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Discours de Sara Javadian, présidente de l'Assemblée générale des étudiants (AGL)

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L’AGL, c’est quoi ?

C’est la représentation des étudiants et étudiantes de l’UCLouvain.
Notre mission est de représenter, défendre, informer et soutenir les étudiant·es dans chaque étape de leur parcours.
Mais au-delà de ces missions quotidiennes, il en est une, inscrite au cœur même du décret, qui nous définit tout particulièrement : celle de « Susciter la participation active des étudiants [...] en vue de leur permettre de jouer pleinement leur rôle de citoyen actif, responsable et critique au sein de la société ».
En effet, l’université ne peut se résumer à un simple lieu de transmission de savoirs techniques. Elle est, par essence, un espace de construction démocratique. Parce que les étudiant·es d’aujourd’hui sont les décideurs et les responsables de demain, les former, c’est déjà bâtir la société future. Dans ce contexte, notre rôle de représentation prend tout son sens : il s'agit de favoriser l’esprit critique, l’autonomie de pensée et la responsabilité collective.
Apprendre à comprendre le monde, c'est apprendre à le questionner. C'est refuser l’injustice lorsqu’elle se normalise. C’est, en un mot, apprendre à résister.

Le monde dans lequel nous vivons traverse une période de fortes tensions.
Les conflits armés se multiplient, les discours de haine se banalisent, et les idéologies autoritaires progressent dans de nombreuses régions du monde.
Cette violence n’est pas uniquement militaire.
Elle est aussi politique, sociale et culturelle.
Elle se manifeste par la montée de l’extrême droite, par le racisme de plus en plus décomplexé, par le sexisme banalisé, par la diffusion de discours masculinistes, par la stigmatisation des plus précaires, par la remise en cause de l’éducation comme bien commun.
Face à ces évolutions, le rôle des étudiants et des citoyens est clair : résister.

Résister au fascisme, entendu comme la volonté de détruire l’État de droit,
d’affaiblir les libertés fondamentales et de diviser la société.
Résister au racisme et à toutes les formes de discrimination.
Résister à l’élitisme académique qui exclut au lieu d’émanciper.
Résister à la privatisation de l’enseignement supérieur, car le savoir ne peut devenir une marchandise.
Résister à la banalisation des inégalités.

Cette résistance n’est pas théorique.
Elle est déjà à l’œuvre dans de nombreuses sociétés.
Des étudiant·es, des citoyen·nes, des hommes et des femmes, des mouvements collectifs partout dans le monde se mobilisent pour défendre leurs droits, parfois au prix de leur liberté, parfois de leur vie.
L’histoire montre que les universités et les mouvements étudiants ont souvent été des lieux de résistance démocratique.
Faisons de même.

Je souhaiterais terminer en évoquant l’Iran, un sujet qui me touche
particulièrement, puisque je suis moi-même d’origine iranienne.
Depuis plusieurs semaines, des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées,
blessées ou tuées pour avoir osé résister à l’oppression.
En tant qu’activiste profondément attachée aux valeurs humanistes et antifascistes, je tiens à exprimer ma solidarité avec le peuple iranien. Leur lutte fait partie de nos résistances.

Ne laissons jamais l’extrême droite instrumentaliser ces combats pour diviser les
peuples opprimés. Les luttes ne s’opposent pas. Le malheur des Palestinien·nes
n’efface pas celui des Iranien·nes qui n’efface pas celui d’autres peuples en
souffrance.
Nous ne devons pas hiérarchiser les souffrances ni les mettre en concurrence.
Chaque injustice mérite d’être nommée, chaque lutte mérite d’être entendue.

Siamo tutti antifascisti.

Parce que défendre la démocratie, l’égalité et la dignité humaine n’est pas un positionnement partisan, mais une responsabilité collective.
Je vous remercie.