Dans le cadre du projet de recherche REMAIN HUMAN (WelChange, FNRS, UCLouvain - ULB), nous vous invitons à un séminaire le 30 juin prochain de 14h à 18h.
Nous recevrons la professeure Damiana Otoiu, anthropologue du droit et du politique et Senior Lecturer en sciences politiques à l’Université de Bucarest.
Ses recherches portent sur la manière dont la propriété des collections de musées est (re)définie et débattue dans des contextes postcoloniaux. Elle a mené plusieurs recherches de terrain longues en Afrique du Sud, en République démocratique du Congo, en France et en Belgique.
« Tu veux dire que mes ancêtres continuent à être des objets ? »
Débats et controverses concernant la gestion, la ré-humanisation et le rapatriement des restes ancestraux.
Les collections de restes ancestraux des populations autochtones d’Afrique australe conservées dans les musées, les instituts de recherche ou les laboratoires universitaires, semblent être l’exemple par excellence de collection anthropologique « problématique », pour laquelle Undoing Empire (Rassool, 2015) appelle à une restitution aux descendants contemporains. Mais cette restitution n’implique pas uniquement une « simple » réinhumation des restes. Elle donne également lieu à un dialogue concernant le sort des restes ancestraux entre les professionnels des musées et divers acteurs (hommes politiques, diplomates, juristes, avocats, historiens publics, activistes, artistes, descendants des populations autochtones, etc.). En se focalisant sur quelques études de cas sud-africaines, la présentation montre que les concertations autour des collections et des savoirs résultant de l’analyse de ces collections opposent de multiples acteurs et logiques, bien au-delà de l’opposition simplificatrice entre « scientifiques » et « populations descendantes ». Ces acteurs et logiques sont souvent contradictoires, mais il est essentiel d’en tenir compte au moment où l’on tente de ré-humaniser et de rapatrier les restes ancestraux, car les négociations d’État à État et leur instrumentalisation politique produisent souvent des effets pervers.
L’intervention de Damiana Otoiu sera suivie d’une discussion avec le professeur Donatien Dibwe (Université de Lumumbashi) et d’une présentation des recherches menées dans le cadre du projet REMAIN HUMAN, par Marion Bertin, Laurent Licata et Valérie Rosoux. Cette présentation permettra d’ouvrir une discussion sur les objectifs et les défis méthodologiques rencontrés.