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Soutenance publique de thèse doctorale : Flore XHONNEUX

ther | Louvain-la-Neuve

ther
7 July 2026

Flore Xhonneux

 

Madame Flore XHONNEUX, présentera sa dissertation doctorale pour l’obtention du grade de doctorat en théologie et la soutiendra publiquement le mardi 8 septembre à 14h dans l’auditoire DESC 85, Grand-Place,45 à Louvain-la-Neuve.

 

 

Le jury est composé de MM. les professeur·es

  • Arnaud Join-Lambert, président
  • Henri Derroitte, promoteur
  • Olivier Riaudel, promoteur et secrétaire
  • Elisabeth Parmentier (UNIGE)
  • Guido Meyer (RWTH Aachen University)
  • Christoph Theobald (Facultés Loyola Paris)

Recherche épistémologique du statut de la théologie dans le cours de religion catholique en Fédération Wallonie-Bruxelles

À la lumière de l’œuvre de Karl Rahner et de la Jugendtheologie

Alors que près de 65 % des élèves scolarisés en Fédération Wallonie-Bruxelles suivent le cours de religion catholique, celui-ci se donne dans un contexte social particulièrement sécularisé. La structure de l’enseignement belge engendre un double système où le cours de religion catholique est à la fois optionnel dans le réseau officiel et obligatoire dans le réseau libre confessionnel catholique. Cette organisation favorise une diversité dans les classes au sein desquelles se retrouvent des élèves issus de traditions religieuses et convictionnelles variées. Le cours doit ainsi composer avec un caractère confessionnel fondateur et un public hétéroclite. Notre dissertation doctorale s’ancre dans ce contexte complexe et pose la question de la pratique de la théologie dans le cadre de l’enseignement religieux confessionnel dispensé dans un environnement multiconvictionnel et multiculturel. 

La première partie présente le système scolaire belge ainsi que le cours de religion catholique dans une approche historique et juridique. Cette étape clarifie les singularités de ce cours qui se donne à l’école, qui se revendique comme une discipline à part entière et qui demeure unique en raison de son caractère confessionnel. L’analyse du programme met en exergue plusieurs tensions qui parcourent le cours : un ancrage à la fois confessionnel et non confessionnel, des compétences disciplinaires qui s’enracinent dans des disciplines théologiques non nommées ainsi que l’articulation entre l’objectif de la construction de sens et la place de la tradition catholique et de la foi chrétienne qui se fondent sur une libre révélation donnée. Au terme de cette partie, un premier constat est établi : le programme du cours repose sur une indétermination épistémologique quant au statut de la théologie et de sa pratique. 

La deuxième partie est une quête épistémologique dont l’objectif est d’appréhender la théologie en tant que discipline scientifique, comprendre ses exigences pratiques et déterminer ses conditions de possibilité. Pour nous soutenir dans cette tâche, nous avons décidé de nous tourner vers l’œuvre de Karl Rahner. Nous commençons avec l’étude de son anthropologie, qui pense l’humain comme esprit historique et transcendance qui porte en lui cette capacité de se mettre à l’écoute et de s’emparer du mystère vers lequel il tend. Cette étape permet de se situer par rapport aux fondements anthropologiques de la théologie tout en soulignant certaines exigences inhérentes à sa pratique. Dans un second temps, nous revenons sur la distinction que Rahner établit entre la théologie du cœur et de l’esprit en analysant la relation entre théologie et existence, le rôle des théologien·nes, le morcellement de la théologie ainsi que le rapport de la théologie avec la philosophie et de manière plus générale, avec l’ensemble des autres sciences.

Forte des clarifications obtenues par cette recherche, la troisième partie étudie l’articulation entre la théologie et les adolescent·es par le biais spécifique de la Jugendtheologie, contraction entre « adolescence » et « théologie ». Ce concept développé dans le monde germanophone par des pédagogues et des théologien·nes spécialistes de la didactique de l’enseignement religieux s’efforce de penser une pratique de la théologie par, avec et pour des adolescent·es. La présentation historique et contextuelle de la Jugendtheologie met en avant la dynamique de cette discipline qui place les adolescent·es au centre des apprentissages, en les outillant pour qu’ils·elles puissent se saisir des questions et des thématiques théologiques. L’usage de la théologie dans le milieu scolaire est abordé par l’entremise des discussions théologiques avec des élèves ainsi que des exemples pédagogiques concrets. L’enseignement religieux hambourgeois, le Religionsunterricht für alle, est également examiné. Ce cours confessionnel commun à tous·tes les élèves comprend la théologie comme un ensemble de données, de connaissances et de pratiques qui permettent d’appréhender une religion. 

Au travers de ses trois parties complémentaires, cette dissertation démontre l’importance de réfléchir à la place de la théologie dans un enseignement religieux confessionnel en la nommant et en la mobilisant clairement. En s’efforçant de penser son statut épistémologique via l’anthropologie rahnérienne et les apports de la Jugendtheologie, des perspectives pour concevoir un cours de religion catholique qui aborde en toutes lettres l’exercice de la théologie se dessinent : envisager la pratique de la théologie comme une actualisation des analogies des concepts théologiques pour les rendre accessibles, mettre en place des discussions théologiques avec des adolescent·es dans le cadre du cours, articuler les disciplines théologiques et les compétences pédagogiques pour encadrer les méthodes. Ce travail élargit le champ des possibles en invitant à explorer de nouvelles voies didactiques où religion et théologie se distinguent et où les compétences théologiques sont embrassées de manière explicite.