Mieux déceler l’apparition de la maladie d’Alzheimer grâce aux biomarqueurs sanguins
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La maladie d’Alzheimer est la maladie neurodégénérative la plus fréquente et demeure un enjeu de santé publique majeur, avec un impact croissant sur les patients, leurs familles et l’ensemble de notre système de soins. Son diagnostic reste souvent tardif et repose sur des méthodes coûteuses et invasives, telles que l’imagerie cérébrale ou la ponction lombaire.
Ces dernières années, la recherche en neurosciences menée à l’Institut de Neuroscience (IoNS) a fait des avancées scientifiques majeures, aidée notamment par la campagne neurosciences menée en 2014 par la Fondation Louvain. Les fonds levés ont donné à nos chercheurs les moyens d’explorer de de nouvelles pistes dans la détection plus précoce de la maladie d’Alzheimer.
Une collaboration entre recherche fondamentale et pratique clinique
Les équipes des professeurs Pascal Kienlen-Campard (Aging and Dementia Lab) et Bernard Hanseeuw (Louvain Aging Brain Lab) de l’Institute of Neuroscience (IoNS) ont joint leurs efforts afin de dépister et de caractériser la progression de biomarqueurs dans la population âgée à risque de maladie d’Alzheimer. Leurs travaux ont établi des protocoles standardisés qui permettent un dosage précis des biomarqueurs Aβ et pTau dans le sang. Leur analyse permet notamment d’identifier dans la population des individus développant des lésions caractéristiques de la maladie sans présenter encore de symptômes. Ces outils permettant d’identifier des malades asymptomatiques dans une population vieillissante sont une avancée majeure vers une médecine de précision.
Vers un diagnostic plus précoce
L’émergence des biomarqueurs sanguins ouvre une voie révolutionnaire : celle d’un diagnostic non seulement plus précoce mais aussi plus accessible et équitable. Ces biomarqueurs reflètent directement les processus pathologiques caractéristiques de la maladie : accumulation de peptides β-amyloïdes (Aβ), altérations de la protéine tau (pTau) et neurodégénérescence dont l’apparition et la progression est fortement associée aux symptômes.
Ces biomarqueurs sanguins représentent une avancée majeure en médecine prédictive. Ils permettent de détecter des altérations biologiques avant l’apparition des symptômes, rendant possible l’identification des patients à risque dès les stades précliniques. Faciles d’accès grâce à une prise de sang peu invasive, rapide et peu coûteuse, ils constituent un outil de dépistage large et accessible.
Ils facilitent également l’orientation diagnostique en conduisant à des examens complémentaires mieux ciblés, évitant ainsi des procédures lourdes pour les patients à faible risque. Utilisés régulièrement, ils permettent de suivre l’évolution de la maladie et d’évaluer l’efficacité des traitements en cours. Enfin, leur analyse offre un aperçu direct des mécanismes de la maladie, contribuant à la recherche et au développement de nouvelles approches thérapeutiques.
Les résultats obtenus sur les biomarqueurs sanguins offrent aussi un outil puissant pour sélectionner les patients dans les essais cliniques, accélérer le développement de traitements innovants et mieux comprendre les mécanismes précoces de la maladie. Leur démocratisation (accessibilité, coût modéré) représente également un levier pour réduire les inégalités d’accès au diagnostic.