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Le double effet Kiss Cool des feux de forêts boréales sur le climat

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uclouvain
23 July 2025 , modifié le 11 August 2025

L’augmentation spectaculaire des incendies dans les forêts du Grand Nord ces dernières années est un symptôme du réchauffement climatique. Paradoxalement, ces feux contribuent à réduire considérablement le réchauffement climatique. C’est ce que révèle une étude publiée dans PNAS. Une bonne nouvelle ? 

Cette nouvelle étude montre qu’en tenant compte d’une intensification future des incendies dans les forêts boréales, comme celles du Canada et de Sibérie, suivant les tendances actuelles, le réchauffement pourrait être réduit de 12 % au niveau mondial et de 38 % dans l’Arctique d’ici 2060.

Fruit d’une collaboration entre Patricia DeRepentigny, chercheuse au Earth and Life Institute de l’UCLouvain et des scientifiques de l’Université de Washington, cette recherche révèle donc un rôle inattendu des incendies des forêts du Grand Nord : un ralentissement du réchauffement climatique.

Comment est-ce possible ? Les fumées de ces feux contiennent des aérosols qui éclaircissent les nuages et réfléchissent la lumière du soleil, ce qui refroidit l’atmosphère en été et ralentit la fonte de la banquise arctique. Cela se produit malgré les effets de réchauffement des incendies eux-mêmes, dus à des facteurs tels que la suie qui tombe sur la glace.  L’augmentation des feux de forêts boréales, jusque-là ignorée dans les modèles climatiques actuels, pourrait ainsi modifier les projections futures.

Mais attention, préviennent les auteurs : ce refroidissement ne compense pas les nombreux effets néfastes des incendies, comme les risques pour la santé, la biodiversité et le carbone libéré par les forêts brûlées. Et si les incendies continuent d'augmenter, la tendance pourrait s'inverser. Il ne s’agit donc pas d’une “bonne nouvelle”, mais d’une pièce essentielle du puzzle climatique.