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Informatique quantique : une révolution pour nos données !

sc | Louvain-la-Neuve

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20 January 2026, modifié le 22 January 2026

Informatique quantique : vers la fin du secret numérique ?

Nos e-mails, nos données bancaires ou encore les secrets de défense pourraient-ils un jour devenir lisibles par tous ? Avec l’essor de l’informatique quantique, cette question n’est plus de la science-fiction. Selon certaines prévisions, comme celles de Saxo Bank, un « Q-Day » pourrait survenir : le jour où les systèmes de chiffrement actuels ne suffiraient plus à protéger nos données numériques.

Mais de quoi parle-t-on exactement ? Et faut-il s’inquiéter ?
 

Pour Matthieu Génévriez, professeur de physique à l’UCLouvain, l’informatique quantique représente à la fois une révolution scientifique majeure et un défi inédit pour la sécurité numérique.

Contrairement aux ordinateurs classiques, les ordinateurs quantiques sont capables de résoudre certains calculs extrêmement complexes en un temps record. Là où les machines actuelles atteignent leurs limites, l’ordinateur quantique pourrait changer la donne.

Google affirme par exemple avoir développé un processeur capable d’effectuer en trois minutes un calcul qui aurait pris 10.000 ans aux ordinateurs les plus puissants d’aujourd’hui. Une performance qui illustre le potentiel de cette technologie encore en développement.

Des applications prometteuses… et sensibles

Cette puissance de calcul pourrait avoir des retombées positives dans de nombreux domaines. Gestion intelligente des réseaux électriques, optimisation des ressources, recherche scientifique ou industrielle : l’informatique quantique ouvre des perspectives inédites.

Mais elle soulève aussi de sérieuses inquiétudes, notamment en matière de cryptographie.

La fin du chiffrement tel que nous le connaissons ?

Aujourd’hui, la sécurité d’Internet repose sur des algorithmes de chiffrement censés protéger nos communications et nos transactions. Or, selon Matthieu Génévriez, ces protections pourraient devenir obsolètes face aux capacités des ordinateurs quantiques.

« Les ordinateurs quantiques pourraient trouver les clés de cryptographie que nous utilisons pour les communications. D’un coup, l’internet deviendrait transparent à des espions qui voudraient lire les messages qui sont envoyés », explique le professeur de physique à l’UCLouvain.

 

Une telle situation poserait un problème majeur de sécurité, notamment pour le secteur bancaire.

 

« Toutes les communications entre les banques ou avec votre smartphone sont aujourd’hui encryptées. Si ce chiffrement devient transparent, c’est un risque énorme », souligne-t-il.

 

Une course mondiale à la sécurité quantique

Face à ces enjeux, une véritable course internationale est engagée. Pouvoir décoder les communications d’un adversaire ou d’un concurrent représente un avantage stratégique considérable.

Pour anticiper ces risques, des chercheurs et cryptographes travaillent déjà sur de nouveaux algorithmes dits “post-quantiques”, conçus pour résister aux futures capacités de l’informatique quantique.

Si le Q-Day n’est pas encore arrivé, une chose est sûre : comme le rappelle Matthieu Génévriez, la révolution quantique se prépare dès aujourd’hui, et avec elle, une transformation profonde de notre rapport à la sécurité numérique.