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Voyage à travers les livres japonais

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La donation japonaise des Bibliothèques de l’UCLouvain

 

Entre 1924 et 1926, une collection de livres est donnée par le Japon à la Belgique. Comptant plus de 3.200 titres et près de 14.000 volumes, celle-ci est alors présentée comme l’une des plus belles hors du Japon. Ce don devait symboliser l’amitié entre les deux pays, après l’incendie de la bibliothèque de Louvain durant la Première Guerre mondiale.

En effet, durant la nuit du 25 au 26 août 1914, 250.000 volumes, comprenant plusieurs centaines de manuscrits et d’incunables, périssent dans les flammes. Dès 1915, un mouvement est initié à l’échelle internationale pour reconstruire et recomposer les collections de l’Université de Louvain. Le Japon est l’un des premiers pays à s’engager.

Visite des ruines de la bibliothèque de Louvain par le prince régent Hiro-Hito, le 20 juin 1921 (Service des Archives, UCLouvain)

Le chef de la délégation japonaise à la Conférence de Versailles (1919) lance le projet de constituer un Comité national au Japon et, en 1920, se pose la question de la nature de l’aide à apporter. Le choix se fixe sur le don de livres, avec l’idée que celui-ci contribuera à favoriser la connaissance de la culture japonaise en Europe. En juin 1921, le prince régent Hiro-Hito (futur Empereur du Japon) se rend en Belgique pour une visite officielle. À cette occasion, il visite les ruines de la bibliothèque en compagnie du cardinal Mercier, alors Recteur de l’Université. Cette visite donne une réelle impulsion au travail du Comité japonais. Dans tout l’archipel nippon, un appel aux dons est lancé auprès des écoles, des institutions scientifiques, des bibliothèques et des particuliers. Parallèlement, un groupe est nommé pour assurer le travail de sélection et de classification des œuvres récoltées.

Un tremblement de terre, qui survient en septembre 1923 dans la région du Kanto, freine toutefois brutalement l’activité du Comité japonais. Le séisme cause la destruction de la bibliothèque universitaire impériale de Tokyo et de plusieurs millions de livres. En dépit de ce désastre et de la difficulté qui en résulte de trouver des livres anciens, le Comité poursuit son travail. Les recherches sont poussées jusque dans les régions de Kyoto, Osaka et Nara. Un soutien financier est apporté par les plus grandes familles de l’aristocratie japonaise et par la banque du Japon pour l’achat de livres.

La donation japonaise à la Réserve précieuse des bibliothèques de l’UCLouvain

En 1924, l’ensemble des livres collectés est exposé dans la salle de l’Académie des arts de Tokyo. Entre août 1924 et août 1926, six cargaisons sont envoyées à Louvain.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la bibliothèque de l’Université de Louvain est à nouveau dévastée. Miraculeusement, les deux salles où est conservée la donation japonaise ne sont pas touchées.
En 1970-1971, l’Université catholique de Louvain est scindée en deux universités, l’une néerlandophone, l’autre francophone. Les fonds de la bibliothèque sont partagés entre la KUL de Louvain et l’UCL de Louvain-la-Neuve. La totalité des livres de la donation japonaise est alors transférée à Louvain-la-Neuve.
Le Japon a souhaité offrir une collection de livres qui constituerait une vitrine de la culture japonaise classique en Occident. Un travail important a été réalisé pour relier, conditionner et cataloguer les documents. Le catalogue sur fiches, divisés en 26 rubriques, témoigne de la pluridisciplinarité du fonds (arts, spiritualité, littérature, histoire, éducation, architecture, droit, sciences naturelles, médecine, etc.).

Kinjō Tennō go-sokui-reu emaki et Kinjō Tennō daijōsai emaki (UCLouvain – Libraries Heritage collections, Japanese donation | © Aurore Delsoir, photographe)

La collection permet d’étudier l’histoire du livre japonais depuis le XIIe siècle jusqu’aux années 1920. S’y trouvent en effet tant des manuscrits que des ouvrages imprimés (selon les procédés xylographiques et typographiques), des rouleaux et des livres reliés (cousus ou pliés).
La collection donne encore à observer l’évolution de l’écriture et des arts visuels.


Japan Mirai Fund

 

Pour mettre en lumière la donation japonaise, l’UCLouvain s’est fixée pour objectifs de rendre les 13.682 volumes qui la compose numériquement accessibles et d’accroître la visibilité de ce patrimoine exceptionnel en organisant régulièrement des événements, afin de sensibiliser la communauté universitaire et le grand public à la culture et à l'histoire japonaises. 
À cet effet, un fonds spécifique – le Japan Mirai Fund – a été créé et permet de développer une série de projets. La valorisation de la donation japonaise s’inscrit également dans la campagne Impetus 600, lancée à l’occasion du 600ème anniversaire de l’UCLouvain.   Ouvrir une nouvelle page de la donation japonaise