SSH/ESPO Faculté des sciences économiques, sociales, politiques et de communication (ESPO)
SSH/ESPO/PSAD Ecole des Sciences politiques et sociales / Louvain School of Political and Social Sciences (PSAD)
SSH/SPLE Institut de sciences politiques Louvain-Europe (ISPOLE)
| Année | Libellé | Établissement |
|---|---|---|
| 2010 | Doctorat en sciences politiques et sociales | Université de Liège (Belgique) |
| 2007 | Master of Arts in Political science | Boston University (Etats-Unis) |
| 2005 | Licence en sciences politiques | Université de Liège (Belgique) |
Unités d'enseignement pour 2025
| Libellé | Code |
|---|---|
| Gouvernance multi-niveaux | LADPU2085 |
| Political Science | LESPO1114 |
| Séminaire pratique de recherche en sciences politiques | LPOLS1327 |
| Système politique et administratif de la Belgique | LSPOL1124 |
| Parcours et projet universitaire en sciences politiques | LSPOL1125 |
| Project 1: Preparing and Drafting a Report and a Policy Brief | LSPOL2405 |
| Seminar of democratic innovations and transformations | LSPRI2210 |
| Renfort mémoire - ESPO | LSSHE2000 |
Après une scolarité à Herve, Theux et Verviers, en province de Liège dans l’est de la Belgique, Min Reuchamps s’est envolé pour l’Afrique du Sud en 2000 pour une année de Rotary exchange student à Nelspruit, également dans l’est du pays. De ce séjour, il consolidera un intérêt croissant pour l’étude de la mise en place de la démocratie dans les sociétés divisées qui va durablement servir de fil conducteur à ses recherches. De retour en Belgique, cet intérêt le conduira naturellement vers l’étude des sciences politiques qu’il embrassera dans l’Université de sa province, Liège, pendant quatre années (deux candidatures et deux licences) ponctuées d’un échange Erasmus à Nimègue aux Pays-Bas qui lui ouvre le monde de la recherche anglo-saxonne en science politique. Une fois son mémoire, portant sur la parité linguistique au sein du conseil des ministres, défendu (et qui constituera en 2007 sa première publication scientifique dans la revue Res Publica), il entame un Master’s of Arts à Boston University, grâce à une bourse de la Belgian American Educational Foundation (B.A.E.F.) et de la Fondation Francqui. Pendant qu’il prépare les comprehensive exams du Master’s, il dépose un projet de thèse au Fonds de la Recherche Scientifique-FNRS pour étudier le fédéralisme en Belgique et au Canada.
Pendant les quatre années d’Aspirant FNRS dans son Alma Mater liégeoise, il passera du temps pour mieux comprendre ses terrains d’études : le Canada anglophone avec un séjour de recherche à l’Institute of Intergovernmental Relations de Queen’s University à Kingston, en Ontario, le Canada francophone et singulièrement le Québec à la Chaire de recherche du Canada en études électorales basée à l’Université de Montréal, et la Flandre avec un séjour de recherche au Departement Politieke Wetenschappen – Universiteit Antwerpen. Une même logique de sortir des murs de « son » université marquera son mandat post-doctoral de Chargé de recherches FNRS avec un triple séjour dans d’autres universités belges : au Centrum voor Politicologie de la Katholieke Universiteit Leuven, à la Chaire Hoover d’éthique économique et sociale – Université catholique de Louvain et au Vakgroep Politieke Wetenschappen de la Vrije Universiteit Brussel, avec un mandat de collaborateur scientifique postdoctoral intercommunautaire de la Fondation Francqui qui permettra de financer une recherche originale visant à coller plusieurs milliers « dessins de la Belgique » et qui inspirera d’autres recherches internationales. Deux événements marquent alors le tournant de sa carrière.
D’une part, il n’ira pas jusqu’au bout de son mandat post-doctoral de trois ans de Chargé de recherches FNRS car il est recruté dans sa deuxième année sur un poste académique en gouvernance multi-niveaux à la Faculté des sciences économiques, sociales, politique et de communication (ESPO) et à l’Institut de sciences politiques Louvain-Europe (ISPOLE) de l’UCLouvain. D’autre part, l’année précédente, en 2011, il s’engage avec un petit groupe qui va vite s’étendre dans une large initiative citoyenne : le G1000 visant à organiser un sommet citoyen rassemblant à Bruxelles des citoyennes et citoyens venant des quatre coins de la Belgique pour débattre des enjeux politiques importants pour son avenir. Dès le départ, il coordonne, avec Didier Caluwaerts, la cellule méthodologie et de recherche du G1000 et de là va se développer un véritable programme de recherche avec la collecte de nombreuses données inédites qui mènera à la rédaction de plusieurs articles scientifiques dans des revues internationales et surtout d’une monographie intitulée The Legitimacy of Citizen-led Deliberative Democracy: The G1000 in Belgium (Routledge, 2018). En une dizaine d’années, ces travaux lui permettent de devenir un spécialiste des processus participatifs et délibératifs, en Belgique et à l’étranger.
