Message in a bottle…la culture se fait en buvant
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La recherche archéologique s'est souvent intéressée aux productions agricoles du passé, en particulier au vin, l'un des produits les plus représentatifs des civilisations méditerranéennes. Élément essentiel des rites conviviaux, le vin avait un lien indissoluble avec l'une des divinités les plus aimées du panthéon païen, Dionysos/Bacchus, mais aussi, par la suite, un rôle fondamental dans le christianisme, au point de devenir le sang du Christ. Aujourd'hui, le lien entre le vin et l'archéologie est toutefois d'un autre type, grâce à une alliance qui offre des perspectives importantes. De nombreuses exploitations viticoles ont décidé d'associer leurs vins à des sites archéologiques, dans un lien qui confère au vin une dimension historique et favorise en même temps la promotion du site. C'est un manière de décliner l'archéologie publique.
En Toscane, une exploitation viticole produisant des vins de grande qualité, Cappella Sant’Andrea, avec des cépages liés à la tradition et au paysage local, a décidé, à titre expérimental, d'associer l'un de ses vins à la villa romaine d'Aiano (San Gimignano – Sienne) : c'est ainsi qu'est né le Vernaccia « Prima Luce », un vin blanc produit en amphore et biologique dont les bouteilles arborent une étiquette représentant l'un des objets les plus emblématiques découverts sur le site archéologique, un poisson en pâte de verre colorée. Les travaux de recherche, toujours en cours, pourraient à l'avenir bénéficier du soutien du ‘Consorzio della Vernaccia di San Gimignano’ afin de contribuer au projet de valorisation de la villa romaine.
Grâce à cette alliance entre le vin et l'archéologie, tout le monde y gagne : les ventes de vin augmentent, les recherches archéologiques se poursuivent, un projet de muséalisation et de gestion de la villa d'Aiano est en développement, auquel pourraient participer des chercheurs, la municipalité de San Gimignano et les entreprises viticoles.
En ce sens, Marco Cavalieri, professeur d'archéologie romaine et d'antiquités italiques à l'UCLouvain, peut être l'un des premiers en Belgique à mener à bien un exemple vertueux d'économie de la culture, en augmentant la qualité et la vente d'un produit d'excellence italien, le vin, créant ainsi des emplois et des investissements dans la protection et la mise en valeur du patrimoine archéologique. L'archéologie aussi peut en définitive être rentable économiquement !