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Projets de recherche collaboratifs

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Trois axes de recherches sont en cours :

Cet axe de recherches est celui qui a été le plus investi depuis les années 1990 (e.g., Zech, 2006). Il examine les facteurs de risques ou de protection des processus de deuil, en particulier le style d'attachement au défunt (sécure vs. insécures, e.g., Delespaux, Ryckebosch-Dayez, Heeren, & Zech, 2013), le type de relation au défunt (enfant, parent, conjoint ou autre) et le soutien social. Un ensemble de recherches ont été menées avec l'aide de doctorantes, post-docs, mais aussi de mémorants et stagiaires. Les recherches ont notamment testé une série d'hypothèses déduites du Dual Process Model of Coping with Bereavement (DPM) de Stroebe et Schut (1999, 2010). Cet axe de recherches s’est récemment poursuivi pas une étude internationale (COVIDEUIL) qui examine les effets des restrictions des rites funéraires sur les processus de deuil. Associée à une pratique clinique dans le domaine, elles ont amené à développer une conception des interventions cliniques auprès des personnes endeuillées centrée sur les processus de deuil et les processus relationnels centrés sur la personne endeuillée (e.g., Zech, Ryckebosch-Dayez, & Delespaux, 2010). Un projet examine aussi les effets du psychodiagnostic de deuil pathologique sur la discrimination des personnes endeuillées (avec l’aide de mémorant.es, voir aussi axe 2). Un dernier projet sur les méthodes de recherche scientifique est en cours de développement et examine si les stratégies d’échantillonnage et de recrutement de ce domaine génèrent de biais significatifs (genrés notamment) dans les résultats, conclusions et recommandations (cliniques) de ce domaine.

Des collaborations étroites avec plusieurs associations sont en cours avec 

  1. Le réseau collaboratif COVIDEUIL incluant notamment le Canada, l’Espagne, le Mexique, la France.
  2. Des membres de l’International Workgroup on Death, Dying, and Bereavement (https://www.iwgddb.com/)
    Projets en cours
  • Camille Boever (2021-, doctorante Fresh)
  • Antonin Le Maire (2025-, co-promotion Prof. O. Riaudel, RSCS)
  • Andrea Redondo (2024, UGranada-UAlicante, stagiaire doctorale)
  • Laurence Arcand (2025, UQO, Canada, stagiaire doctorale)

Projets finalisés

  • Emily Delespaux (2008-2013, doctorat) a examiné les processus d’inhibition cognitive à l’origine des ruminations et réactions de deuil intenses. Sur base d’études expérimentales, elle a notamment montré que les conjoints endeuillés ayant beaucoup de ruminations mentales étaient moins capables (1) d’ignorer ou limiter l’accès automatique à des pensées liées au deuil (par rapport à des pensées négatives ou positives) (Delespaux & Zech, 2015) et (2) de supprimer et contrôler intentionnellement des pensées liées à la mort et au deuil mais aussi plus généralement des pensées négatives et positives par rapport aux pensées neutres (Delespaux & Zech, 2017).

  • Leonor Fasse (2013, post-doctorat) a examiné sur base d’entretiens de recherche réalisés un an après le décès de leur conjoint, les expériences subjectives journalières de 16 personnes veuves et comment celles-ci pouvaient ou non se retrouver dans le DPM. Treize des 16 personnes interviewées ont rapporté que leurs expériences correspondaient globalement bien au modèle. Cependant, elles identifiaient également des différences en termes de (1) difficulté de distinguer les processus de coping (ils sont souvent interdépendants plutôt que séparés), (2) nature non consciente et non intentionnelle des « stratégies » de coping et (3) nature des moments de répit dans les processus de deuil. Léonor est aujourd’hui Maître de Conférence à l’Université de Bourgogne Franche-Comté (France)

