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Mieux comprendre le système de défense des bactéries pour mieux les attaquer

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22 August 2025

 

En bref :

  • Une équipe de scientifique de l’UCLouvain révolutionne la compréhension de la résistance des bactéries aux antibiotiques
  • Jean-François Collet et son équipe ont découvert que les trois couches distinctes qui composent l’enveloppe des bactéries agissent de concert pour assurer leur protection, remettant en question le modèle longtemps admis selon lequel une seule couche jouait un rôle prépondérant.
  • Cette avancée majeure permettra d’appréhender sous un jour nouveau cette défense des bactéries et ainsi de mettre au point de nouveaux antibiotiques

Contact(s) presse :   
Jean-François Collet, professeur à l’Institut de Duve de l’UCLouvain et investigateur au WEL Research Institute : 02 764 75 62, gsm sur demande, jean-francois.collet@uclouvain.be 

Jean-François Collet, chercheur à l’Institut de Duve de l’UCLouvain et investigateur au WEL Research Institute, et son équipe, étudie depuis plus de 20 ans la résistance des bactéries aux antibiotiques. Sa dernière découverte ? Son laboratoire a démontré que le mécanisme de défense des bactéries, longtemps attribué à une seule couche, repose en réalité sur la coopération des trois couches qui composent leur enveloppe. « Il s’agit de l’une des plus belles contributions de mon laboratoire » s’enthousiasme Jean-François Collet. En quoi est-ce intéressant ? « Cette découverte, publiée dans la prestigieuse revue scientifique Nature Microbiology, va révolutionner la manière dont les scientifiques appréhendaient jusqu’à présent certains mécanismes de défense contre les antibiotiques.

Concrètement, lorsqu’une bactérie est attaquée (par un antibiotique par ex.), elle implose. Pour résister à ces attaques, les bactéries construisent des fortifications comportant plusieurs lignes de défense. Une de ces lignes de défense, appelée peptidoglycane, forme une structure rigide, sorte de squelette extra cellulaire.

Jusqu’à récemment, le consensus était que le peptidoglycane, une sorte de mur rigide entourant la bactérie, suffisait à lui seul à lui permettre de résister aux agressions de l’environnement. À l’image d’un squelette maintenant l’intégrité d’un corps, le peptidoglycane était considéré comme la couche essentielle évitant l’implosion de la bactérie, notamment en cas d’attaque par des antibiotiques.

Or, les scientifiques de l’UCLouvain viennent de découvrir qu’en réalité, ce consensus, répandu depuis des décennies, n’était pas entièrement correct. Le peptidoglycane est, certes, important mais il n’a pas la fonction qu’on lui accordait jusqu’ici. Jean-François Collet et son équipe ont observé qu’il faisait partie d’un mécanisme plus large impliquant les 3 couches de défense, et que c’est l’ensemble du système qui protège les bactéries de nombreux antibiotiques. Un fonctionnement qui s’applique à la moitié des bactéries aujourd’hui connues.

L’intérêt de cette découverte ? Comprendre comment les trois couches coopèrent constitue un changement de paradigme majeur, qui bouleverse la compréhension des mécanismes défensifs des bactéries. Cette avancée permettra aux scientifiques du monde entier d’appréhender sous un jour nouveau cette défense des bactéries et ainsi de mettre au point de nouveaux antibiotiques perturbant l’enveloppe bactérienne. Selon Jean-François Collet, « mieux on connaît nos ennemis (dans ce cas-ci, les bactéries) et ses moyens de défense, mieux on peut les attaquer ou déjouer leurs systèmes de défense. »