Conférence | L'intelligence artificielle va-t-elle remplacer les artistes ?
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Le 14 avril dernier, le Mundaneum accueillait une conférence de Louis de Diesbach, organisée en collaboration avec UCLouvain Culture et le Club de la Presse. Intitulée « Faussaires algorithmiques », du nom de son essai paru le 3 avril, cette rencontre a rassemblé un public venu interroger la place de l’intelligence artificielle dans nos pratiques culturelles, professionnelles et sociétales.
Au-delà des oppositions simplistes
Dès l’ouverture, Louis de Diesbach invite à dépasser les discours polarisés. L’intelligence artificielle ne peut être réduite à un simple outil « bon » ou « mauvais ».
Cette nécessité de nuance se retrouve dans les perceptions du monde artistique : une minorité se positionne clairement pour ou contre l’IA, tandis qu’une majorité doute encore. Et ce doute, loin d’être un frein, est présenté comme essentiel.
Repenser la valeur du « moyen » et le sens de la délégation
L’IA se distingue par sa capacité à produire efficacement du contenu standardisé, ce qui interroge directement la place de l’humain. À force d’être exposés à des productions « moyennes », nous risquons de devenir moins sensibles à des formes plus singulières, exigeantes ou créatives. Pourtant, c’est précisément dans ces espaces — là où « être moyen ne suffit pas » — que l’humain conserve toute sa valeur, notamment dans la relation, la créativité et la recherche de sens.
Cela amène une question centrale : pourquoi et que choisissons-nous de déléguer aux machines ? Louis de Diesbach pointe un paradoxe : alors que l’on imaginait automatiser les tâches pour se consacrer à la création, l’IA tend aujourd’hui à créer à notre place… pendant que nous nous chargeons du reste.
Refuser d’être des « faussaires algorithmiques », c’est donc faire des choix conscients dans l’usage de ces technologies.
La conférence en image :
La conférence en image :
©Gaétan Santarelli - Mundaneum