Rapport transition - Consommation et production responsable (ODD12)
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Le douzième objectif de développement durable est un appel pour les producteurs, les consommateurs, les communautés et les gouvernements à réfléchir sur leurs habitudes et usages en termes de consommation, de production de déchets, à l’impact environnemental et social de l’ensemble de la chaîne de valeur de nos produits. Plus globalement, cet ODD réclame de comprendre les interconnexions entre les décisions personnelles et collectives, et de percevoir les impacts de nos comportements respectifs entre les pays et à l’échelle mondiale.
Contexte
La consommation, via les achats de biens et services, représente près de 40% du bilan carbone 2024 de l'Université. Depuis les bics jusqu'aux produits chimiques très spécifiques des laboratoires en passant par nos ordinateurs ou une presse hydraulique, l'intervention d'un plombier ou un consultant en audit énergétique, les achats de l'université sont extrêmement nombreux et variés. Réduire leur impact environnemental est indispensable, mais la très grande variété des produits et leur dissémination dans l'ensemble de l'Université rendent les actions à entreprendre d'autant plus complexes.
Pour y parvenir, sa stratégie est d’intégrer des critères sociaux et environnementaux dans ses choix de consommation et d’investissement. Elle s’attelle également à conscientiser l’ensemble de sa communauté à être actrice de la transition et tendre vers la circularité en modifiant ses comportements, tant en termes de consommation, dans l’usage du numérique et la sélection des produits les plus responsables que par le recyclage des déchets et leur revalorisation.
Le tout à travers des objectifs concrets et clairs : consommer moins, consommer mieux, jeter mieux. L’université s’est également engagée à ce que l’ensemble de ses placements deviennent durables et se fassent dans des fonds labélisés « ESG » (fonds intégrant des critères environnementaux, sociétaux et de gouvernance).
Les achats de biens et services
L’inclusion de clauses environnementales et sociales dans les marchés publics
L'université est également attentive à ce que sa politique de transition environnementale et sociétale se reflète aussi chez les fournisseurs externes qu'elle sélectionne dans ses marchés publics.
- En termes environnementaux, l'Unversité inclut ainsi une annexe environnementale par laquelle les entreprises soumissionnaires s'engage à respecter certains principes au niveau des emballages de leurs produits, de la réparabilité de leur matériel, de la politique de mobilité de leur entreprise et de la gestion des déchets.
- En termes sociaux et comme le prévoit la loi, l'Université exclut d'office les entreprises ayant été condamnées pour une des infractions mentionnées à l’article 61 de l’arrêté royal du 18 avril 2017, à savoir :
- participation à une organisation criminelle telle que définie à l’article 324bis du Code pénal ou à l’article 2 de la décision-cadre 2008/841/JAI du Conseil du 24 octobre 2008 relative à la lutte contre la criminalité
organisée; - corruption, telle que notamment définie aux articles 246 et 250 du Code pénal;
- fraude au sens de l’article 1er de la convention relative à la protection des intérêts financiers des Communautés européennes;
- blanchiment de capitaux ou financement du terrorisme tels que notamment définis à l’article 5 de la loi du 11 janvier 1993 relative à la prévention de l’utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme;
- travail des enfants et autres formes de traite des êtres humains définis à l’article 433quinquies du code pénal ou à l’article 2 de la Directive 2011/36/UE du Parlement européen et du Conseil du 5 avril 2011 concernant la prévention de la traite des êtres humains et la lutte contre ce phénomène ainsi que la protection des victimes;
- occupation de ressortissants de pays tiers en séjour illégal notamment au sens de l’article 35/7 de la loi du 12 avril 1965 concernant la protection de la rémunération des travailleurs.
- d'autres critères secondaires d'exclusion sont aussi applicables dans tous les marchés publics, dont un manquement du prestataire aux obligations applicables dans les domaines du droit environnemental, social et du travail, visées à l’article 7 de la loi du 17 juin 2016.
- participation à une organisation criminelle telle que définie à l’article 324bis du Code pénal ou à l’article 2 de la décision-cadre 2008/841/JAI du Conseil du 24 octobre 2008 relative à la lutte contre la criminalité
- Par ailleurs, dans le cadre de la révision des procédures internes à l’université encadrant les marchés publics de faible montant, le service des achats de l’Université propose désormais des modèles de demande d’offre pour du catering (sandwiches ou buffet), incluant une série de critères de durabilité qui peuvent être repris en tout ou en partie : saisonnalité des produits, uniquement des produits frais, atteindre un niveau de certification biologique, utilisation de couverts et service réutilisables, choix végétarien, boissons équitables.
