Rapport transition - Eau propre (ODD6)
transit |
Avec des cibles sur l'accès universel et équitable à l'eau potable, la proportion d'eaux usées non traitées ou la réutilisation sans danger de l'eau, l'ambition de l'ODD 6 est de garantir un accès universel à de l'eau potable et à l'assainissement, d'améliorer la qualité de l'eau et réduire les pollutions, assurer une utilisation efficiente des différents usages de l'eau et préserver les écosystèmes aquatiques.
Contexte
A Louvain-la-Neuve, 63% des eaux fluviales suivent les voies d’écoulement de surface, contre seulement 10% dans les zones urbaines classiques. Cette réalité, unique en Belgique, découle de la volonté des concepteurs et conceptrices de la cité universitaire : créer une ville dotée d’une gestion consciencieuse et intégrée de l’eau. Malgré la rapidité de création du site, aucun compromis n’a été fait, maintenant intacte la priorité de respecter l’équilibre de la nappe phréatique. 50 ans plus tard, cet idéal est toujours nourri et même amélioré. Quelles en sont les particularités ?
Recherche
Louvain4Water
Louvain4Water est un consortium transdisciplinaire qui développe des actions de recherche fondamentale et appliquée, des programmes de formation avancée et des services dans le domaine de l’eau. La plus-value de cette initiative ? L’expertise unique d’une centaine de chercheurs et chercheuses UCLouvain mise au service des actions menées dans le secteur de l’eau, du Nord au Sud.
En 2024 notamment, une recherche visant à tirer les enseignements des inondations catastrophiques de 2022 en région wallonne partage ses conclusions. C'est en allant la rencontre des personnes sinistrées, des pouvoirs locaux, des citoyens, du monde associatif, des naturalistes, des urbanistes, des artistes,… pour entendre et comprendre que ces chercheurs veulent de tracer, avec ses acteurs, un nouveau plan d’avenir pour le bassin-versant de la Vesdre en tenant compte de la réalité du terrain.
Tout savoir sur cette recherche et Louvain4Water
La gestion de l'eau sur nos sites
Une infiltration locale
Nombreux ont été les choix architecturaux posés pour permettre l’infiltration directe de l’eau dans le sol. Jardins, pavés, parkings, espaces verts ont été conçus et répartis pour alimenter directement la nappe phréatique représentant près de 240 fois le volume du lac. Celui-ci sert d’ailleurs de bassin d’orage capable de récolter les eaux de ruissellement grâce à la perméabilité partielle de son site.
Des pompages raisonnés
Dès son implantation à Louvain-la-Neuve, l’Université fit le pari d’une gestion innovante des ressources en eau. Cette démarche conditionna des choix stratégiques tels que la réalisation d’un réseau d’égouttage séparatif (eaux pluviales gérées indépendamment des eaux usées) ou encore le forage de captages d’eau souterraine.
Aujourd’hui encore, ces captages sont exploités et alimentent en eau potable, certains bâtiments UCLouvain du haut de la ville (quartier des sciences). Cet approvisionnement local est géré de façon durable par les équipes de l’ADPI qui veillent à fournir au quotidien une eau potable de qualité et en quantité suffisante, de façon à répondre aux besoins de l’Université tout en préservant la ressource.
En termes de quantité, grâce à des choix techniques plus économes en eau, les volumes captés et distribués ont pu être réduits de plus de 50% en 10 ans, passant de plus de 400.000 m³/an à 200.000 m³/an en 2024. Au total, c’est plus de 18 millions de m³ qui ont été captés à Louvain-la-Neuve par l’UCLouvain en 50 ans ! Désormais, l’objectif est de réduire les consommations énergétiques liées à la distribution d’eau (pompes, compresseurs, etc.).
Un double réseau d’égouttage
Ne pas diluer les eaux usées pour plus d’efficacité à l’épuration. Cette idée simple mais ingénieuse est mise en pratique via un double réseau d’égouttage. L’un se charge des eaux de pluie, directement acheminées vers le lac. Dans l’autre, les eaux usées se déversent et prennent le chemin de la station d’épuration.
Une qualité rigoureusement surveillée
Sur le plan qualitatif, l’eau captée présente un profil minéral équilibré et similaire à celui de plusieurs eaux commercialisées. Ces caractéristiques et notamment sa richesse en calcium et magnésium lui confèrent une dureté relativement élevée (37°F).
Malgré le passé agricole de la région, les concentrations en nitrates sont de moitié inférieures à la valeur paramétrique imposée. Les éventuels résidus de pesticides sont éliminés par filtration sur charbon actif. L’eau distribuée répond ainsi totalement aux normes en vigueur.
L’UCLouvain s’assure de la potabilité de l’eau qu’elle distribue grâce à plus de 200 prélèvements par an sur l’ensemble de la chaine de production et de distribution. Ces prélèvements réguliers et les analyses sont réalisés par un laboratoire indépendant et accrédité, conformément aux directives du Code Wallon de l’eau.
Enfin, les nappes phréatiques du Bruxellien étant une ressource fragile, les équipes ADPI monitorent de façon préventive les eaux présentent dans le sol au travers d’un réseau maillé de piézomètres. Ces piézomètres sont des ouvrages forés, permettant une surveillance qualitative et quantitative des eaux souterraines.