Soutenance publique de thèse doctorale : Matthieu BOBIN
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08 Jan
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Monsieur Matthieu BOBIN, présentera sa dissertation doctorale pour l’obtention du grade de doctorat en théologie et la soutiendra publiquement le jeudi 8 janvier 2026 à 10h dans l’auditoire MDL 02, Voie du Roman Pays 3/a, à Louvain-la-Neuve.
Le jury est composé de MM. les professeurs
B. Bourgine, président
M. Richelle, promoteur
J.-M. Auwers, co-promoteur
J.-P.Sonnet,
F. Mies, correctrice extérieure (UNamur)
P. Pouchelle, correcteur extérieur (Facultés Loyola, Paris)
Les ambiguïtés du Cantique des cantiques : des procédés poétiques nombreux pour un sens littéral multiple
Un état de l’art sur nos connaissances générales à propos du Cantique permet de faire le même constat que beaucoup de chercheurs : il n’existe d’accord ni sur la date, ni sur le lieu d’origine, ni sur l’identité de l’auteur, ni sur les finalités du texte, ni sur l’unité, ni sur la composition, ni sur l’histoire textuelle, ni sur le genre littéraire, ni sur le contexte littéraire dans lequel et pour lequel il aurait pu être écrit. En d’autres termes, les interrogations à l’égard du Cantique sont autrement plus nombreuses que les certitudes. L’un des textes bibliques les plus commentés reste donc aussi l’un des plus mystérieux.
Une telle résistance étonne. Elle interroge. Le manque de certitudes et la variété des interprétations sont-ils vraiment dus à un déficit de connaissances de la part du lecteur moderne ? Et si le fait de déjouer les attendus était une stratégie du poème ? Et si le fait de perdre le lecteur dans le labyrinthe des sens était l’une des raisons d’être de cette écriture opaque et splendide ? Nous pourrions nous trouver devant une donnée capitale, devant un élément central à partir duquel réélaborer notre perception.
Un certain nombre d’exégètes se sont déjà rendus attentifs à la complexité et à la richesse littéraire du poème. Il semble même qu’ils soient de plus en plus nombreux à formaliser cette donnée. Aiguillonné par leurs trouvailles, nous avons pu creuser plus loin la terre du texte, et repérer plusieurs strates, non pas diachroniques mais synchroniques. En effet, bien des mots du Cantique peuvent avoir plusieurs sens, bien des expressions peuvent être comprises de différentes manières, chacune de ces interprétations apparaissant valable et pertinente dans le contexte littéraire immédiat. Au lieu de choisir un sens au détriment des autres, ne faudrait-il pas envisager que le modèle poétique au fondement de l’écriture du texte soit celui de la pluralité ?
Pour rendre raison de cette hypothèse et la fonder sur le plan littéraire, un procédé rhétorique a peu à peu émergé pour finalement s’imposer : le « jeu de mots » ou encore l’« ambiguïté ».
Nouvelle difficulté. En consultant les exégètes qui s’intéressent explicitement aux ambiguïtés littéraires considérées comme procédé poétique intentionnel, nous avons pu constater que nous manquons encore de synthèses en ce domaine. Il a donc été nécessaire d’élaborer notre propre typologie en distinguant divers éléments : les ambiguïtés liées aux sons, celles liées aux sens, d’autres à la syntaxe, aux métaphores, à la narration, à la composition, à la locution, ou même au genre littéraire.
L’application de cette méthodologie a donné des résultats surprenants.
Et l’interprétation de ces résultats pourrait suggérer un renouvellement du regard herméneutique : et si les complexités du Cantique n’étaient pas une « difficulté » mais un jeu poétique aussi puissant que savoureux ?
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Thursday, 08 January 2026, 10h00Thursday, 08 January 2026, 14h00