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Une avancée prometteuse pour la santé des femmes

sc | Louvain-la-Neuve

sc
14 April 2026

Laura Symul

Au cœur de ces recherches : la vaginose bactérienne

La santé des femmes est au cœur de recherches scientifiques majeures, encore trop peu explorées. À l’UCLouvain, Laura Symul, professeure adjointe en biostatistique appliquée à l’ISBA, contribue activement à faire progresser les connaissances dans ce domaine, en combinant expertise statistique et enjeux de santé publique.

 Un parcours international au service de la recherche

Nommée professeure adjointe à l’UCLouvain en septembre 2023, Laura Symul a auparavant effectué un postdoctorat à l’Université de Stanford, au sein du département de statistique.

Ses recherches se situent à l’intersection de la statistique et de la santé, avec un intérêt particulier pour la santé des femmes, le microbiote vaginal et la santé menstruelle. Elle développe des méthodes statistiques avancées permettant d’analyser des données complexes cliniques, microbiologiques ou encore issues d’applications numériques  afin de mieux comprendre les dynamiques biologiques et prédire des résultats en matière de santé.

Les travaux de Laura Symul s’inscrivent dans des collaborations internationales d’envergure. Elle a notamment participé à une étude menée dans le cadre du Vaginal Microbiome Research Consortium, réunissant des équipes issues d’institutions prestigieuses telles que Harvard, l’University of Maryland ou encore des centres de recherche en Afrique du Sud.

La vaginose bactérienne : un enjeu de santé publique majeur

Au cœur de ces recherches : la vaginose bactérienne, une perturbation du microbiome vaginal qui touche près de 30 % des femmes dans le monde.

Cette condition peut entraîner des symptômes inconfortables (pertes, odeurs, irritations), mais aussi des complications plus graves comme un risque accru d’accouchement prématuré, d’infertilité ou encore d’infections.

Si les antibiotiques permettent de soulager les symptômes à court terme, ils ne constituent pas une solution durable : jusqu’à 60 % des femmes connaissent une récidive dans les six mois, notamment en raison de l’appauvrissement de la flore bactérienne protectrice.

Face à ce constat, une équipe internationale de scientifiques a exploré une approche innovante : “réensemencer” le microbiome vaginal avec des bactéries bénéfiques.

Dans le cadre de l’essai clinique VIBRANT, mené auprès de 90 participantes, un traitement combinant antibiotiques et probiotiques a été testé sur une période de 7 jours.

Les résultats sont prometteurs :

  • 66 % des participantes présentaient des bactéries protectrices dès les premières semaines
  • Une partie d’entre elles conservaient ces bénéfices jusqu’à 12 semaines

Cette avancée démontre qu’un traitement probiotique court peut contribuer à réduire les risques de récidive, en renforçant naturellement l’équilibre du microbiome vaginal.

Dans cette étude, Laura Symul a joué un rôle essentiel en coordonnant :

  • l’intégration des données cliniques et microbiologiques
  • le contrôle de la qualité des données
  • l’application de modèles biostatistiques avancés

Son travail a permis de consolider des résultats robustes, publiés dans la revue scientifique de référence Cell Host & Microbe.

Au-delà des perspectives cliniques, cette recherche ouvre la voie à une meilleure compréhension des mécanismes fondamentaux du microbiome vaginal, un domaine encore largement sous-étudié.

Ces avancées pourraient, à terme, contribuer à développer des traitements plus efficaces, durables et adaptés aux besoins des femmes.