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Agriculture : en Belgique, la culture en terrasses pourrait avoir des effets bénéfiques sur le climat

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18 March 2026

Une étude internationale menée notamment à l’UCLouvain met en lumière le rôle des terrasses agricoles – ces cultures en « marches » aménagées sur les pentes – dans le stockage du carbone. Mais leurs effets sur le climat ne sont pas uniformes : ils dépendent étroitement des conditions environnementales locales.

Menée entre autres par Pengzhi Zhao et Kristof Van Oost du Earth and Life Institute de l’UCLouvain, l’étude a comparé différents paysages agricoles à travers l’Europe. Les résultats montrent que dans les régions comme la Belgique, les terrasses favorisent le stockage de carbone dans les sols sur le long terme. Si leur construction entraîne d’abord une perturbation et une perte de carbone, la croissance des plantes permet ensuite de compenser progressivement ces pertes, avec une stabilisation durable de cet élément dans les sols.

« Dans des régions au climat relativement humide comme la Belgique, les terrasses ont le plus souvent un effet positif sur les sols et peuvent agir comme de véritables puits de carbone, tout en apportant d’autres bénéfices : elles limitent l’érosion, retiennent l’eau et améliorent les conditions de culture sur les terrains en pente.

À l’inverse, dans les régions plus sèches ou semi-arides, les résultats sont plus contrastés. La végétation y est moins productive et les sols stabilisent moins efficacement le carbone, ce qui empêche de compenser les pertes liées à la construction des terrasses. Les bénéfices climatiques y sont donc incertains, voire limités.

Kristof Van Oost, responsable de ce projet financé par une bourse ERC, souligne que les études sur l’impact des terrasses sur le carbone des sols donnaient jusqu’ici des résultats contradictoires : « Ce travail permet de lever ce paradoxe en montrant que le climat joue un rôle clé : il détermine l’équilibre entre la perturbation des sols liée aux terrasses et la capacité à y stabiliser le carbone. »

Les terrasses agricoles ne constituent donc pas une solution universelle au changement climatique. Leur efficacité dépend du climat, des sols et des caractéristiques des paysages. D’où l’importance d’adapter les pratiques agricoles aux réalités locales.

À cette fin, l’équipe travaille désormais au développement d’un outil de cartographie du potentiel de stockage de carbone lié aux terrasses. À terme, cet outil pourrait aider les agriculteur·ices et les pouvoirs publics à identifier les zones où ces aménagements seraient les plus pertinents et à orienter les stratégies de gestion des terres.

Lien vers l’article publié dans Science Advances

Photo :
Paysage agricole près de Fouron-Saint-Martin en Belgique : les terrasses se sont formées sous l’effet d’un labour de longue durée, de l’érosion et du dépôt de sédiments vers l’aval, ce qui a produit des formes en marches délimitées par des talus végétalisés. Ce type de terrasses, couramment appelé lynchets, constitue un élément caractéristique de nombreux paysages agricoles tempérés en Europe.