Sociologie des relations interculturelles

lopes2235  2026-2027  Louvain-la-Neuve

Sociologie des relations interculturelles
5.00 crédits
30.0 h + 6.0 h
Q1

  Cette unité d’enseignement n’est pas accessible aux étudiants d’échange !

Enseignants
Langue
d'enseignement
Français
Préalables
La présence aux cours est obligatoire.
Thèmes abordés
Le cours a pour but d’étudier les dynamiques d’intégration ainsi que les tensions et conflits propres aux sociétés contemporaines marquées par la diversité ethnoculturelle et le pluralisme, dans un contexte « postmigratoire ». On y développe différents éclairages relatifs : 
  • Aux principales définitions de la culture proposées par la sociologie (et l’anthropologie), et sur leur caractère historiquement et socialement situé ; ainsi que sur les concepts controversés d’ethnicité/ethnicisation des rapports sociaux, ou encore de racisme/racisation. L’enjeu est de comprendre ces processus comme étroitement articulés à des processus de construction de formes de hiérarchisations sociales, de traçage de frontières sociosymboliques et de processus de construction identitaire ancrés dans des rapports sociaux. 
  • Eclairages de la sociologie et de la philosophie politique concernant les "modèles d'intégration nationaux", dans une perspective comparative (Belgique francophone et néerlandophone ; France, Angleterre, USA essentiellement) permettant d'en situer les fondements, les traductions institutionnelles et politiques et les enjeux ; 
  • Eclairages des sciences sociales sur les processus identitaires associés aux situations de rencontre interculturelle ou inter-groupes « ethnoraciaux », ses dimensions et ses enjeux.  
Acquis
d'apprentissage

A la fin de cette unité d’enseignement, l’étudiant est capable de :

AA.1. Maîtriser et articuler des savoirs disciplinaires et des modèles théoriques dans le champ social, politique, économique, ou culturel afin d’éclairer les questions du vivre ensemble, de la cohésion et de la justice sociale (AA  1.1, 1.2., 1.3., 1.4.) 
AA.2. Analyser des situations problématiques concrètes, relatives à des questions économiques et sociales de la société contemporaine, sous différents angles disciplinaires en sciences humaines, élaborer des stratégies d’innovation et de transformation, formuler des propositions de réponses et/ou d’actions concrètes et contextualisées (AA 2.1., 2.2., 2.3) 
AA.3. Concevoir et réaliser un travail de recherche, mettant en œuvre une démarche scientifique et une méthodologie rigoureuse, pour définir et approfondir une problématique dans le champ social, politique, économique ou culturel. (AA 3.1) 
AA. 4. Adopter une posture distanciée et faire preuve de réflexivité en regard de ses propres expériences et en empruntant des angles d’approches différentes pour analyser des problématiques du champ social, politique, économique ou culturel (AA 4.2, 4.4) 
AA.6. Mobiliser des compétences transversales (logique de développement continu, communication, travail en équipe, prise de responsabilité, compétences de transfert) indispensables pour concevoir et conduire avec efficacité des actions dans le champ social, politique, économique, ou culturel (AA6.5, 6.8). 
 
