Ecorc’Air 2026 : devenez acteur·rice de la qualité de l’air de votre quartier
uclouvain |
Et si les arbres de nos rues pouvaient révéler ce que nous respirons chaque jour ? Derrière leur écorce, les platanes conservent une mémoire invisible : celle des particules fines issues du trafic et de la pollution urbaine. À partir de ce printemps, un projet de sciences participatives lancé par l’UCLouvain, l’UAntwerpen et Scivil invite les citoyen·nes à décoder ces traces… pour cartographier la qualité de l’air, quartier par quartier.
Chaque année, les particules fines sont responsables de milliers de décès prématurés en Europe. Invisibles à l’œil nu, elles pénètrent profondément dans l’organisme et sont associées à de nombreuses maladies (respiratoires, cardiovasculaires, neurologiques). Pourtant, malgré leur impact majeur, leur répartition reste difficile à mesurer précisément à l’échelle locale.
C’est là que les platanes entrent en scène. Durant l’hiver, leur écorce agit comme un véritable piège à pollution, capturant les particules fines présentes dans l’air. Au printemps, lorsque l’arbre renouvelle naturellement son écorce, ces fragments deviennent de précieux témoins scientifiques. Grâce à l’analyse de leurs propriétés magnétiques, il est possible de quantifier la pollution accumulée, en particulier celle liée au trafic routier.
Une enquête scientifique à l’échelle du territoire
Avec la campagne Ecorc’Air 2026, les citoyen·nes ne sont plus seulement exposé·es à la pollution : ils et elles deviennent acteurs et actrices de sa mesure.
Les objectifs sont multiples :
- Révéler l’invisible : produire une cartographie fine de la pollution de l’air, là où les capteurs traditionnels sont absents.
- Multiplier les données : chaque échantillon collecté enrichit la compréhension scientifique du territoire.
- Relier science et quotidien : montrer concrètement l’impact du trafic routier sur l’environnement immédiat.
Les résultats seront publiés en fin d’année sous la forme d’une carte interactive, accessible à toutes et tous.
Comment participer ?
C’est très simple : il suffit de prélever quelques morceaux d’écorce de platane au moment où ils se détachent naturellement (jusqu’à fin avril 2026), d’enregistrer l’échantillon via l’application PartiCollect, puis de l’envoyer ou de le déposer dans un point de collecte. Un protocole précis garantit la qualité scientifique des données. Les échantillons seront analysés par l’Université d’Anvers, sous la direction du Dr. Ir. Roeland Samson.

Au-delà de la mesure, ce projet illustre une évolution majeure de la recherche : une science plus ouverte, collaborative et ancrée dans la société. En transformant un geste simple en contribution scientifique, Ecorc’Air permet à chacun·e de mieux comprendre son environnement… et de participer à la construction de solutions face à un enjeu de santé publique majeur.
En Belgique, la science participative prend un nouvel essor : plus de 240 projets de science citoyenne mobilisent les citoyen·nes, dont l’implication dépasse largement la simple collecte de données. Chacun peut ainsi contribuer à produire des connaissances sur des enjeux qui touchent directement notre environnement et notre santé, rapprochant la recherche scientifique du quotidien de tous.