En Belgique, il a participé à la conception du Dialogue citoyen permanent du Parlement de Communauté germanophone et des Commissions délibératives réunissant des parlementaires et des personnes tirées au sort pour les Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, Parlement francophone bruxellois et Parlement wallon ainsi qu’au niveau fédéral à plusieurs initiatives de participation citoyenne. En France, il était un des quatre membres du Collège des garants de la Convention citoyenne sur la fin de vie. Il a aussi accompagné des dispositifs importants au Royaume-Uni dont une assemblée citoyenne organisée par le parlement écossais, au Luxembourg ou encore au Monténégro ainsi qu’au niveau européen. En 2019, un séjour de recherche à la School of Politics & International Relations de l’Australian National University lui a permis de se forger une vision globale des recherches sur les innovations et transformations démocratiques qui ont conduit à la publication de deux ouvrages de référence : De Gruyter Handbook of Citizens’ Assemblies (édité avec Julien Vrydagh et Yanina Welp, De Gruyter, 2023) et Deliberative Constitution-making: Opportunities and Challenges(édité avec Yanina Welp, Routledge, 2024). En parallèle, il est resté un observateur attentif des élections et des stystèmes électoraux de la Belgique, en particulier via l’ouvrage co-édité avec le juriste Frédéric Bouhon Les systèmes électoraux de la Belgique (Bruylant, 2012 ; Larcier, 2018 ; Larcier-Intersentia, 2024). Ces différentes recherches l’ont conduit a initié et coordonné, de 2018 à 2022, l’Action COST Constitution-making and deliberative democracy (CA17135) qui, avec des membres de plus de 40 pays était une des plus grandes Action COST. Depuis 2022, il a été désigné pour représenter la Belgique au COST Scientific Committee.
En collaboration avec le linguiste Julien Perrez, ils ont initié un vaste programme de recherche associant linguistes et politologues pour étudier les discours politiques en Belgique et en particulier la production, la réception et la circulation des métaphores, dans le temps et en fonction des langues et des régions. Outre plusieurs articles dans des revues internationales, ils ont publié un numéro spécial pour le journal Metaphors in the social world (2015) et, avec Paul Thibodeau, un ouvrage collectif, Variation in political metaphors (John Benjamins, 2019), réunissant des contributions venant de nombreux pays. Au croisement des sciences politiques, du langage et de la communication, avec Barbara De Cock, Philippe Hambye et Sandrine Roginsky, il coordonne l’Action de recherche concertée (ARC) intitulée TrUMPo, Discourse, populism and democracy - Tracking the uses of populism in media and political discourse, financée par l’UCLouvain (2020-2026). Leur équipe interdisciplinaire est devenue un pôle de référence dans l’étude des discours politiques.
Ces recherches irriguent ses enseignements qu’il dispense à des étudiant·es en sciences politiques, mais pas seulement, du premier Bachelier à des Certificats universitaires de formation continue. Dans sa pratique enseignante, il vise à repenser les façons d’enseigner (et d’apprendre), ce qui a trouvé un écho pendant quatre années en tant qu’Academic chair pour le Circle U. Teaching and Innovations Lab dans le cadre de l’alliance universitaire européenne dont l’UCLouvain est un membre fondateur. À ce jour, il a participé à la réalisation de deux cours en ligne, disponibles gratuitement et partout dans le monde, dont le MOOC « Découvrir la science politique » (Louv3x). Ce cours est un des finalistes du first-ever edX Prize for Exceptional Contributions in Online Teaching and Learning. Avec une équipe interdisciplinaire, il a développé le MOOC « Pratiquer la méthode de recherche en sciences humaines et sociales » (Louv23x) à destination du grand public.
En toile de fond de ses activités de recherche et d’enseignement, Min Reuchamps entend aussi que les académiques s’impliquent dans la gestion de l’Université. Depuis son engagement à l’UCLouvain, il a ainsi été Président de jury en Bacheliers, Responsable de Masters et actuellement il est le Président de l’École des sciences politiques et sociales (PSAD).