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L’UCLouvain publie les chiffres de son bilan carbone 2024

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Depuis 2017, l’UCLouvain réalise régulièrement son bilan carbone afin de suivre l’évolution de ses émissions de gaz à effet de serre et d’évaluer l’impact de ses activités. Le dernier exercice, mené en 2024, révèle une diminution de 16 % des émissions liées à l’énergie et de 23 % de celles liées à la mobilité par rapport à 2017. Ces résultats témoignent des efforts accomplis ces dernières années et encouragent l’université à poursuivre et renforcer ses actions à travers le nouveau Plan Transition CAP 2030, avec l’objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Entièrement rénovée en 2020, la « Tour de Serres » qui héberge la Faculté des bioingénieurs à Louvain-la-Neuve s’inscrit dans le vaste programme de rénovation de l’UCLouvain, contribuant à la réduction de l’empreinte carbone de l’université grâce à des bâtiments à basse consommation énergétique.

La méthodologie utilisée

Pour évaluer ses émissions de gaz à effet de serre (GES), l’UCLouvain s’appuie sur la méthodologie Bilan Carbone®, développée en 2004 par l’ADEME puis reprise en 2011 par l’Association pour la transition bas carbone (ABC). Ce cadre reconnu permet de comptabiliser l’ensemble des émissions de l’université et constitue un socle solide pour définir une stratégie de décarbonation efficace et pertinente.

Quels sont les périmètres opérationnels (scope 1, 2 et 3) ?

Les périmètres opérationnels d'un bilan carbone définissent les sources d'émissions de gaz à effet de serre (GES) à inclure dans le calcul, en les classant en trois catégories principales (scopes).

 

Le Scope 3 représente près de 80 % de l’empreinte globale de l’université et c’est celui sur lequel l’université exerce le moins de contrôle.

Le bilan carbone de l’UCLouvain couvre l’ensemble des campus et sites placés sous son contrôle opérationnel, à l’exception de ceux de Saint-Louis et de Charleroi. Sont donc concernés : Louvain-la-Neuve, Woluwe, Mons, Tournai et Saint-Gilles.


Les entités indépendantes de l’UCLouvain comme les Cliniques universitaires Saint-Luc et les Restaurants universitaires ne sont pas prises en compte dans le calcul.


Les kots UCLouvain sont quant à eux bien pris en compte dans le périmètre de calcul.

2017 : 1er bilan carbone (année de référence)


2021 : 2ème bilan carbone. Les chiffres de l’année 2021 doivent être interprétés avec prudence, car ils correspondent à une période fortement marquée par la pandémie de Covid-19. Cette situation exceptionnelle a entraîné des changements significatifs dans les activités (baisse des déplacements, télétravail accru, ralentissement économique, etc.), rendant cette année peu représentative d’une situation normale. L’année de référence reste donc 2017, correspondant au premier bilan carbone.

Le calcul des émissions de gaz à effet de serre de l’université repose sur plusieurs types de données, chacune nécessitant une méthode spécifique :
 

  • Énergie et usages numériques : les consommations sont mesurées de manière précise grâce aux relevés disponibles (volume de mégawattheures ou gigaoctets consommés). Ces données sont directement converties en émissions de CO₂e à partir de facteurs d’émission reconnus.

     
  • Achats de biens et de services : compte tenu de la diversité des achats, nous utilisons les données comptables de l’université. Les montants dépensés en EUROS sont convertis en émissions de CO₂e à l’aide de coefficients moyens issus de bases de données nationales et internationales.

     
  • Mobilité des étudiant·es et du personnel : une enquête est réalisée tous les 3 ans auprès de la communauté universitaire pour connaître les modes et distances de déplacement. Les résultats sont ensuite extrapolés à l’ensemble des effectifs en tenant compte du lieu de résidence.
     

Qu’est-ce que le CO₂e ?
 

Le CO₂ équivalent (CO₂e) est l’unité utilisée pour mesurer l’impact carbone. Créée par le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), elle permet de comparer et d’additionner les émissions de différents gaz à effet de serre. Chaque gaz est ainsi converti en une quantité équivalente de CO₂ en fonction de son pouvoir de réchauffement global, ce qui offre une mesure commune et cohérente de l’empreinte climatique.

