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Le Télescope Einstein prépare sa révolution numérique grâce à l’intelligence artificielle

sc | Louvain-la-Neuve

sc
23 June 2026

Le futur Télescope Einstein, observatoire européen de nouvelle génération dédié à l’étude des ondes gravitationnelles, promet une avancée majeure pour la recherche en astrophysique. Mais une telle ambition scientifique s’accompagne d’un défi technologique de taille : l’instrument produira des volumes de données si importants que les infrastructures actuelles ne pourront pas les traiter.

Pour répondre à cet enjeu, l’UCLouvain participe au consortium ETCETERA (Einstein Telescope Computing, Experimental Testbed & End-to-end Research Architecture), qui rassemble 14 partenaires issus de Belgique, des Pays-Bas et d’Allemagne. Le projet est financé par le programme Interreg Meuse-Rhin (FEDER) avec le soutien de la Région wallonne et débutera officiellement le 1er octobre 2026 pour une durée de trois ans.

L’intelligence artificielle au service de l’analyse des données

Dans le cadre de ce projet, les équipes développeront une architecture de calcul et d’intelligence artificielle spécifiquement conçue pour le Télescope Einstein.

« Nous allons participer au développement d’un prototype utilisant de l’intelligence artificielle pour optimiser l’analyse de données pour le Télescope Einstein », explique Justin Janquart, physicien au Centre for Cosmology, Particle Physics and Phenomenology (CP3) de l’UCLouvain. « Ceci est une étape critique et nécessaire pour extraire les informations astrophysiques présentes dans les détecteurs, qui n’est pour le moment pas possible en pratique pour le Télescope Einstein. Il s’agit donc de rendre possible l’utilisation des ondes gravitationnelles pour comprendre notre univers. »

Un défi à la hauteur des ambitions scientifiques

Depuis la première détection historique des ondes gravitationnelles en 2015 grâce aux détecteurs LIGO et Virgo, ce domaine de recherche a profondément transformé notre compréhension de l’Univers. Le Télescope Einstein ambitionne d’aller encore plus loin grâce à une sensibilité cent fois supérieure à celle de ses prédécesseurs.

Cette performance lui permettra d’observer des phénomènes cosmiques exceptionnels tels que les fusions de trous noirs, les supernovas ou encore les traces potentielles de matière noire proches du Big Bang. En contrepartie, il générera plusieurs gigaoctets de données chaque seconde et enregistrera des milliers d’événements cosmiques chaque année, rendant indispensable le développement de nouvelles solutions de traitement informatique.

Les innovations développées dans le cadre du projet ETCETERA ne bénéficieront pas uniquement à l’astrophysique. Les technologies liées au traitement en temps réel de volumes massifs de données, à la détection de signaux faibles dans un environnement bruité ou encore à la gestion intelligente des ressources informatiques pourront trouver des applications dans des secteurs tels que la médecine, l’énergie, la finance ou l’aérospatial.

Comme le souligne Justin Janquart, « la collaboration étroite entre sept universités et sept entreprises du consortium garantit que ces innovations trouveront rapidement des débouchés industriels concrets, renforçant la souveraineté numérique européenne ».

À propos du Télescope Einstein

Le Télescope Einstein (Einstein Telescope – ET) est un projet européen visant à construire le détecteur d’ondes gravitationnelles de troisième génération le plus puissant au monde. Installé à 300 mètres sous terre afin d’offrir des conditions de mesure optimales, il sera dix fois plus sensible que son prédécesseur Virgo et permettra d’étudier des phénomènes extrêmes tels que la fusion d’étoiles à neutrons, les collisions de trous noirs ou les explosions de supernovas sur une large gamme de fréquences.

Depuis 2019, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne collaborent pour accueillir cette infrastructure dans la région de l’Euregio Meuse-Rhin, notamment à proximité d’Aubel en Wallonie, en concurrence avec un site situé en Sardaigne. Si cette candidature est retenue, la Wallonie prévoit d’investir 200 millions d’euros à partir de 2028 afin de soutenir ce projet scientifique d’envergure, avec l’ambition de mieux comprendre les origines de l’Univers et le Big Bang.

Le consortium ETCETERA est financé par le programme Interreg Meuse-Rhin (FEDER) avec le cofinancement de la Région wallonne. Il réunit l’Universiteit Hasselt (partenaire coordinateur), la KU Leuven, l’UCLouvain, l’Universiteit Utrecht, l’Université de Liège, la RWTH Aachen, l’Universiteit Maastricht, ainsi que les entreprises Spacebel S.A., Boosting Alpha B.V., B12 Consulting / YUMA, DELTATEC, Dataminded, dataMatters GmbH et Aprico Consultants.