Un article récent de Michel Biron (2022) soulève la question du « devenir-belge » de la littérature québécoise. Cette expression renverrait à un champ littéraire s’agençant comme « un simple espace de production très peu défini, ouvert à toutes sortes de significations, d’influences et de sensibilités ». Biron, dont la synthèse est surtout consacrée à la production d’avant le vingt-et-unième siècle, évoque l’amorce, dans les années 1980 et 1990, d’un déplacement identitaire et d’une inscription de la diversité dans les deux corpus. Afin d’enrichir les perspectives comparées sur les littératures belge et québécoise et d’aller au-delà de l’approche sociologique et des considérations institutionnelles qui ont dominé dans les travaux qui leur ont été précédemment consacrés, nous proposons d’explorer, dans le cadre de cette journée d’étude, certaines tendances nouvelles propres à la production contemporaine (2010-2025) : quelles influences et sensibilités particulières, quelles configurations et glissements, thématiques et/ou formels, ressortent sur cette période ?
La démarche proposée se veut foncièrement inductive, suivant une logique du coup de sonde au sein de la variété des écritures en présence. Il s’agirait d’une première exploration croisée de ce corpus très récent, que nous souhaitons ouverte aux nouvelles perspectives et exempte de toute velléité de synthèse. Il n’est absolument pas question de proposer un bilan (nécessairement restrictif) ou de grandes hypothèses généralisantes, mais plutôt de faire émerger, à partir d’études de cas et des discussions qui en découleront, d’éventuels points de connexion. Par la plongée dans certaines œuvres ou projets littéraires, il s’agit, autrement dit, d’identifier des formes, des thèmes, des figures, etc., qui semblent apporter un éclairage singulier sur l’un ou l’autre corpus et, peut-être, suggérer des croisements inédits et féconds – voire des convergences – propres à ces deux territoires de la francophonie du Nord aux nombreuses accointances.
Concomitamment à la tenue de la journée d’étude, aura lieu la veille (le 9 mars), à Bruxelles, un évènement organisé à la Maison Poème qui donnera à entendre certaines voix, imaginaires et avenues de création portées par des auteur·rices québécois·es. Intitulé Résonances québécoises et ouvert à tous·tes, il constitue le moment inaugural de la manifestation scientifique organisée à l’UCLouvain. Inscription gratuite mais obligatoire via le lien suivant : https://maisonpoeme.be/evenement/2026-resonances-quebecoises/ »
Organisateur·ices
Corentin Lahouste (FNRS – UCLouvain/Musée royal de Mariemont) & Sophie Marcotte (U. Concordia)