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Doctorat

iris | Bruxelles Saint-Louis

Université de référence en Europe, tant dans le domaine de l’enseignement que dans celui de la recherche, l’UCLouvain offre un environnement idéal pour effectuer un doctorat.

Le doctorat constitue le troisième cycle d'études universitaires. Il permet d'accéder au plus haut diplôme de l'enseignement supérieur en Belgique.

Le doctorat consiste en : 

  • une formation doctorale
  • l'élaboration d'une thèse de doctorat
  • la soutenance publique de la thèse de doctorat

Un doctorat équivaut à 180 crédits, dont 60 crédits pour la formation doctorale.

Pourquoi et comment commencer un doctorat ?

8 domaines des sciences humaines et sociales

Sur le campus Saint-Louis Bruxelles, il est possible de réaliser un doctorat dans les domaines suivants :

Dernières thèses soutenues

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    Défense de thèse : Camille Bertaux
    15 Jun
    15 Jun
    ...

    Défense de thèse : Camille Bertaux 

     

    Madame Camille Bertaux soutiendra publiquement sa thèse pour l’obtention du grade de doctorat en sciences juridiques. 


    La thèse s’intitule : « The World Health Organisation Guidelines: Influencing Contemporary Environmental (Health) Law The Case of Air and Water Quality ».
     

    Le jury est composé de :

    - Prof./Dr. Delphine Misonne (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), promotrice et secrétaire du jury

    - Prof./Dr. Nicolas Bernard (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), président du jury

    - Prof./Dr. Marjan Peeters (Maastricht University), membre du comité d’accompagnement

    - Prof./Dr. Yulia Yamineva (University of Eastern Finland), membre du comité d’accompagnement

    - Prof./Dr. Antoine Bailleux (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), évaluateur externe

    - Prof./Dr. Sara Brimo (Université Paris-Panthéon-Assas), évaluatrice externe

    - Prof./Dr./Em. Luc Lavrysen (Ghent University), évaluateur externe

     

    Abstract

    Divided into three parts, this thesis addresses the influence of the WHO air and drinking-water quality guidelines in environmental (health) law. The first part develops a theoretical framework by analysing the nature and functions of the guidelines in law. Although non-binding, they are grounded in scientific expertise and benefit from the WHO’s institutional authority, which explains their widespread use by decision-makers. The study identifies four main functions through which they exert normative influence: initiating legislative action, guiding interpretation, acting as de facto regulatory standards, and contributing to the diffusion of human rights. In some cases, their influence is so strong that they effectively operate as binding standards. The second part focuses on the guidelines themselves, highlighting their hybridity and the institutional context from which they emerge. Produced by a UN specialised agency, WHO, they reflect both scientific evidence and political considerations linked to their implementation. While this hybridity enhances their chances of implementation, it also raises concerns regarding transparency and scientific robustness, particularly in relation to the drinking-water guidelines. The third part adopts a case-study approach, analysing the influence of WHO guidelines within EU law, notably in the EU ambient air quality and drinking-water directives. It demonstrates a deep and longstanding interconnection between the EU and the WHO, including EU involvement in the development of the guidelines. The analysis shows that the guidelines influence EU law through the same four functions identified earlier, progressively shaping legal standards and, in some cases, crystallising into binding norms. The research concludes on the gradual influence of the WHO guidelines under scrutiny in environmental (health) law and sheds light on the intersections that underpinned the research.
     

    Résumé

    Divisée en trois parties, cette thèse examine l’influence des lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) relatives à la qualité de l’air et de l’eau destinée à la consommation humaine en droit de l’environnement et de la santé environnementale. 

    La première partie développe un cadre théorique en analysant la nature et les fonctions de ces lignes directrices en droit. Les lignes directrices de l’OMS, fondées sur une revue de la littérature scientifique et bénéficiant d’une autorité conférée par l’expertise de l’OMS, sont largement mobilisées par les décideurs politiques et le législateur. L’étude identifie quatre fonctions principales au moyen desquelles elles exercent une influence normative : la fonction initiative de l’action législative, la fonction interprétative du contenu législatif, la fonction de standards par défaut et la fonction de diffusion des droits humains. Dans certains cas, leur influence est telle qu’elles deviennent effectivement contraignantes.