La réduction de l'usage du papier
Au vu de l’étendue des postes de bureau de l’administration centrale de l’UCLouvain, les initiatives prises par le Service des Achats ont une influence non négligeable. De 2009 à 2019, l’usage du papier a baissé de 40%, passant de 20 millions de feuilles annuelles à 16 millions. Si le numérique a sa part à jouer dans ces chiffres via le passage aux factures virtuelles notamment, des choix ont aussi été opérés concernant le grammage plus faible du papier ou sa certification de provenance de forêts gérées plus durablement. De simples gestes qui s’accumulent à d’autres comme l’installation recto/verso et noir/blanc en guise de mode par défaut des imprimantes. Il ne reste aussi à l’UCLouvain que 70 imprimantes individuelles face aux modèles partagés en réseaux qui sont privilégiés. Résultat: un nombre moindre de cartouches d’encre usagées.
Les plastiques à usage unique prohibés
Dès 2015, le catalogues des fournitures de bureau à été éclaircit de tous les produits en plastiques à usage unique. Plus d'une centaine d'articles ont ainsi été retirés du catalogue de commande accessible à tous les services, pour un impact maximum.
L’augmentation de produits labellisés
Pour une politique d’achat de fournitures de bureau 99% labellisée au sein de l'université !
La bureautique nécessite des fournitures... et la plupart des propositions du catalogue d’achat ont des alternatives labellisées et certifiées durables. En 2021, près de la moitié des produits achetés dans le catalogue Lyreco étaient ainsi labellisés et certifiés durables. En 2022, comme il existe une alternative pour quasiment tous les produits du catalogue Lyreco, l’Université est passée à la vitesse supérieure : en février 2022, l’ensemble des articles non labellisés ont été désactivés. Dans la cahier des charges de son nouveau marché public, c'est d'ailleurs un des criètères du cahier des charges : "La majorité des produits doivent donc être jugée conforme aux principes de la norme ISO 14021 et au cadre des exigences environnementales de l’ICC (International Chamber of Commerce)", avec pour seule exception : "Dans le cas ou des produits indispensables au fonctionnement de certains services, et si aucune alternative écologique n’existe, ils pourront cependant être ajoutés au catalogue disponible pour le pouvoir adjudicateur." Ce sont ainsi des milliers de produits qui ne sont plus disponibles et des alternatives plus responsables pour presque tous les produits.
L’UCLouvain est la deuxième entreprise à faire ce choix en Belgique avec ce fournisseur, Lyreco, attributaire d’un marché public, après les Cliniques universitaires Saint-Luc.
Une empreinte numérique diminuée

Sachant que près de 90% de l’impact environnemental de nos ordinateurs est dû à leur construction et à leur acheminement et que 80 % des données échangées sur internet sont issues des visionnages de vidéos, l’université à pris des mesures pour réduire encore son empreinte écologique liée au numérique. Parmi celles-ci, l’abandon du renouvellement des ordinateurs après 5 ans et la réduction du poids des vidéos.
Si depuis de nombreuses années, la durée de vie des ordinateurs à l’UCLouvain était fixée à 5 ans plutôt que 3 ans habituellement dans les entreprises. De plus, après 5 ans, les ordinateurs étaient reconditionnés et débutaient une seconde vie auprès de membres de la communauté qui n’avaient pas droit à un poste financé par le Service général du système d’information (SGSI). Dorénavant, le renouvellement après 5 ans n'est plus automatique.
Ainsi après avoir utilisé leur ordinateur pendant 5 ans, les membres du personnel recoivent un mail les informant des possibilités de son remplacement ainsi que des modalités de reconditionnement et de recyclage mises en œuvre à l’UCLouvain. Ils ont alors deux choix possibles : soit ils estiment que leur ordinateur ne remplit plus sa fonction et demandent son remplacement, soit ils choisissent de le garder 1 an ou 2 supplémentaires. Les ordinateurs actuels peuvent en effet effectuer les tâches bureautiques usuelles durant 6 ou 7 années voire plus. A partir de ce moment, les membres du personnel peuvent à tout moment demander de le changer par un neuf.
Dans tous les cas, les ordinateurs remplacés sont remis en état pour des membres de l’université, soit dirigés pour réparation vers la filière du Service d’aide aux étudiants ou le Hub Circulaire.