  • Manuel Fernandez-Alcantara (2016, doctorat international, UGranada) a examiné l’impact du lien de parenté (enfant, conjoint, parent, grands-parents) sur l’intensité et les types de réactions de deuil sur base de mémoires réalisés à l’UCL (Fernandez-Alcantara & Zech, 2018). Cette étude montre que les parents et les conjoints sont particulièrement affectés et que les types de réactions de deuil sont vécues différemment en fonction du type de lien de parenté. Une étude similaire à celle réalisée par Laetitia a eu lieu en Espagne et montre que les soignants espagnols sont particulièrement démunis face aux situations de décès périnatal. Manuel est aujourd’hui Professeur à l’Université d’Alicante.

  • Laurent Knoops (Chef de clinique, Cliniques Universitaires St Luc, Faculté de Médecine et Médecine Dentaire, Institut de Duve, Institut de Recherche Expérimentale et Clinique, détenteur de la Chaire en soins palliatifs des Cliniques Universitaires St Luc) sur le vécu d’incidents critiques, notamment liés à la mort de patients et à l’impuissance ressentie en tant que soignant, que les étudiant(e)s de médecine de 3e ont pu vivre au cours de leur premier stage pratique.

  • Anne-Sophie Ryckebosch-Dayez (2007-2016, doctorat) a développé un ensemble de recherches testant plusieurs postulats du DPM, à la fois sur base d’études qualitatives (journal de bord) et quantitatives (par questionnaire). Ses recherches ont notamment montré que, un an après le décès d’un conjoint, (1) les stresseurs liés à la perte sont les plus fréquents, (2) des stratégies de coping spécifiques sont utilisées de manière efficace pour faire face à certains stresseurs spécifiques (y compris des stratégies d’évitement, particulièrement efficaces pour faire face à des stresseurs internes), (3) dans un nombre non négligeable de cas, les personnes endeuillées utilisent plusieurs stratégies successives ou aucune et (4) certains stresseurs et stratégies sont associés à des moments spécifiques de la journée (e.g., Ryckebosch-Dayez, Zech, Mac Cord, & Taverne, 2016).

  • Laetitia Schul-Martin (2014-2019, doctorat) travaillait sur les pratiques des soignants et des parents après une perte périnatale (décès du fœtus/bébé après 22 semaines de gestation-à 7 jours après la naissance). Sa première étude par entretien auprès de 16 soignants de deux hôpitaux universitaires belges a notamment montré que ceux-ci avaient tendance à essayer d’humaniser le bébé/fœtus mort afin de favoriser les processus de deuil des parents. 

Ce deuxième axe de recherches investigue les conditions relationnelles facilitatrices de changement personnel et thérapeutique (Zech, 2008 ; Zech, Brison, Elliott, Rodgers, & Cornelius-White, 2018) dans les thérapies individuelles pour adulte et de couple mais aussi le développement des attitudes et compétences des thérapeutes.

Des collaborations étroites avec le Louvain Psychotherapy Research Group (site : https://www.louvain-psychotherapy-research-group.com/) sont établies mais aussi avec des membres 

  1. de l’Association Francophone de Psychothérapie Centrée sur la Personne et Expérientielle (AFPC, Bruxelles ; https://www.afpc.be/)
  2.  de la Vlaamse Vereniging van Cliëntgericht-Experiëntiële Psychotherapie en Counseling (VVCEPC ; site https://vvcepc.be/)
  3. de la World Association for Person Centered and Experiential Psychotherapy and Counseling (PCE-World; https://www.pce-world.org/fr/) et de PCA-Europe (https://pce-europe.org/)
  4. de pcaSuisse (https://www.pcasuisse.ch/page-daccueil)

 