Contenu
Ce cours vise à doter l'étudiant.e d'un cadre théorique multidimensionnel permettant d’analyser sociologiquement les principales questions que soulève la "diversité culturelle" dans notre société multiculturelle traversée et structurée, depuis plusieurs générations, par des migrations successives. Le cours vise à mettre en perspective de manière à la fois compréhensive et critique la manière dont se tissent les relations sociales et les rapports sociaux entre groupes "majoritaires" et "minoritaires", avec un focus spécifique sur les minorités identifiées à travers des désignations ethniques, religieuses, des processus de racialisation... . Ce cadre pourra au final être mobilisé dans l’analyse de situations « emblématiques » tirées de l’actualité et de l’expérience des étudiants.
En Belgique francophone, comme la plupart des sociétés multiculturelles européennes, on parle aujourd'hui d'une situation de « multi-diversité » (Martiniello, 2011) ou de "super diversité" (Vertovec, 2007). L'expression désigne d'abord les processus migratoires historiques qui ont façonné notre population depuis au moins le tournant du XXème siècle, dans le cadre des mouvements liés à l’industrialisation et aujourd’hui à la circulation globale, ainsi que le "chevauchement" de ces histoires et temporalités multiples sur notre territoire. La notion de "superdiversité" désigne également la complexité des trajectoires biographiques et des processus identitaires complexes qui accompagnent ces transformations, et qui se manifestent à travers par des questions d'appartenance et par l’affirmation de demandes de « reconnaissance » portées par des groupes minorisés au sein de l’espace public. Le contexte actuel de multicrises vient en retour renforcer les processus de clôture identitaire et spatiale, le traçage de nouvelles frontières ethniques, la construction de l’Autre comme menaçant… La question de la diversité croise donc inévitablement celle des rapports de pouvoir et des inégalités sociales. Autrement dit, les relations « interculturelles » sont à comprendre comme un rapport social, traversé par des enjeux d’inégalités de ressources ou de pouvoir, et au cœur duquel les dimensions culturo-symboliques viennent s’inscrire.
Au cœur des différents espaces et institutions sociales (espace urbain/ « rue », écoles, associations, institutions d’accueil, de santé, etc.), cette « diversité » et la manière de la traiter soulèvent de nombreuses interrogations, de la part des citoyens comme des professionnels qui, dans leurs pratiques quotidiennes, rencontrent des situations ou des demandes inédites, sans être nécessairement préparés à les décoder. Ces défis, parfois conflictuels, invitent les acteurs sociaux à un travail de réflexivité, de décentrement quant à leurs propres points de repères culturels et identitaires, et à inventer des manières de construire du commun à partir de la diversité….
Dans ce cours, nous tenterons d’éclairer ce contexte à partir de trois grandes portes d’entrée (et étapes du cours) :
  1. Première partie : définitions de base et repères théoriques. Dans un premier temps, nous puiserons dans diverses traditions sociologiques un certain nombre de ressources théoriques (plus classiques et plus actuelles) permettant d’appréhender les définitions de la culture et de l’ethnicité, leurs dimensions ainsi que les débats que ces notions soulèvent (approches culturalistes, interactionnistes ou relationnelles de l’ethnicité, « cultural studies » ; initiation aux postcolonial studies et aux approches contemporaines de l'intersectionnalité).  Cette partie sera complétée par une réflexion sur les enjeux contemporains liés à la nouvelle saillance du religieux dans le contexte de la « modernité tardive » (sociétés complexes et globalisées) (quelques repères sur l’articulation religieux, religion et politique, la sécularisation et la modernité religieuse).
  1. Deuxième partie : le traitement politique de la diversité culturelle dans l’espace public. Le second axe aborde des enjeux de nature plus normative, voire politique, puisqu’il traite des liens entre diversité culturelle (multiculturalisme), espace public et démocratie. Autrement dit, nous questionnerons la manière dont ces questions de diversité culturelle ont été – et sont – traitées, mises en forme et « régulées » dans le débat public, au sein de nos sociétés contemporaines. Pour outiller la réflexion, nous puiserons dans quelques travaux clés produits en philosophie politique comme en sciences sociales (modèles d’intégration nationale, enjeux politiques du multiculturalisme, principes et enjeux sociologiques et institutionnels soulevés…) (Cf. ouvrage de S. Ben Habib, présentant C. Taylor, N. Fraser, …) ; Marco Martiniello (politologue), Michel Wieviorka (sociologue)…).
  1. Troisième partie : Identités et reconnaissance dans les sociétés post-migratoires. Dans un troisième temps, nous ferons état de travaux portant sur les enjeux identitaires dans les sociétés multiculturelles (C. Camillieri, Cohen-Emerique, A Manço…), ainsi que sur la manière dont ces enjeux se manifestent chez les jeunes (stratégies identitaires de jeunes élèves « issus de l’immigration » (Manço ; Verhoeven ; Jacobs), identité, reconnaissance et « bandes urbaines », (Grégoire & Mazzocchetti).
Méthodes d'enseignement
  • Le cours aura lieu par défaut en présentiel (sauf exception avec notification explicite de l'enseignante).
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  • Les séances de cours comprendront généralement un exposé du professeur, la plupart du temps suivi d'un temps de discussion et/ou d'appropriation, parfois initié par un sous-groupe d’étudiant.e.s (éventuellement sur la base d'une lecture préparatoire demandée (cf plan de cours annuel).
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  • Au fil des séances, les exposés et discussions sur les textes sont suivis de temps d’appropriation en sous-groupes visant à en dégager les concepts clés  ainsi que des questions heuristiques qui en découlent. Ce travail débouchera sur la construction  progressive  d’une « matrice heuristique de concepts et questions » ou une « matrice d’analyse » qui servira ensuite de boîte à outils pour analyser des « situations critiques" ou "emblématiques » (incidents critiques mettant en jeu des conflits autour de la culture, des interprétations des fondements du vivre ensemble, des conflits identitaires, etc.) issus de leur vie professionnelle ou sociale ou tirés de l’actualité récente. L’objectif final est en effet d’améliorer la capacité de l’étudiant à interroger et à décoder ces situations critiques (situations soit conflictuelles, soit simplement interrogeant le cadre « institué » des institutions sociales de notre contexte), en dégageant les enjeux qui s’y jouent à de multiples niveaux (contextes normatifs, institutions, habitus et identités, significations symboliques, catégorisation ethnique et rapports sociaux…).
Une des séances finales sera consacrée à une analyse collective d'un "cas" sous format "analyse en groupes", en prenant appui sur la matrice d'analyse construite au cours.
Un moment de peer reviewing des travaux en préparation est également prévu lors d'une des séances finales.
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Modes d'évaluation
des acquis des étudiants
Evaluation formative continue (non certificative, sauf précisions contraires en début d'année avec accord du groupe) : travail de lecture de textes, participation aux échanges.
Evaluation certificative : travail final écrit (à réaliser individuellement).
1) Identification d'une « situation problème » mettant en jeu une dimension interculturelle (il peut s'agit d'un incident critique vécu par l'étudiant.e, dans le domaine privé ou professionnel ou d'un conflit ou mouvement médiatisé,…) et opposant des acteurs (individuels ou collectifs) porteurs de revendications différentes ou d'interprétations différentes d'un conflit interculturel.L'étudiant.e. a donc la possibilité d'identifier une "situation emblématique" au sein d'une vaste gamme de situations et pouvant se dérouler au sein de différentes sphères (travail, famille, espace urbain, santé…). Choix de la situation pour le cours 3.
2) Documentation de la situation (approche descriptive) : à partir d’une analyse descriptive de la situation problème (et ou de son traitement dans la presse par exemple), il s'agira de décrire/déplier la situation de façon approfondie (décrire le conflit et son objet, expliquer l’enjeu, les acteurs en présence, leurs « ressources » et position sociale, et leurs points de vue et arguments, modalités de « résolution » (ou de conflit), aspects éventuels institutionnels, politiques, …) 
Un échange sur cette première partie est prévu à mi-parcours (voir calendrier sur moodle)
3) Analyse sociologique à l'aune de concepts et propositions d'analyse vues au cours, choisies pour leur pertinence par rapport à l'objet, et articulées. (un second temps d'échange sur cette partie du travail aura lieu lors du dernier cours).
Le travail est  à remettre à la date notifiée sur moodle, et fera l'objet d'une présentation et discussion lors d'un examen oral.