L’UCLouvain a mené son bilan carbone 2024 avec l’appui de Xavier Marichal, chargé de cours invité à l’École polytechnique de Louvain et spécialiste de l’analyse carbone, qu’il enseigne aux ingénieures et ingénieurs en formation.

Les chiffres 2024

Les émissions de GES de l’université s'élevaient en 2024 à 91 736 tonnes de CO₂e pour une communauté comprenant 38 000 étudiant·es et 5500 membres du personnel. Par rapport à 2017 (année de référence), cela représente une baisse de 5 %.

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Les chiffres de l’année 2021 doivent être interprétés avec prudence, car ils correspondent à une période fortement marquée par la pandémie de Covid-19. Cette situation exceptionnelle a entraîné des changements significatifs dans les activités (baisse des déplacements, télétravail accru, ralentissement économique, etc.), rendant cette année peu représentative d’une situation normale. L’année de référence reste donc 2017, correspondant au premier bilan carbone.
 

En termes de trajectoires, l'UCLouvain ambitionne : 

D'ici 2035 : la neutralité carbone de ses bâtiments (scope 1 et 2)

D'ici 2050 : la neutralité carbone de l'ensemble de ses activités (scope 3)

Répartition des émissions de GES – Année 2024

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Évolution des émissions de GES par poste entre 2017 et 2024

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Analyse des résultats et perspectives

La diminution des émissions de gaz à effet de serre de l’UCLouvain résulte des efforts menés ces dernières années par l’université et sa communauté, en particulier dans les domaines de l’énergie et de la mobilité. 


Les émissions liées à la consommation énergétique des bâtiments poursuivent une tendance marquée à la baisse, avec une réduction de 16 % alors qu’elles étaient restées stables en 2021. Deux facteurs principaux expliquent cette amélioration :
 

  • * la finalisation de plusieurs rénovations majeures (notamment la rénovation des Halles universitaires et du bâtiment de Serre à Louvain-la-Neuve, le re-glazing à Woluwe),

     
  • * la décision d’abaisser les températures de consigne à 19°C en 2022, une mesure qui a permis, selon les estimations, d’économiser environ 15 % de chauffage, soit l’équivalent de 10 % du bilan énergétique total.

 

Perspectives


La mise en service de la centrale biomasse prévue pour l’hiver 2027-2028 devrait avoir un impact majeur sur le prochain bilan carbone (année 2027). Cette centrale couvrira en effet la quasi-totalité des besoins en chaleur et en électricité du site de Louvain-la-Neuve, ce qui représente environ 11 % du bilan carbone global.

Par ailleurs, les projets de rénovation actuellement à l’étude — et leur probable accélération dans les années à venir grâce à une enveloppe dédiée de 100 millions d’euros — contribueront également à réduire les émissions sur l’ensemble des sites.

La diminution des émissions de gaz à effet de serre de l’UCLouvain résulte des efforts menés ces dernières années par l’université et sa communauté, en particulier dans les domaines de l’énergie et de la mobilité. 


Les émissions liées à la mobilité ont diminué de 23 % par rapport à 2017 et représentent aujourd’hui 1/3 des émissions totales (contre 50 % des émissions totales en 2021). Les détails sont présentés dans le focus mobilité ci-dessous.

Les achats de biens et services représentent désormais  1/3 du total des émissions, soit une augmentation de 20 % depuis 2017.

Cette catégorie est largement dominée par les achats à forte intensité carbone effectués par les laboratoires (produits chimiques, matériel technologique), qui comptent pour environ la moitié des émissions de ce poste. L’estimation des émissions se fait à euros constants en appliquant des coefficients de conversion financiers, ce qui introduit une certaine imprécision. Cependant, même avec cette marge d’erreur, la tendance à la hausse de l’impact carbone des laboratoires apparaît clairement.


Les autres catégories d’achats de biens et services restent relativement stables, voire en légère diminution, notamment pour le matériel informatique, dont une forte hausse avait déjà été enregistrée en 2021 en raison de la généralisation des salles de visioconférence.
 