Projets en cours

  • Hubert de Condé  (2020-, co-supervisé E. Zech et J. Willemsen) explore l'intégration des expériences personnelles et professionnelles chez les thérapeutes et la manière dont cette intégration conduit à des changements dans les pratiques professionnelles. En particulier, le projet vise à étudier un modèle explorant le développement personnel et professionnel de la personne-du-thérapeute. Les résultats préliminaires soulignent l'importance de comprendre les types d'événements significatifs rapportés par les thérapeutes. Les thérapeutes sont influencés par des événements personnels, professionnels et hybrides. L'interaction entre la vie personnelle et la vie professionnelle est soulignée par les participant.e.s. Nos résultats suggèrent que les thérapeutes vivent leur développement professionnel dans une perspective de self-intégré (de Condé et al, 2023), en se souvenant d'événements qui sont à la fois personnels et professionnels (de Condé, et al. 2024). Des événements hybrides ont également été identifiés, illustrant la mesure dans laquelle certains événements appartiennent simultanément aux deux sphères, comme la thérapie personnelle, qui n'est ni uniquement privée, ni uniquement professionnelle. Cela montre que la personne du thérapeute se développe à travers la pratique clinique et la formation, ainsi qu'à travers des expériences personnelles (de Condé et al., 2024; Willemsen et al., 2023).
  • George (Prem Adri) Fragakis (2023-, promotion E. Zech) examine les défis éthiques et relationnels qui émergent lorsque les thérapeutes centrés sur la personne sont confrontés à des conflits de valeurs enracinés dans des visions du monde politiques, culturelles ou religieuses. Le projet explore comment ces tensions sont négociées dans des rencontres thérapeutiques où les systèmes de croyances et les expériences vécues des clients divergent fortement ou s’alignent étroitement avec ceux du thérapeute—en particulier dans des contextes marqués par des histoires partagées de traumatisme, de marginalisation ou de lutte sociopolitique. L’hypothèse centrale postule que la dissonance idéologique et expérientielle—tout comme la résonance—peut représenter un défi significatif pour la capacité des thérapeutes à maintenir les conditions thérapeutiques de l’approche centrée sur la personne : la congruence, l’acceptation positive inconditionnelle et la compréhension empathique. Adoptant une méthodologie mixte, l’étude intègre des analyses qualitatives d’études de cas (par exemple : analyse thématique, autoethnographie, analyse phénoménologique interprétative), une exploration expérimentale, ainsi qu’une évaluation critique de programmes de formation informés par l’intersectionnalité. La recherche vise à développer une compréhension située et sensible au processus de la manière dont les thérapeutes centrés sur la personne naviguent à travers les conflits de valeurs—qu’ils soient dissonants ou résonants—en examinant les mécanismes intrasubjectifs et intersubjectifs par lesquels ils maintiennent une intégrité éthique, une congruence thérapeutique et une présence relationnelle dans des rencontres thérapeutiques à la fois idéologiquement chargées et expérientiellement complexes.
  • Un projet étudie les effets bénéfiques et délétères des conceptions évaluative (psychodiagnostiques) vs. compréhensive-centrée sur la personne des psychopathologies auprès des clients, leurs proches, les thérapeutes et les soins procurés. Plusieurs études préliminaires ont été réalisées par des mémorant.es sur les « troubles » de la bipolarité, de la schizophrénie et du deuil pathologique.

