Inès Kalai - Faire campagne pour le parti, mais jouer ses cartes
espo | Louvain-la-Neuve, Mons
Inès Kalai
soutiendra publiquement sa dissertation
Faire campagne pour le parti, mais jouer ses cartes.
Enquête ethnographique d’une personnalisation “décentralisée” et “encadrée” du jeu électoral au sein du Parti Socialiste en Région Bruxelles-Capitale (scrutins communaux et régional 2018-2019)
pour l'obtention du grade de Doctorat en Information et communication
le mardi 13 janvier 2026 à 16h
au LECL 93
Thèse réalisée sous l’accord de cotutelle et de double diplôme entre l’UCLouvain et Aix-Marseille Université – Sciences Po Aix
Résumé
Cette thèse propose une étude « par le bas » de la personnalisation du jeu politique, à partir d’une enquête ethnographique menée auprès de candidat·es du Parti Socialiste bruxellois lors des campagnes communales de 2018 et régionales de 2019. Dans un système de scrutin de listes semi-ouvertes, les candidat·es doivent à la fois incarner le collectif partisan et se distinguer individuellement pour récolter des voix de préférence. Par ailleurs, dans un territoire bruxellois traversé par de nombreuses fractures sociales, économiques et culturelles, ces pratiques électorales ne peuvent être comprises qu’en contexte, à l’intersection des logiques institutionnelles, partisanes et territoriales.
Fondée sur une année d’observation participante, vingt-huit entretiens et la collecte de matériaux de campagne, cette recherche éclaire la fabrique ordinaire du travail de communication électorale. Elle montre que la personnalisation du jeu politique est un processus encadré et inégalement décentralisé : si le système électoral conduit théoriquement l’ensemble des candidat·es à mener des campagnes centrées sur leur personne, le parti demeure le principal organisateur de la compétition en interne, agissant comme un dispositif de médiation entre les contraintes structurelles du jeu électoral et les pratiques des candidat·es. Enfin, la personnalisation prend des formes diverses selon les trajectoires et les ressources dont disposent les candidat·es. À travers leurs pratiques de communication, ils et elles mobilisent de manière inégale des capitaux économiques, sociaux ou symboliques qui façonnent les formes que prend leur communication électorale.
En articulant ces niveaux institutionnel, organisationnel et individuel, cette thèse met en lumière deux énigmes transversales : d’une part, la manière dont la personnalisation reconfigure le rapport entre individu et collectif partisan ; d’autre part, comment cette fabrique à la fois collective et individuelle contribue à façonner la représentation politique à Bruxelles. Ce faisant, et au croisement des deux, la thèse contribue à tout à la fois aux sciences de l’information et de la communication et aux sciences politiques.
Membres du jury
Prof. Sandrine Roginsky (UCLouvain), co-promotrice de thèse et secrétaire du jury.
Prof. Philippe Aldrin (Science Po Aix), co-promoteur de thèse.
Prof. Olivier Servais (UCLouvain), président du jury.
Dr. Anaïs Théviot (Université Catholique de l’Ouest), évaluatrice externe.
Prof. Caroline Ollivier-Yaniv (Université Paris-Est Créteil), comité d’accompagnement.
Prof. Jean-Benoît Pilet (Université Libre de Bruxelles), comité d’accompagnement.
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