Rapport transition - Vie terrestre (ODD15)
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Le quinzième objectif de développement durable vise à mettre en place une gestion durable des écosystèmes terrestres (forêts et montagnes) en préservant la biodiversité et les sols et limitant les impacts de long terme des catastrophes naturelles. Il appelle à ce que la protection des écosystèmes et de la biodiversité soit intégrée dans les planifications nationales et stratégies de réduction de la pauvreté. L’ODD15 souligne l’importance de protéger les espèces menacées via une coopération internationale renforcée pour lutter contre le braconnage et le trafic et mettre en place des mesures de contrôle, voire d’éradication, d’espèces exotiques envahissantes néfastes pour les écosystèmes.
Contexte
L’UCLouvain assure la gestion de plusieurs sites et espaces extérieurs sur ses campus (lac de Louvain-la-Neuve, bois de Lauzelle, espaces verts, etc.), chacun lieu et siège de biodiversité. Sa stratégie en la matière vise à doter ces sites d’une stratégie permettant d’améliorer les connaissances et la sauvegarde de la biodiversité.
Plusieurs axes structurent cette stratégie en particulier : la mise en place de sciences participatives pour suivre l’état de l’environnement ; un diagnostic des trames vertes (milieux ouverts et boisés) et bleues (milieux aquatiques) autour de Louvain-la-Neuve, consistant à définir les secteurs de vie et de passage potentiels pour la faune, ainsi que les éléments paysagers pouvant empêcher les échanges entre les populations d’espèces. Ces outils sont utiles pour gérer durablement les espaces verts, en tenant compte de la biodiversité y étant présente et de leur connectivité.
L’UCLouvain entend en outre coordonner et renforcer les mesures concrètes de protection, de gestion et de restauration de la faune et de la flore déjà mises en place depuis de nombreuses années et ainsi contribuer à la réalisation des objectifs de conservation des sites Natura 2000 et à la préservation des populations et habitats d’espèces, notamment menacées d’extinction, sur ses sites. Elle souhaite également renforcer des mesures en faveur de la nature « ordinaire », ce qui améliorera la qualité de vie et de bien-être de la communauté.
Recherche
Earth and Life institute - Ecologie et biodiversité (ELI-V)

1) Écologie appliquée et évolution dans les environnements anthropiques
Les humains ont un impact profond sur les écosystèmes terrestres. Notre objectif est de comprendre le fonctionnement des écosystèmes anthropiques et de déterminer les caractéristiques des espèces prospères et moins prospères afin de proposer une gestion appropriée pour limiter les impacts négatifs du développement humain.
2) Écologie comportementale
L'écologie comportementale s'intéresse aux fondements évolutifs du comportement animal dans différentes conditions écologiques et couvre à la fois les approches mécanistes et fonctionnelles. Elle étudie un large éventail d'organismes, des vers et poissons bioluminescents aux insectes herbivores et parasites, en passant par les pollinisateurs et les organismes unicellulaires agrégatifs.
3) Dynamique des métapopulations et écologie du mouvement
L'écologie des métapopulations étudie le fonctionnement des réseaux de populations qui échangent des individus par dispersion. Une combinaison de systèmes naturels (sur le terrain) et expérimentaux (en laboratoire) est utilisée, tels que des organismes unicellulaires, des acariens, des insectes et des oiseaux.
4) Interactions entre les plantes et les animaux
Les interactions entre les plantes et les animaux constituent la base des écosystèmes et représentent une force évolutive puissante. Notre objectif est de comprendre les conséquences évolutives et pratiques de ces interactions entre les plantes, les pollinisateurs et les herbivores, ainsi que les proies, les prédateurs et les parasites.
5) Spéciation et phylogénie
Afin de comprendre l'évolution des barrières reproductives entre les populations et, à terme, la formation de nouvelles espèces, nous étudions les mécanismes qui maintiennent la séparation des espèces ou permettent encore l'hybridation, ainsi que les relations évolutives entre les espèces existantes.
Découvrez les équipes de recherche et leurs travaux
Gouvernance de la biodiversité et des biens communs (BIOGOV)
BIOGOV est l'unité de recherche sur la gouvernance de la biodiversité et des biens communs, au Centre de philosophie du droit , et fait partie de la plateforme de Recherche Partenariale de Louvain sur la Transition écologique et sociale - Louvain Partnership Research on Ecological and Social Transition (LPTransition) de l'UCLouvain.
L'objet central de la recherche de BIOGOV est la gouvernance de la biodiversité et des écosystèmes, et la gestion des transitions vers la durabilité dans des domaines liés à la recherche
- Recherche transversale : gouvernance participative ; conditions pour de processus de transition plus inclusifs et plus équitables
- Thème de recherche central (core) : gouvernance de la biodiversité et des services écosystème, gouvernance du bien commun de la recherche mondiale sur la biodiversité;
- Thèmes de recherche étendus : systèmes alimentaires durables; les villes en partage ; l'économie collaborative, l'innovation ouverte et les biens communs mondiaux de la connaissance.
► Informations détaillées sur le site BIOGOV
La biodiversité sur nos campus
Des outils pour établir une stratégie de trame verte et bleue
Il s’agissait dans un premier temps d’établir un état des lieux de la situation, avec ses éléments forts et ses faiblesses. En termes de biodiversité et grâce à la mise en place d’une convention avec Natogora pour établir le sous-portail « UCLouvain.ob- servations.be », ce sont près de 55 000 observations sur Louvain-la-Neuve et 6 000 sur Woluwe qui ont été analysées. Sur les deux sites principaux de l’Université, entre 35 % et 40 % des espèces dites d’intérêt communautaire ont été observées depuis 2008. C’est donc un réel enjeu de conservation, en particulier des deux sites classés Natura 2000 : le Bois de Lauzelle à Louvain-la-Neuve et les prairies humides de l’Hof Ter Musschen à Woluwe, mais également d’autres espaces verts d’importance tels que le lac à Louvain-la-Neuve.
