Changement climatique : des scientifiques plaident pour une réforme urgente de la sécu
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Quatre ans après les inondations de juillet 2021, la Belgique garde en mémoire les dégâts humains et matériels… mais aussi les défaillances institutionnelles. Au-delà des réponses d’urgence, ces événements ont soulevé une question cruciale : nos mécanismes de protection sociale sont-ils prêts à affronter un monde bouleversé par le changement climatique ?
Sous la coordination de Pascale Vielle, chercheuse à l’Institut d’analyse du changement dans l’histoire et les sociétés contemporaines (IACCHOS) de l’UCLouvain, une équipe multidisciplinaire de chercheur·euses de l’UCLouvain, de l’ULB et de Sciences Po Paris a rédigé un rapport qui propose un tournant majeur : passer à une protection sociale-écologique.
Une nouvelle vision de la solidarité
La multiplication des risques de transformation biophysique (inondations, vagues de chaleur, mégafeux, etc.) et de transition sociotechnique (reconversions professionnelles ou hausses des prix de l’énergie liées aux politiques climatiques) sont autant de défis pour lesquels nos systèmes actuels ne sont ni conçus ni préparés.
Face à cela, et sur base d’une matrice innovante des risques sociaux-écologiques, les chercheurs et chercheuses appellent à un changement de cap : penser la sécurité sociale comme un outil de résilience, capable d’anticiper les chocs plutôt que de simplement réparer après coup.
Le rapport avance des recommandation concrètes et ambitieuses :
- Créer une branche dédiée aux risques sociaux-écologiques dans la sécurité sociale,
- Développer des services de base universels (eau, énergie, logement…) accessibles à toutes et tous,
- Mettre en place des revenus de transition pour les travailleurs souhaitant se reconvertir vers des métiers d’intérêt écologique,
- Intégrer des critères environnementaux dans les prestations sociales et anticiper les impacts futurs dans les paramètres budgétaires.
Ce rapport, à contre-courant des politiques publiques récentes, propose une vision à long terme, où la solidarité ne se limite plus à compenser, mais vise à prévenir et transformer. Il affirme un principe fort : on ne peut plus dissocier climat et justice sociale. Faire évoluer notre sécurité sociale, c’est protéger les plus vulnérables face aux bouleversements à venir — et c’est l’affaire de toute la société.