Perspectives


Plusieurs actions prévues dans le deuxième Plan Transition « CAP 2030 » permettront de s’attaquer à ce poste d’émissions. La labellisation LEAF des laboratoires ainsi que la réalisation de bilans carbone par entité offriront de nouveaux leviers d’amélioration. Il reste toutefois difficile, à ce stade, d’en estimer précisément le potentiel de réduction.

Après une chute importante en 2021 — due notamment à l’arrêt d'un projet de recherche qui nécessitait des transferts massifs de données ainsi qu'à la généralisatoin du télétravail, qui a déplacé une partie des échanges de données vers les domiciles — les volumes de données transférées entre le réseau UCLouvain et le web repartent nettement à la hausse en 2024.


Parallèlement, le facteur d’émission par gigaoctet est réévalué à la hausse. Combinés, ces deux éléments entraînent un doublement de l’impact carbone lié aux transferts de données.

 

La construction des bâtiments génère un important impact carbone, mais celui-ci est amorti sur toute leur durée de vie, estimée à 40 ans avant une rénovation majeure. Ainsi, depuis 2017, les bâtiments construits entre 1977 et 1983 sont progressivement sortis du bilan carbone, ce qui explique la forte diminution observée en 2021. À l’inverse, les rénovations — elles aussi très émettrices — sont également amorties sur 40 ans ; ce sont donc ces rénovations récentes qui entraînent une hausse du poste “amortissements" en 2024 par rapport à 2021.


Cependant, depuis 2017, on observe une baisse de 5 % pour ce poste.

Émissions liées à la mobilité : une tendance à la baisse

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Les émissions de gaz à effet de serre liées à la mobilité ont diminué de 23 % depuis 2017. Elles représentent aujourd’hui 30 % des émissions totales de l’université.

Au sein de ce poste, ce sont principalement les déplacements domicile–université des étudiant·es qui génèrent le plus d’émissions. Ils représentent 20 % du bilan carbone total.

À titre de comparaison, les déplacements domicile-travail du personnel comptent pour 5 % du bilan carbone total.

En chiffre absolu, les étudiant·es pèsent davantage dans les émissions de GES totales de l’université (4 fois plus). Mais si on fait le ratio par personne, alors le constat s’inverse : les chiffres montrent une empreinte carbone moyenne par personne liée aux déplacements plus élevée pour les membres du personnel :

·       477 kg CO₂e par étudiant·e / an

·       796 kg CO₂e par membre du personnel / an

Aussi, en 2024, 15 % des étudiant·es utilisent la voiture pour venir à l’université, contre 41 % du personnel.

Mais la tendance générale est très positive : dans les deux groupes, l’usage de la voiture recule fortement (voir détails ci-dessous).

En 2024, 15 % des étudiant·es utilisent la voiture pour venir à l’université, contre 41 % du personnel.
 


Mais la tendance générale est très positive : dans les deux groupes, l’usage de la voiture recule fortement.


Étudiant·es


La part de la voiture dans les déplacements des étudiant·es a baissé d’environ 20 % entre 2017 et 2024.
Après une relative stabilité en 2021, l’enquête mobilité 2024 révèle une évolution marquante des comportements, avec une forte diminution de l’usage de la voiture en 2024 (-20 %).


Personnel


L’usage de la voiture dans les déplacements du personnel a lui aussi diminué d’environ 20 % entre 2017 et 2024, dont 12 % depuis 2021.


Le développement du télétravail, devenu une pratique courante notamment pour les personnes habitant loin de leur lieu de travail, contribue fortement à cette réduction.

Déplacements professionnels


Quasiment à l’arrêt en 2021 en raison de la pandémie, les déplacements professionnels repartent à la hausse. Leur bilan carbone 2024 augmente de plus de 10 % par rapport à 2021.


Mobilité internationale étudiante


Avec le retour à des voyages plus fréquents et plus lointains, les émissions liées aux stages et aux mobilités Erasmus augmentent fortement par rapport à 2021. Elles restent toutefois inférieures au niveau de 2017.
À noter : pour les mobilités Erasmus en avion, seul un aller-retour est comptabilisé. Or, les offres à bas coût encouragent souvent plusieurs allers-retours durant les quatre mois de séjour, ce qui signifie que le bilan réel est probablement plus élevé.

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