Over the past seventeen months, a collective political project has emerged in Serbia within the specific post-Yugoslav and post-socialist context, shaped by the long-term consequences of capitalist transformation on Europe’s periphery. This lecture examines the development of the current students’ movement and protests as a case study of an emerging political imagination formed within a broader local and global landscape of systemic crisis.
Particular attention will be given to the organisational principles and political practices developed within the movement. Through a genuinely horizontal structure of self-organisation, students have created a temporary yet powerful “time and space” for the articulation of collective intelligence, experimentation with direct democratic practices, and the redefinition of political agency. These practices have resonated widely, and invited the formation of a broader and more inclusive network of citizens’ self-organised councils that have begun to spread across the country. By analysing these processes, the lecture reflects on how the organisational and imaginative capacities of this protest movement can expand the horizon of the politically possible, opening spaces for alternative forms of collective action, solidarity, and democratic participation in contexts marked by authoritarian governance, social fragmentation, and deep economic precarity.
Au cours des dix-sept derniers mois, un projet politique collectif a émergé en Serbie dans le contexte spécifique post-yougoslave et post-socialiste, profondément marqué par les conséquences à long terme des transformations capitalistes à la périphérie européenne. Cette conférence propose d’analyser le développement du mouvement et des mobilisations étudiantes actuelles comme un cas d’étude permettant d’appréhender l’émergence d’une nouvelle imagination politique, inscrite dans un contexte plus large de crises systémiques, à la fois locales et globales.
Une attention particulière sera portée aux principes organisationnels et aux pratiques politiques élaborés au sein du mouvement. À travers une structure d’auto-organisation résolument horizontale, les étudiant·e·s ont ouvert un « temps-espace » politique, à la fois provisoire et particulièrement fécond, permettant l’émergence d’une intelligence collective, l’expérimentation de pratiques de démocratie directe et la redéfinition des formes d’agir politique. Ces pratiques ont trouvé un écho bien au-delà des campus et ont contribué à susciter la formation d’un réseau plus large et plus inclusif de conseils citoyens auto-organisés, dont les initiatives se déploient désormais à l’échelle du pays. À travers l’analyse de ces dynamiques, la conférence interroge la manière dont les capacités organisationnelles et imaginatives de ce mouvement de protestation contribuent à élargir l’horizon du politiquement possible, en ouvrant des espaces pour des formes alternatives d’action collective, de solidarité et de participation démocratique dans des contextes marqués par des tendances autoritaires, une fragmentation sociale accrue et une précarisation économique profonde.