La réduction du poids des vidéos
Il faut savoir que si l’on passe d’une résolution de 720p (HD) à 480p, ce qui est largement suffisant pour la très grande majorité des vidéos, en particulier sur un écran de portable, la réduction de données est de 62%. Si l’on vient du 1080p, la diminution est de 85%. L'UCLouvain analyse actuellement la possibilité de régler par défaut les vidéos en basse définition sur l’ensemble des browsers des ordinateurs UCLouvain. Cette simple mesure pourrait conduire à une diminution de 7,5% de notre empreinte carbone IT. En effet, les principaux fournisseurs de streaming vidéo comme YouTube calibrent la qualité de la vidéo en fonction de la qualité de la connexion internet. Celle-ci est particulièrement performante chez nous ce qui implique automatiquement une haute définition loin d’être nécessaire pour notre usage. L'Université souhaite également sensibiliser les 40 000 étudiantes et étudiants pour qu’ils appliquent les mêmes principes sur leurs équipements personnels.
LEAF (Laboratory Efficiency Assessment Framework)
L'initiative LEAF lancée par l'University College London vise à rendre les activités de recherche plus durables et diminuer leur empreinte carbone.
Le label Bronze est une première étape et consiste à remplir 16 critères parmi lesquels on retrouve :
- la gestion des déchets,
- les procédure d'accueil et de départ des personnes de l'équipe,
- la supervision de la démarche qualité,
- les procédures d’achat,
- la gestion des équipements, des échantillons et des protocoles,
- l'IT
- l'étalonnage et la calibration des équipements
- la ventilation des locaux
Plus d'une dizaine de laboratoires de l'Université sont déjà labellisés via ce processus, une présentation à tous les laboratoires potentiellement intéressés se tient le 20 novembre.
La première plateforme labellisée et les deux premiers laboratoires
La gestion des déchets
Un système de poubelles sélectives
Plusieurs milliers de tonnes de déchets sont produites chaque année par l’Université. Nombreux sont ceux à pouvoir entrer dans une filière de recyclage, voire dans une logique d’économie circulaire. L’UCLouvain vise, dans un premier temps, à systématiser l’installation de poubelles sélectives dans l’ensemble de ses bâtiments :
Après un test de gestion différenciée des déchets dans une série de bâtiments, la généralisation du système de poubelles sélectives centralisées dans les espaces de vie du personnel a été mis en place entre juin 2025 et octobre 2025.
Cette action se matérialise par le retrait des poubelles individuelles dans les bureaux et par le placement de différents centres de tri pour le papier/carton, le PMC, organiques et le tout-venant. Suivant l’architecture des bâtiments et le souhait de leurs occupants, ces centres de tri seront placés dans les lieux de convivialité et/ou dans les couloirs.
Un suivi minutieux des déchets spéciaux.
En ce qui concerne les déchets spéciaux, leur gestion est coordonnée en interne par le service de sécurité et de radioprotection (SERP) qui en fait un suivi mensuel très détaillé, récapitulé dans son bilan annuel 2024. Ces déchets sont ensuite pris en charge par un prestataire externe sélectionné dans le cadre d'un marché public dont le cahier des charges permet de s'assurer un traitement adéquat des différents éléments.
Un portefeuille 100% responsable
Depuis début 2022, l’intégralité de notre portefeuille est investi dans des fonds d'actions socialement responsable (ISR) disposant d’un label de qualité. Un acte fort qui s’inscrit dans la politique de transition de l’Université.
En 2014, l’Université décide d’investir progressivement dans des fonds d’actions socialement responsables (ISR). Dès 2018, à l’initiative de l’Administrateur général et suite aux échanges avec la communauté universitaire, y compris avec l’AGL, un changement s’amorce : tous les nouveaux investissements en fonds d’actions le sont exclusivement en fonds d’actions socialement responsables. De type « best-in-class », ceux-ci n’investissent que dans les meilleures sociétés de chaque secteur d’activité, classées en fonction des aspects ESG (Environmental, Social and Governance). En autres, nous n'avons plus aucun investissements dans le pétrole ou le charbon.
Depuis début 2022, c’est donc l’ensemble des fonds d’actions de l’UCLouvain qui a migré vers des fonds labellisés ESG tout en gardant d’application les critères financiers de performance risque/return. Pour cette transformation, l’UCLouvain s’appuie sur deux normes :
- Towards Sustainability (appelé aussi Febelfin), le label de qualité belge qui existe depuis février 2019. Pour être certifié Febelfin, un fonds doit répondre à de multiples critères relatifs à la santé, à l’environnement, aux droits sociaux, à la bonne gouvernance d’entreprise.
- Financité qui passe au crible l’ensemble des fonds existants tout en blacklistant ceux qui comportent des entreprises non respectueuses des traités relatifs aux droits humains, aux armes, aux énergies, etc. signés par la Belgique.