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L’UCLouvain découvre un double effet Kiss Cool des feux de forêts boréales sur le climat

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23 July 2025, modifié le 24 July 2025

EN BREF

  • Une étude de l’UCLouvain et de l'université de Washington, publiée dans PNAS, démontre que l'augmentation des incendies boréaux pourrait ralentir le réchauffement climatique de 12 % au niveau mondial d’ici à 2060
  • Pourquoi ? Les aérosols contenus dans la fumée réfléchissant davantage la lumière du soleil et rendant les nuages plus brillants, les températures estivales chutent pendant la saison des incendies, ce qui entraîne une réduction de la perte de glace de mer et des températures hivernales plus fraîches
  • Une bonne nouvelle ? Non, plutôt une pièce complémentaire dans la compréhension des changements climatiques, les incendies ayant d’autres impacts néfastes sur la santé, la biodiversité et le carbone libéré par les forêts brûlées

ARTICLE : HTTPS://WWW.PNAS.ORG/DOI/10.1073/PNAS.2424614122 

CONTACT PRESSE : Patricia DeRepentigny, chercheuse au Earth & Life Institute de l’UCLouvain : patricia.derepentigny@uclouvain.be, tél sur demande

L’été et ses pics de températures est, depuis quelques années, de plus en plus le théâtre d’incendies ravageurs. L’augmentation spectaculaire de ces incendies, notamment dans les forêts du Grand Nord, est un symptôme du réchauffement climatique. Paradoxalement, ces feux contribuent à réduire considérablement le réchauffement climatique. C’est ce que révèle une étude menée par l’UCLouvain et l’Université de Washington, publiée dans la prestigieuse revue scientifique PNAS.

Concrètement, cette étude UCLouvain montre qu’en tenant compte d’une intensification future des incendies dans les forêts boréales, comme celles du Canada et de Sibérie, suivant les tendances actuelles, le réchauffement climatique pourrait être réduit de 12 % au niveau mondial et de 38 % dans l’Arctique d’ici 2060.

Fruit d’une collaboration entre Patricia DeRepentigny, chercheuse au Earth and Life Institute de l’UCLouvain et des scientifiques de l’Université de Washington, cette recherche révèle donc un rôle inattendu des incendies des forêts du Grand Nord : un ralentissement du réchauffement climatique.

Comment est-ce possible ? Les fumées de ces feux contiennent des aérosols qui éclaircissent les nuages et réfléchissent la lumière du soleil, ce qui refroidit l’atmosphère en été et ralentit la fonte de la banquise arctique. Cela se produit malgré les effets de réchauffement des incendies eux-mêmes, dus à des facteurs tels que la suie qui tombe sur la glace.  L’augmentation des feux de forêts boréales, jusque-là ignorée dans les modèles climatiques actuels, pourrait ainsi modifier les projections futures.

Mais attention, les scientifiques de l’UCLouvain et de l’UWashington modèrent cette apparente bonne nouvelle : ce refroidissement ne compense pas les nombreux effets néfastes des incendies, comme les risques pour la santé, la biodiversité et le carbone libéré par les forêts brûlées. Et si les incendies continuent d'augmenter, la tendance pourrait s'inverser. Il ne s’agit donc pas tant d’une “bonne nouvelle”, mais d’une pièce essentielle du puzzle climatique.