Humus, un projet citoyen pour découvrir de nouveaux antibiotiques
fondlouv |
Découvrir de nouvelles molécules antibiotiques à partir de la
biodiversité des sols, grâce à des collectes dans toute la Belgique basées sur la participation citoyenne.
Les enjeux
La résistance aux antibiotiques est un problème de santé publique majeur : sans nouvelles solutions thérapeutiques, les infections bactériennes pourraient devenir plus meurtrières que le cancer dans les deux prochaines décennies. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime en effet que d’ici 2050 l’antibiorésistance pourrait entraîner jusqu’à 10 millions de décès par an. Cette situation s’explique en grande partie par l’insuffisance de nouvelles découvertes. Depuis plusieurs décennies, très peu d’antibiotiques innovants ont vu le jour, ce qui limite notre capacité à contrer l’émergence de souches multi-résistantes. Or la biodiversité microbienne des sols est un réservoir de potentialités encore peu exploité. Les sols regorgent de bactéries, champignons et micro-organismes susceptibles de produire des composés bioactifs d’intérêt thérapeutique.
10 millions de décès par an à cause de l’antibiorésistance d’ici 2050.
Objectifs
Le projet Humus ambitionne de découvrir de nouvelles molécules antibiotiques à partir de la biodiversité des sols belges. En se basant sur la participation citoyenne pour collecter des milliers d’échantillons de sols, il s’attache aussi à éduquer et sensibiliser la société civile à l’antibiorésistance et à l’importance de la recherche scientifique, tout en contribuant à réduire le fossé qui peut se creuser parfois entre les chercheurs et les citoyens.
Humus s’inscrit dans une dynamique de science ouverte, participative et tournée vers l’intérêt commun. Cette collection d’échantillons sera pérennisée au sein d’une bibliothèque unique, à haute valeur ajoutée, accessible à tous les chercheurs et chercheuses de l’UCLouvain et qui pourra nourrir de nombreux de projets mais aussi favoriser des partenariats académiques et industriels. De plus, elle devra permettre la recherche de nouveaux antibiotiques.
Mise en œuvre
Au sein de l'Institut de Duve, le Collet Lab rassemble une équipe internationale d’une quinzaine de chercheuses et chercheurs, dirigée par le professeur Jean-François Collet. Le laboratoire fait partie, depuis dix ans, de consortiums européens pour contribuer à la recherche de nouveaux antibiotiques. Inspiré par le projet australien Soils for Science et bénéficiant de ses conseils et bonnes pratiques, Humus sera déployé progressivement sur 9 ans en suivant 4 axes.
« Si tout se passe bien, d’ici 2030, nous aurons une bibliothèque de milliers de composés dans lesquels on pourra chercher des propriétés antibiotiques, mais aussi des anticancéreux ou des antifongiques. Les retombées seront très concrètes. Il suffit d’un ou deux composés pour avoir un impact et arriver, in fine, à un nouveau médicament », précise le Pʳ Jean-François Collet, co-directeur de l’Institut de Duve et porteur du projet Humus.
Le budget recherché
La première phase de lancement du projet nécessite un budget total de 310 000 €. Ce financement permettra de concevoir les premiers kits d’échantillonnage des sols, de développer l’application mobile et le site web, d’assurer la gestion scientifique et opérationnelle du projet, en couvrant les frais de laboratoire, de communication et de mobilisation citoyenne indispensables à son bon déploiement. Il reste 260 000 € à réunir afin de pouvoir lancer cette première phase.