits lors des séances ;
• Qualité formelle de la présentation orale
· Qualité d’animation de la séance
1.4.2. Procédure individuelle
Chacun des étudiants préparera par ailleurs un travail personnel, qui abordera une des thématiques étudiées au cours.
Autres infos
Cette activité se déroule suivant des modalités pédagogiques, horaires et organisationnelles adaptées au public spécifique de la FOPES.
Ressources
en ligne
Support de cours et informations sur le site moodle du cours et/ou dans le contrat pédagogique
Bibliographie
Lectures scientifiques (modifiable en fonction des années) 
Filmographie
Approches théoriques: Chinatown et Indiana Jones et le Temple Maudit (obligatoire), The Shining (facultatif)
Hollywood et Contrat social: Django Unchained (obligatoire); L’Homme qui tua Liberty Valance (recommandé); Il était une fois dans l’Ouest, A Most Violent Year, Mon Nom est Personne Les Incorruptibles (facultatif)
Hollywood et raison publique: Forrest Gump ou Fargo (obligatoire); The Social Network (facultatif)
Hollywood et liberté individuelle: The Shape of Water (obligatoire) ou The Wolf of Wall Street, Dark Shadows, Ready Player One, Joy, Moneyball (facultatif)
Hollywood et démocratie: Les Indestructibles (obligatoire); The Dark Knight Rises (recommandé); Lincoln (facultatif)
Hollywood et utopie: Us (obligatoire), Mad Max: Under the Thunderdome (recommandé)
En bonus obligatoire : Once Upon a Time in Hollywood
Bibliographie
J. Rancière, Le spectatuer émancipé, Paris, La Fabrique, 2008
J. Baudrillard, Simulacres et simulations, Paris, Gallimard, 1981
M. Fisher, Le réalisme capitaliste, Paris, Entremonde, 2018
R. Memeteau, Pop Culture, Paris, la Découverte, 2017
Faculté ou entité
en charge


Programmes / formations proposant cette unité d'enseignement (UE)

Intitulé du programme
Sigle
Crédits
Prérequis
Acquis
d'apprentissage
Master [120] en politique économique et sociale (horaire décalé)