Nadège Zanou : de l’UCLouvain à Lausanne : une recherche au service des patients
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Comprendre le muscle pour améliorer la vie des patient·es.
Médecin de formation, chercheuse en sciences biomédicales et enseignante passionnée, Nadège Zanou incarne une recherche ancrée dans le réel, au plus près des patient·es. Aujourd’hui responsable de recherche et chargée de cours à l’Université de Lausanne, elle enseigne la biochimie de l’exercice et l’activité physique appliquée aux maladies métaboliques. Son quotidien se partage entre enseignement, encadrement d’étudiant·es, responsabilités institutionnelles et recherche scientifique de pointe.
Sa spécialité : comprendre comment le muscle squelettique s’adapte à l’activité physique et aux maladies musculaires, afin de développer, à terme, des programmes d’activité physique adaptés aux patient·es souffrant de myopathies.
Ma recherche est majoritairement translationnelle. C’est un pont essentiel entre la recherche fondamentale et la recherche clinique : l’objectif est que les découvertes faites au laboratoire puissent, le plus rapidement possible, améliorer concrètement la prise en charge des patient·es.
Cette proximité avec les personnes concernées est au cœur de son engagement scientifique. Audiences auprès de familles, échanges avec les patient·es, reconnaissance du terrain : autant de sources d’énergie qui nourrissent son travail au quotidien.
L’UCLouvain, un socle fondateur
Originaire du Bénin, Nadège Zanou arrive à l’UCLouvain en 2007. Elle y suit un master, puis un doctorat en sciences biomédicales et pharmaceutiques, qu’elle achève en 2012. Dès son arrivée, elle se passionne pour le muscle squelettique et les maladies musculaires, notamment la dystrophie musculaire de Duchenne, qui fera partie intégrante de sa thèse.
J’avais soif de recherche fondamentale depuis mes études de médecine. L’UCLouvain m’a offert un cadre exceptionnel pour nourrir cette passion, avec une vraie liberté intellectuelle.
Son parcours doctoral est marqué par un encadrement déterminant : celui de Philippe Gailly, professeur de physiologie.
Son savoir scientifique, son esprit critique et son humanité ont été décisifs. Sa force était d’aborder des questions liées au muscle mais aussi au reste du corps, de ne jamais cloisonner les disciplines. Cette atmosphère scientifique intégrative a forgé mon ouverture d'esprit et enrichi mes connaissances en sciences de la vie.
La défense de sa thèse reste un souvenir marquant : un moment d’échange intense avec des expert·es passionné·es, où elle prend conscience de l’impact de son travail.
Ce jour-là, j’ai compris que nous avions, ensemble, produit quelque chose de solide et utile.
Trouver sa place, loin de chez soi
Comme beaucoup de chercheur·ses internationa.ux. les, Nadège Zanou a traversé des périodes de doute. Être loin de son pays d’origine, devoir sans cesse prouver sa légitimité : une réalité parfois pesante.
Il y a eu des moments de syndrome de l’imposteur, clairement. Mais cela m’a forgée. Cela m’a poussée à m’accrocher, à valoriser mon parcours et à continuer dans la recherche fondamentale et translationnelle.
Aujourd’hui, son activité scientifique a été reconnue à plusieurs reprises, notamment par un prix de l’Académie royale de médecine de Belgique et une invitation à rédiger un chapitre de livre dans l’Encyclopédie médico-chirurgicale, une référence dans le domaine médical. Mais l’impact qu’elle revendique avant tout est humain et sociétal.
Si je peux donner envie à des jeunes de se lancer dans ce métier, transmettre et inspirer, alors j’ai le sentiment d’être à ma place.
Manager, transmettre, inspirer
Entre toutes ses responsabilités, Nadège Zanou souligne l’importance croissante de la dimension managériale dans la recherche contemporaine.
Mon plus grand accomplissement est sans doute d’avoir appris à m’adapter aux autres tout en restant moi-même. Développer l’intelligence émotionnelle au sein des équipes, désamorcer les conflits, c’est essentiel, surtout dans des environnements très multiculturels et interdisciplinaires.
À celles et ceux qui souhaitent s’engager dans la recherche médicale, elle conseille de s’informer rapidement sur les réalités du métier, de trouver un mentor et de ne jamais abandonner si la passion est là.
La rigueur, le goût du travail bien fait… et le lâcher-prise. Il faut prendre plaisir dans ce que l’on fait. La recherche n’est pas toujours un long fleuve tranquille, alors autant faire des choses sérieuses sans se prendre trop au sérieux.
Alumni, un lien qui fait sens
Faire partie de la communauté Alumni de l’UCLouvain reste, pour elle, une évidence.
L’UCLouvain est le socle qui a permis mon parcours. Rester en lien, c’est aussi une façon de renvoyer l’ascenseur.
Toujours attachée à l’UCLouvain, elle entretient un lien actif avec la communauté Alumni. Ambassadrice du Chapter Alumni UCLouvain en Suisse (aux côtés de Monsieur Jahi Kadriu), elle contribue activement à faire vivre ce réseau à l’international, notamment en accueillant des étudiant·es en mobilité dans son laboratoire à Lausanne et en transmettant ses connaissances au Bénin.
Sans le savoir, l’UCLouvain est devenue une partie de mon identité. La recherche translationnelle a changé la trajectoire de ma vie. Aujourd’hui, je suis heureuse, à ma place, et animée par l’envie de rendre ce que j’ai reçu.