Projets de thèse clôturés

  • Céline Brison (2008-2016, co-promotion E. Zech et Nady Van Broeck) est la première à avoir entamé des recherches dans cet axe et a réalisé un ensemble d’études dans des services de soins (oncologie, troubles anxieux, hôpital psychiatrique de longue durée, alcoologie) afin d’examiner dans quelle mesure les attitudes thérapeutiques, i.e., authenticité, empathie, regard positif inconditionnel, développées par les soignants prédisaient un décours favorable des difficultés ressenties par les patients/clients ainsi qu’un développement de leur personnalité dans un sens de plus de flexibilité, d’acceptation, de conscience de soi (e.g., Brison, de Timary, & Zech2016). Elle a également testé l’efficacité de méthodes pédagogiques innovantes (i.e., jeux de rôle à domicile débriefés en série, participation à un groupe de rencontre expérientiel) pour les étudiants de psychologie et a montré qu’ils développaient non seulement leurs compétences et attitudes thérapeutiques mais aussi leur savoir-être thérapeutique et flexibilité psychologique (e.g., Brison, Zech, Jaeken, Priels, Van Broeck, Verhofstadt, & Mikolajczak, 2015).
  • Marine Jaeken (2011-2017, co-promotion E. Zech, M. Mikolajczak et L. Verhofstadt) a conçu, développé et testé l’efficacité d’un programme de formation pour les étudiants en psychologie leur permettant de développer leurs compétences d’aide, en particulier les compétences empathiques (e.g., Jaeken, Zech, Brison, Verhofstadt, Van Broeck, & Mikolajczak, 2017). Elle a mis en place un site d’e-learning et testé l’efficacité d’une formation structurée de 8 ou 12h aux compétences d’aide utilisant les vidéos créées pour le site (voir site Helpingskills sur https://ucline.uclouvain.be/).
  • François Moors (2011-2020) a terminé une thèse dans laquelle il a examiné dans quelle mesure les modes d’interactions du thérapeute influencent la satisfaction du client lors d’une première séance de thérapie en fonction du profil interpersonnel du client (i.e., quelles combinaisons de profils personnels sont les plus satisfaisants). Ses recherches ont confirmé que les comportements chaleureux du thérapeute expliquaient le plus de satisfaction mais ont aussi innové en montrant que l’agency (la dominance-compétence) du thérapeute expliquait également cette satisfaction et surtout que les modes interpersonnels des clients et thérapeutes interagissaient : les clients plutôt « dominants » sont également satisfaits de thérapeutes à profil dominant mais les clients non assertifs ne privilégient que les thérapeutes chaleureux (e.g., Moors & Zech, 2017).
  • Morgane Xhonneux (2019-2023, co-promotion E. Zech et M. Géonet) a commencé un projet sur les ruptures d’alliance thérapeutique au sein de la thérapie de couple. S’il ne fait aucun doute que l’alliance joue un rôle majeur dans l’efficacité des thérapies, celle-ci se construit et se nourrit de trois attitudes thérapeutiques: l’authenticité/la congruence, la considération positive inconditionnelle et l’empathie. L’alliance a été majoritairement conceptualisée dans les thérapies individuelles alors qu’un nombre restreint d’études se sont centrées sur les caractéristiques de l’alliance au sein des thérapies de couple. Pourtant, il s’agit d’un cadre thérapeutique où les ruptures d’alliance peuvent se révéler particulièrement fréquentes. Nous avons postulé que l’augmentation de la congruence et de la CPI chez le thérapeute permettrait de diminuer les ruptures d’alliance et augmenter l’efficacité des thérapies de couple. Ce projet a été arrêté avant terme.

Cet axe de recherches a vu le jour en collaboration avec Isabelle Roskam (PSP/IPSY) et Moïra Mikolajczak (PSP/IPSY) qui investiguent le burnout parental et professionnel. 