NOTE SUR LE PLAGIAT ET l’USAGE DES I.A. DANS LES APPRENTISSAGES VISES PAR CE COURS

Rappelons que le plagiat (utiliser des sources littéralement sans les citer explicitement et correctement) est considéré comme une tricherie et assorti de sanctions graves, allant de l’annulation du travail, au renvoi à l’année suivante jusqu’à l’exclusion de l’étudiant. L’ensemble des travaux sont examinés par le logiciel Compilatio, afin de détecter les usages du plagiat.
Est également considérée comme du plagiat la copie non référencée de paragraphes entiers écrits par des I.A. (Deepl, chatGPT, autre.).
Si malgré tout l’aide d’une IA est sollicitée, c'est dans le respect le plus strict des guidelines proposés par la faculté (principe de responsabilité, de traçabilité et d'authenticité. Dans ce cours, il est recommandé d’en limiter les usages : 
- comme un moteur de recherche parmi d’autres, pour la recherche de documents et sources pertinentes, sachant que l’IA génère parfois des sources « inventées » et que cet appui sur l’IA ne dispense en rien l’étudiant.e d’une vérification systématique de ses sources, en appui sur les codes de la recherche universitaire enseignés ;
- comme assistance linguistique, pour la correction de l’orthographe, la syntaxe, voire la reformulation des idées. Même dans ces cas, l’étudiant est invité à la plus grande prudence, car les I.A. ne maîtrisent pas le lexique sociologique. L’étudiant.e est invité à relire et ajuster ces apports à sa propre appropriation des concepts vus au cours.
- Comme aide – brainstorming à l’analyse, le recours à l’IA dans ce travail est encore déconseillé car plus risqué : l’IA ne maitrise pas le vocabulaire sociologique et risque de vous proposer des concepts « de sens commun ».
Le recours à l’IA ne dispense pas de faire la preuve de son appropriation personnelle des contenus de cours (principe d’authenticité). Cette appropriation devant être vérifiable (principe de traçabilité), tout recourt à l'I.A doit être signalé le cas échéant et l'étudiant.e. devra montrer sa capacité à les utiliser réflexivement et à les améliorer en lien avec sa propre appropriation de la matière. Ces éléments seront notamment vérifiés lors de l'examen oral.
Autres infos
Cette activité se déroule suivant des modalités pédagogiques, horaires et organisationnelles adaptées au public spécifique de la FOPES.
Ressources
en ligne
Un site moodle est ouvert et précisera les contenus et attentes séance par séance. Un recueil de textes sera également disponible.
Faculté ou entité
en charge


Programmes / formations proposant cette unité d'enseignement (UE)

Intitulé du programme
Sigle
Crédits
Prérequis
Acquis
d'apprentissage
Master [120] en politique économique et sociale (horaire décalé)