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La gravité, bien ancrée dans notre cerveau !

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12 June 2026 , modifié le 15 June 2026

Même après des mois dans l’espace, notre cerveau continue d’anticiper la gravité terrestre. Ces résultats publiés dans The Journal of Neuroscience permettent de mieux comprendre le contrôle des mouvements humains mais aussi d’ouvrir des perspectives en rééducation neurologique, robotique et dans la conception de prothèses intelligentes.

L’être humain passe sa vie à manipuler des objets dans un environnement où la gravité est omniprésente. Mais que se passe-t-il lorsque cette gravité disparaît ? Une étude menée par l’équipe de Philippe Lefèvre (EPL, ICTEAM, IoNS), publiée dans The Journal of Neuroscience, apporte un nouvel éclairage sur la manière dont le cerveau humain adapte ses mouvements en situation d’impesanteur.

En analysant les gestes d’astronautes à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS), les chercheurs ont montré que le cerveau continue, même après plusieurs mois dans l’espace, à anticiper les effets de la gravité terrestre. Résultat : les astronautes ont tendance à serrer les objets plus fort que nécessaire lorsqu’ils les manipulent en impesanteur, comme si leur cerveau “s’attendait” encore à ce qu’ils tombent.

L’étude révèle également que le cerveau ne prend pas seulement en compte le risque qu’un objet glisse des mains, mais aussi les conséquences potentielles d’un tel accident. Plus un objet est lourd ou déplacé rapidement, plus le cerveau adapte automatiquement la force de préhension pour éviter une erreur.

Au retour sur Terre, les astronautes doivent ensuite réapprendre progressivement à ajuster correctement leurs mouvements et leurs prédictions motrices. Ces travaux montrent ainsi que notre cerveau conserve durablement l’empreinte de la gravité terrestre.

Au-delà du contexte spatial, ces résultats ouvrent des perspectives pour mieux comprendre le contrôle des mouvements humains et pourraient contribuer au développement de nouvelles approches en rééducation neurologique, en robotique ou encore dans la conception de prothèses intelligentes.

Découvrez l’interview de Thomas Pesquet, l’un des 11 astronautes ayant testé l’équipement de l’UCLouvain dans la Station spatiale internationale
A propos

Philippe Lefèvre est Professeur à l’Ecole polytechnique de Louvain et mène ses recherches au sein des Instituts Institute for Information and Communication Technologies, Electronics and Applied Mathematics (ICTEAM) et Institute Of Neuroscience (IoNS).

Autres études de l’équipe de Philippe Lefèvre : Manipuler des objets dans l’espace pour améliorer la revalidation après un avc

© NASA