  • Pierre Gérain (2016-2020) a étudié la problématique du burnout des aidants proches. L’objectif est d’étudier la problématique du burnout chez les soignants informels, aussi appelés « aidants proches » (family ou informal caregivers). Le burnout a été étudié de manière importante auprès des aidants professionnels mais surtout en termes de « fardeau » ressenti chez les aidants proches. Sa première étude a montré que les parents d’enfants ayant des difficultés (handicap, problèmes de développement) étaient à risque plus élevés de souffrir de réactions de burnout surtout lorsque plusieurs problématiques étaient en jeu par rapport aux parents d’enfant sans difficulté (Gérain & Zech, 2018). Une deuxième étude méta-analytique a également confirmé que les aidants proches avaient un risque accru de burnout par rapport à des non aidants. Deux autres études (une épidémiologique et une en cours de récolte) visent à examiner les facteurs de risque et de protection des effets de l’aide d’un proche sur la santé (tant d’un point de vue positif que détrimental). Un modèle de compréhension de l’impact de la proche aidance a été conceptualisé et qui intègre les facteurs de risque et de protection ainsi que les médiateurs de l’impact 
  • Nicolas Westrelin (2021-2025, co-promotion Pre. Catherine Denève, Université catholique de Lille) a étudié une question qui vise à comprendre au départ pourquoi les services de répit sont sous-utilisés par les aidants proches. Sa thèse a étudié les processus d’identification (ou de non identification) des personnes au rôle d’aidant proche. Une étude sur base d’entretien a montré que les aidants proches changent et acquièrent cette identité en lien avec les changements physiques, cognitifs et relationnels perçus chez leur conjoint malade. Une deuxième étude quantitative a exploré les relations entre ce processus d’identification et ces changements perçus, le deuil anticipé, 

Et trois axes furent développés par le passé :

A l’origine, les recherches réalisées se sont développées dans le cadre du poste académique ouvert en 2004 en « Psychologie de l’adversité » obtenu par Emmanuelle Zech. Les situations d’aide sont particulièrement variées et nombreuses en sciences humaines et peuvent concerner toutes les situations où une personne en difficulté ou en demande d’aide s’adresse ou est adressée à une personne qui peut procurer cette aide. 

Cet axe de recherche a été investi entre 1993 et 2005 et a eu plusieurs prolongements (voir Axe 1, 2, 3 et 6). Nous avons initialement testé dans quelle mesure la verbalisation des émotions ressenties à la suite d’événements de vie avait des effets bénéfiques. Les résultats de ces recherches ont principalement montré que :

  • La croyance aux effets bénéfiques du partage social des émotions est très largement véhiculée
  • Contrairement à l’idée d’un effet cathartique, verbaliser les émotions n’a pas d’effet sur la récupération émotionnelle mesurée à divers moments (intensité émotionnelle pré- vs. post-partage social), quelle que soit la manière d’en parler (émotions, faits, significations).
  • Par contre, les personnes qui partagent leurs émotions rapportent subjectivement des effets bénéfiques : elles disent que cela les aide, les soulage. Cela augmente également le sentiment d’intimité, d’affection et d’affiliation avec le partenaire (surtout lorsque celui-ci a écouté et compris).

Cet axe de recherches productif a été réalisé en collaboration directe avec les Pr. Bernard Rimé, Olivier Luminet, Véronique Christophe (Université de Lille-III), James Pennebaker (Southern Methodist University), Peter Lang et Margaret Bradley (University of Florida) et deux post-doctorants : Catharine Evers (aujourd’hui Professeure à l’Universiteit Utrecht (Pays-Bas) et Dimitry Davydov (chercheur à la Russian Academy of Medical Sciences, Moscou).

Cet axe de recherches a été investi entre 2000 et 2010 et s’est développé autour de trois projets. Dans le prolongement des études sur l’expression des émotions de la vie courante, le premier a examiné les réactions à court terme du personnel impliqué dans des incidents critiques et l'efficacité des ressources sociales et des interventions de débriefings psychologiques réalisées au sein de la Police fédérale et locale en Belgique (Zech, De Soir, & Ucros, 2008 ; collaboration avec le Stressteam de la Police Fédérale, des services psycho-sociaux de polices locales et Erik De Soir & Jacques Mylle de l'Ecole Royale Militaire). 

