Télescope Einstein : cap sur l’origine de l’univers et débouchés industriels concrets
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Le Télescope Einstein, futur observatoire d’ondes gravitationnelles, générera des flux de données colossaux que les infrastructures actuelles sont incapables de traiter. Pour relever ce défi technologique sans précédent, le consortium ETCETERA dont fait partie l’UCLouvain réunit 14 partenaires de Belgique, des Pays-Bas et d’Allemagne autour du développement d’une architecture de calcul et d’intelligence artificielle entièrement dédiée à cet instrument.
Financé par le programme Interreg Meuse-Rhin (FEDER), avec un soutien de la Région wallonne, ETCETERA (Einstein Telescope Computing, Experimental Testbed & End-to-end Research Architecture) démarrera officiellement le 1er octobre 2026 pour une durée de 3 ans. « Nous allons participer au développement d’un prototype utilisant de l’intelligence artificielle pour optimiser l’analyse de données pour le Télescope Einstein », explique Justin Janquart, physicien au Centre for Cosmology, Particle Physics and Phenomenology - CP3 de l’UCLouvain. « Ceci est une étape critique et nécessaire pour extraire les informations astrophysiques présentes dans les détecteurs, qui n’est pour le moment pas possible en pratique pour le Télescope Einstein. Il s’agit donc de rendre possible l’utilisation des ondes gravitationnelles pour comprendre notre univers ».
Depuis la première détection historique d’ondes gravitationnelles en 2015 par les détecteurs LIGO et Virgo, la physique des ondes gravitationnelles a bouleversé notre vision de l’Univers. Le Télescope Einstein représente la prochaine révolution. Ce télescope, cent fois plus sensible que ses prédécesseurs, pourra retrouver la trace de fusions de trous noirs, de supernovas, voire remonter jusqu’aux empreintes de matières noire proches du Big Bang. Une puissance exceptionnelle qui s’accompagne d’un défi considérable : le Télescope Einstein va capter plusieurs gigaoctets de données par seconde, soit des milliers d’événements cosmiques annuels.
Au-delà de la physique fondamentale, les technologies développées dans le projet ETCETERA, comme dans le développement du télescope lui-même, ont vocation à essaimer dans d’autres secteurs. Le traitement de flux massifs de données en temps réel, la détection de signaux faibles dans le bruit ou la gestion intelligente des ressources informatiques sont directement transférables à la médecine, l’énergie, la finance ou l’aérospatial. « La collaboration étroite entre sept universités et sept entreprises du consortium garantit que ces innovations trouveront rapidement des débouchés industriels concrets, renforçant la souveraineté numérique européenne », se réjouit Justin Janquart.
A proposLe Télescope Einstein / Einstein Telescope (ET) est un projet européen visant à construire le détecteur d'ondes gravitationnelles de troisième génération le plus puissant au monde. Cet instrument sera enfoui à 300 mètres sous terre afin de mesurer les ondes gravitationnelles dans les meilleures conditions possibles. Dix fois plus sensible que son prédécesseur Virgo, il permettra d'étudier des phénomènes cosmiques extrêmes tels que la fusion d'étoiles à neutrons, la collision de trous noirs ou encore les explosions en supernovas, en couvrant une large bande de fréquences. Depuis 2019, la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne travaillent ensemble pour accueillir cet observatoire dans la région de l'Euregio Meuse-Rhin, notamment près d'Aubel en Wallonie, en concurrence avec un site en Sardaigne. Si le projet est retenu, la Wallonie s'engage à investir 200 millions d'euros à partir de 2028, avec l'espoir que cette infrastructure révolutionnaire permette de mieux comprendre les origines de l'univers et le Big Bang. |
| ETCETERA est financé par le programme Interreg Meuse-Rhin (FEDER) avec le cofinancement de la Région wallonne. Le projet réunit l'Universiteit Hasselt (partenaire coordinateur), la KU Leuven, l'UCLouvain, l'Universiteit Utrecht, l'Université de Liège, la RWTH Aachen, l'Universiteit Maastricht, les sociétés Spacebel S.A., Boosting Alpha B.V., B12 Consulting / YUMA, DELTATEC, Dataminded, dataMatters GmbH et Aprico Consultants. |
© Marco Kraan/Nikhef