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Conférence | L'intelligence artificielle va-t-elle remplacer les artistes ?

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20 April 2026, modifié le 21 April 2026

Le 14 avril dernier, le Mundaneum accueillait une conférence de Louis de Diesbach, organisée en collaboration avec UCLouvain Culture et le Club de la Presse. Intitulée « Faussaires algorithmiques », du nom de son essai paru le 3 avril, cette rencontre a rassemblé un public venu interroger la place de l’intelligence artificielle dans nos pratiques culturelles, professionnelles et sociétales.

Au-delà des oppositions simplistes

Dès l’ouverture, Louis de Diesbach invite à dépasser les discours polarisés. L’intelligence artificielle ne peut être réduite à un simple outil « bon » ou « mauvais ». 
Cette nécessité de nuance se retrouve dans les perceptions du monde artistique : une minorité se positionne clairement pour ou contre l’IA, tandis qu’une majorité doute encore. Et ce doute, loin d’être un frein, est présenté comme essentiel.

Repenser la valeur du « moyen » et le sens de la délégation

L’IA se distingue par sa capacité à produire efficacement du contenu standardisé, ce qui interroge directement la place de l’humain. À force d’être exposés à des productions « moyennes », nous risquons de devenir moins sensibles à des formes plus singulières, exigeantes ou créatives. Pourtant, c’est précisément dans ces espaces — là où « être moyen ne suffit pas » — que l’humain conserve toute sa valeur, notamment dans la relation, la créativité et la recherche de sens.

Cela amène une question centrale : pourquoi et que choisissons-nous de déléguer aux machines ? Louis de Diesbach pointe un paradoxe : alors que l’on imaginait automatiser les tâches pour se consacrer à la création, l’IA tend aujourd’hui à créer à notre place… pendant que nous nous chargeons du reste.

Refuser d’être des « faussaires algorithmiques », c’est donc faire des choix conscients dans l’usage de ces technologies.