Deux extensions de ce projet ont vu le jour suite à la catastrophe survenue fin juillet 2004 dans le zoning industriel de Ghislenghien. Premièrement, une étude similaire à celle mise en place auprès des services de police a été réalisée auprès des services de police, de sapeurs-pompiers et d'urgentistes impliqués dans la catastrophe (en collaboration avec le stressteam de la Police fédérale, l'Ecole Royale Militaire et le Service d'Aide aux Policiers et Sapeurs-Pompiers du Hainaut (SPAPP)). Deuxièmement, une collaboration avec la section d'épidémiologie de l'Institut Scientifique de Santé Publique (ISP) a permis la réalisation une étude sur l'impact de la catastrophe sur la santé physique, mentale et sociale et en particulier sur l'incidence du stress post-traumatique auprès de la population civile située autour de l'épicentre. Avec le soutien du Ministère de la Santé Publique une étude longitudinale à deux temps de mesure a été financée et réalisée (N = 1024 adultes et 127 enfants de 8 à 14 ans habitant les communes de Ghislenghien, Ollignies, Bassily, Hellebecq, Meslin-l’Evêque, Gibecq et Isières). Les résultats ont fait l'objet d'un rapport et plusieurs publications en collaboration avec E. De Soir, A. Versporten et H. Van Oyen (De Soir, Versporten, Van Oyen, Kleber, van der Hart, Mylle, 2008 ; De Soir, Versporten et al., 2015 ; De Soir, Zech et al., 2015). 

Un troisième axe de recherches en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Floride, NIMH-Center for the Study of Emotion and Attention (Peter Lang et Margaret Bradley) et de l'Université de Constance (Thomas Elbert, Margarete Schauer, Frank Neuner) visait à examiner l'efficacité d'une intervention visant à réduire les réactions de stress post-traumatiques en Belgique (sur des populations de personnes réfugiées) et à l'étranger (partenaires allemands, anglais et italiens) : la Thérapie par Exposition à la Narration. Ce projet a été financé deux fois par l'Union Européenne (European Community Fund (2005-2006), European Refugee Fund: Community Actions 2006) et a permis l'engagement du Dr. Pamela Bell. Un colloque a été organisé à la Commission Européenne visant à regrouper les partenaires de terrain potentiels ayant un accès aux personnes réfugiées en Belgique (tant en Flandre, Bruxelles qu'en Wallonie, e.g., Croix Rouge de Belgique, Fedasil, Centres fermés, MSF). Il s'est avéré que le système d'accès aux soins de santé en Belgique et en particulier aux soins de santé mentale pour réfugiés est très diversement structuré, n'est pas coordonné et que le financement est lacunaire. Cette situation implique qu'en Belgique, il était plus urgent d'évaluer les besoins de soins de santé et le niveau de santé des personnes réfugiées que d'envisager de tester l'efficacité d'une intervention thérapeutique particulière, même si le manuel est disponible en français (Zech & Vandenbussche, 2010). 

Cet axe a été investi grâce à la thèse de doctorat de David Ogez, co-supervisée avec le Pr. Philippe de Timary (Cliniques Universitaires St Luc) et une collaboration avec Serge Sultan (Université de Montréal et CHU Sainte-Justine, Canada) et Cécile Flahault (Unviersité Paris-Descartes) dans le cadre de l’accompagnement de thèse de Léonor Fasse (aujourd’hui Maître de conférences) sur Le deuil lié à la perte de son conjoint atteint de cancer. Les recherches de David ont investigué les effets d’une première consultation semi-dirigée avec un-e psychologue auprès de patients venant d’apprendre un diagnostic de cancer (e.g., Ogez et al., 2014). Ce premier contact mis en place systématiquement devait permettre au psychologue d’identifier les besoins psychologiques et les difficultés psychopathologiques des patients, ainsi que leurs ressources personnelles et sociales. Les études longitudinales contrôlées réalisées ont principalement montré que les patients ayant participé à cette consultation présentaient moins de dépression, de besoin d’information médicale et de mobilisation de coping distractif (Ogez et al., 2017). Les collaborations internationales furent également établies avec Pr. Véronique Christophe, Université de Lyon (également impliquée dans les projets burnout des aidants-proches). Cet axe est poursuivi par Marie Géonet.