|
La plupart des espèces déclinent suite aux perturbations induites par l’homme: changement climatique, destruction des habitats naturels, invasions d’espèces exotiques... Arrêter cette érosion biologique est devenu un défi majeur pour l’humanité. Mais une conservation et une gestion proactives de la biodiversité peuvent difficilement être menées sans une compréhension approfondie des phénomènes déterminant la viabilité des espèces et des populations qui les composent. C’est de plus la meilleure garantie de l’efficacité à long terme des mesures de conservation qui seront prises.
Au sein de notre équipe, dirigée par Nicolas Schtickzelle, la viabilité et la dynamique des (méta)populations sont étudiées dans un but de conservation de la biodiversité. Plus spécifiquement, nos recherches visent à étudier de manière quantitative et sur des systèmes modèles l’effet que des perturbations majeures ont sur la viabilité des espèces. Pour cela, nous modélisons le fonctionnement de populations animales choisies comme modèles, et analysons les liens de cause à effet entre les conditions de l’environnement et la performance de ces populations. Ensuite, nous établissons sur ordinateur des modèles mathématiques pour tenter de prédire quel sera l’effet à long terme de scénarios plausibles comme l’aggravation des pressions sur l’espèce ou au contraire de mesures de conservation et de protection.
La réponse aux questions soulevées par cette thématique de recherche nécessite le recours à des techniques quantitatives (planification expérimentale, statistiques, modélisation par ordinateur) afin d’exploiter au mieux les données recueillies par des expériences sur le terrain ou en laboratoire. Les recherches de l’équipe portent essentiellement sur des papillons et des organismes unicellulaires, mais d’autres organismes sont également étudiés (saumons, oiseaux). De nombreux papillons font en effet de bons modèles pour étudier in situ la réaction des espèces aux perturbations de leur environnement : leurs populations sont en effet bien délimitées, faciles à étudier, et avec leur cycle de vie très court réagissent rapidement aux perturbations. L’étude de populations réelles dans la nature est néanmoins limitée par de nombreuses contraintes pratiques, et permet difficilement une expérimentation rigoureuse étant donné la multitude de phénomènes incontrôlables. C’est là que le développement de microcosmes en laboratoire - de petits mondes artificiels peuplés de microorganismes - se révèle un complément indispensable: il devient alors possible de tester des aspects particuliers affectant les liens que les populations entretiennent avec leur environnement.
|
La flèche en zigzag symbolise le déclin actuel de la biodiversité. Les papillons qui se déploient reflètent notre volonté de contribuer à sa protection et sa restauration.
|