Kanar, un cursus en COMU option kot-à-projets
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Une formation sur le tas
De fil en aiguille, il commence à dessiner de façon plus incisive pour l’AGL. « Pour chaque événement, comme les cours Méta et Métis par exemple, il fallait de la promotion. Et ma chance, c’est qu’à l’UCLouvain il n’y avait pas de cursus en art. Donc à défaut d’étudiants en art ou en graphisme, on se tournait vers moi. Je n’avais pas de formation artistique et je passais des heures à aboutir un personnage en mouvement. En sortait un dessin où alternaient couches de Tipp-Ex et passages au marqueur. Toujours en noir et blanc. La première fois qu’on m’a annoncé "on a un peu plus de budget, on peut faire l’affiche en couleurs", moi je me suis dit ‘ah flûte, il faut que j’apprenne à gérer la couleur !’ », raconte le dessinateur.
Kanar a tellement bien appris sur le tas qu'il est aujourd’hui l’un des rares dessinateurs de presse en Belgique francophone. Sélectionné par Le Soir, avec quelques autres, pour remplacer Jannin et Liberski, il a ensuite œuvré dans La Libre Belgique, L’Echo, Le Vif-L’Express. Il est aujourd’hui le cartooniste de l’hebdomadaire Moustique, du magazine Imagine, du mensuel français Alternatives économiques et de temps à autre pour… l’UCLouvain.
Un éveil politique par l’AGL
En somme, Bernard Querton a suivi deux cursus à Louvain-la-Neuve. L’un académique qui a fait de lui un professeur de communication à l’ESA Saint-Luc à Liège et aujourd’hui professeur de philosophie. L’autre en kot-à-projets qui a fait de lui un dessinateur de presse piquant et sarcastique. « C’est ce qui a toujours été formidable à l’UCLouvain, c’est ce financement de la vie sociale, associative et des kots-à-projets. Et particulièrement de l’AGL qui avait une dimension politique, on n’était pas là pour faire la fête.
C’est vraiment l’AGL qui m’a politisé, qui m’a fait prendre conscience qu’il y avait des choses à améliorer à l’université et que c’était possible. Le ‘Cafard enchaîné’, le journal de l’AGL, avait ce but-là : dire ce qui allait et n’allait pas, se positionner. Et c’est là que j’ai commencé à faire du dessin de presse sur la vie estudiantine, où j’égratignais les institutions ». Inflexible sur sa liberté de cartooniste – « mes dessins sont à prendre ou à laisser, je ne fais pas de l’illustration ni des petits Mickey », il ne se fait pas d’illusions sur l’avenir du métier. « Une image ni animée, ni sonore, sur un support payant ? Cela va devenir de l’artisanat de niche. Je n’en suis pas aigri, c’est l’évolution des choses », conclut Bernard Querton en philosophe pragmatique. Ce qui compte pour lui c’est que l’on puisse garder un regard critique, ironique. Et les outils que sont internet et l’IA le permettent, de façon démocratique.