En termes de connectivité, cet état des lieux a principalement montré que le territoire de Louvain-la-Neuve se situe au cœur d’un paysage hétérogène, composé de milieux forestiers, de milieux ouverts et de cultures, ce qui valorise une diversité d’espèces. En revanche, les grands axes routiers représentent des éléments de fragmentation importants, isolant ainsi le site et ses réservoirs de biodiversité. Au sein de la ville, le centre urbain est un élément de fragmentation de taille, ne permettant à la faune ni de s’installer (réservoirs), ni de traverser (corridors).
De cet état des lieux découle un outil d’analyse de l’impact de divers aménagements sur la connectivité globale du site. Cet outil permet notamment de tester la connectivité des alternatives d’aménagement et leurs impacts plus ou moins favorables pour la biodiversité. Par exemple : la mise en place de prairies de maigre fauche comme mesures compensatoires à la suite de travaux d’urbanisation sur des milieux ouverts.
Un poste de chargée de mission biodiversité
Depuis avril 2025, l'UCLouvain a engagé à durée indéterminée une personne chargée de la coordination des actions liées à la biodiversité à l'Université.
Son rôle est de définir le plan stratégique de l’Université dans ce domaine en collaboration avec les scientifiques de l’Université et les acteurs régionaux : préservation, restauration et renforcement de la biodiversité et des maillages écologiques. Elle en coordonnera ensuite l’implémentation avec les administrations en charge de ces matières. Cela passera notamment par une sensibilisation des équipes, des formations aux bonnes pratiques, la définition d’outils pratiques, la recherche de financements …
Elle a également en charge la coordination du suivi d’indicateurs de biodiversité à long terme.
Une gestion écologique du bois de Lauzelle au service de la maximisation de la biodiversité forestière
Réservoir de biodiversité, nœud très important du maillage écologique du tertitoire de Louvain-la-Neuve, le Bois de Lauzelle est géré depuis de nombreuses
années par l’UCLouvain avec une attention très importante pour la préservation de cette richesse, en atteste notamment le label PEFC obtenu en 2021. Si la grande majorité des forêts publiques sont certifiées PEFC, seules 13 % des forêts privées wallonnes ont obtenu ce label.
Favoriser une forêt multifonctionnelle aux multiples missions : culturelle (accueil des publics), régulatrice (eaux, sols, qualité de l’air), de soutien (biodiversité) et de manière accessoire, approvisionnement (production de bois de qualité), tels sont les objectifs de la gestion du bois.
Le Bois de Lauzelle, en tant que forêt universitaire et périurbaine, remplit, en effet, de nombreuses fonctions. Outre l’aspect récréatif, il est un laboratoire à ciel ouvert, pour les scientifiques et étudiant·es de l’UCLouvain :
– il accueille des activités didactiques pour les étudiant·es qui y réalisent des travaux pratiques, mais aussi pour les élèves dans le cadre du Printemps des sciences ;
– il est le lieu idéal pour des recherches à l’UCLouvain en foresterie (résilience de la forêt, impact des changements climatiques sur les biotopes forestiers, etc.).
C’est en vue de trouver cet équilibre complexe entre les différentes fonctions du bois que l’Université s’est dotée de plusieurs outils de gestion :
– un comité de gestion stratégique composé d’expert.es techniques et académiques afin de renforcer la coopération entre l’administration et les expert·es académiques de l’Université ;
– un comité d’utilisateurs et utilisatrices ;
– un plan d’aménagement du bois de Lauzelle (2015-2035) qui s’inscrit dans une démarche de gestion durable de la forêt tout en maintenant une forêt multifonctionnelle pour fournir les services écosystémiques associés. Il vise notamment la restauration des milieux semi-naturels tels que la zone humide et les zones de lande sèche ainsi que le renforcement des lisières externes et internes.
C’est dans cet esprit que des actions ont déjà été entreprises pour préparer la lisière étagée qui jouera une zone tampon entre le bois et le futur écoquartier Athena-Lauzelle, notamment la plantation de milliers d’arbres en association avec la Fédération des scouts en novembre 2021.
Une évolution durable et continue des habitudes de gestion de nos espaces verts
« Exit les produits phytosanitaires » : une obligation dictée par la Wallonie et effective dès 2019, une réalité déjà concrète pour le site de Louvain-la-Neuve depuis 2017. Dans les quartiers louvanistes, tout est désherbé thermiquement. Les mesures prises en faveur du respect de la biodiversité vont même plus loin : prés fleuris ; fauches tardives ; préservation des zones-refuges pour la faune et des îlots d’arbres vieillissants ; valorisation de la flore indigène… Tout est pensé pour encourager le développement et la diversité de la faune et de la flore.
Entre 2018 et 2021 on est passé de 33 % à 58 % des espaces verts urbains qui donnent la priorité à la biodiversité. Les tontes régulières, pauvres en biodiversité, sont appliquées uniquement aux espaces purement récréatifs et très fréquentés, ainsi 74 000 m2 ne sont plus tondus régulièrement mais fauchés une à deux fois par an.
Pour tous savoir sur les espaces verts de l'UCLouvain
600 ans, 600 arbres
En 2025, l’UCLouvain fête ses 600 ans. Pour célébrer cet anniversaire, nous plantons 600 arbres : un arbre pour chaque année d’histoire, un geste concret pour l’avenir.
Les arbres, symboles de sagesse et de durabilité, sont nos alliés pour enrichir la biodiversité, rafraîchir nos campus et embellir nos lieux de vie.