    La deuxième partie se concentre sur les lignes directrices elles-mêmes, en mettant en lumière leur caractère hybride ainsi que le contexte institutionnel dans lequel elles émergent. Produites par une institution spécialisée des Nations Unies, l’OMS, elles reflètent à la fois des données scientifiques et des considérations politiques liées à leur mise en œuvre. Si cette hybridité permet une plus grande appropriation des lignes directrices par les législateur et décideur politique, elle soulève également des interrogations quant à leur transparence et à leur rigueur scientifique, en particulier s’agissant des lignes directrices relatives à l’eau de boisson.

    La troisième partie adopte une approche par étude de cas en analysant l’influence des lignes directrices de l’OMS au sein du droit de l’Union européenne (UE), notamment dans les directives relatives à la qualité de l’air ambiant et à l’eau destinée à la consommation humaine. Elle met en évidence les interrelations entre l’UE et l’OMS, y compris l’implication de l’Union dans l’élaboration des lignes directrices. L’analyse montre que les niveaux de protection recommandés au sein des lignes directrices influencent le droit de l’Union au travers des quatre fonctions précédemment identifiées en façonnant les standards de qualité environnementale et en se cristallisant parfois en normes contraignantes. La thèse conclut à l’influence progressive des lignes directrices étudiées en droit de l’environnement et de la santé environnementale et met en lumière les nombreuses interactions qui ont sous-tendu cette recherche, notamment entre droit contraignant et soft law, entre différents champs du droit et entre différentes disciplines.

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    Défense de thèse : Camille Bertaux
    15 Jun
    15 Jun
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    Défense de thèse : Camille Bertaux 

     

    Madame Camille Bertaux soutiendra publiquement sa thèse pour l’obtention du grade de doctorat en sciences juridiques. 


    La thèse s’intitule : « The World Health Organisation Guidelines: Influencing Contemporary Environmental (Health) Law The Case of Air and Water Quality ».
     

    Le jury est composé de :

    - Prof./Dr. Delphine Misonne (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), promotrice et secrétaire du jury

    - Prof./Dr. Nicolas Bernard (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), président du jury

    - Prof./Dr. Marjan Peeters (Maastricht University), membre du comité d’accompagnement

    - Prof./Dr. Yulia Yamineva (University of Eastern Finland), membre du comité d’accompagnement

    - Prof./Dr. Antoine Bailleux (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), évaluateur externe

    - Prof./Dr. Sara Brimo (Université Paris-Panthéon-Assas), évaluatrice externe

    - Prof./Dr./Em. Luc Lavrysen (Ghent University), évaluateur externe

     

    Abstract

    Divided into three parts, this thesis addresses the influence of the WHO air and drinking-water quality guidelines in environmental (health) law. The first part develops a theoretical framework by analysing the nature and functions of the guidelines in law. Although non-binding, they are grounded in scientific expertise and benefit from the WHO’s institutional authority, which explains their widespread use by decision-makers. The study identifies four main functions through which they exert normative influence: initiating legislative action, guiding interpretation, acting as de facto regulatory standards, and contributing to the diffusion of human rights. In some cases, their influence is so strong that they effectively operate as binding standards. The second part focuses on the guidelines themselves, highlighting their hybridity and the institutional context from which they emerge. Produced by a UN specialised agency, WHO, they reflect both scientific evidence and political considerations linked to their implementation. While this hybridity enhances their chances of implementation, it also raises concerns regarding transparency and scientific robustness, particularly in relation to the drinking-water guidelines. The third part adopts a case-study approach, analysing the influence of WHO guidelines within EU law, notably in the EU ambient air quality and drinking-water directives. It demonstrates a deep and longstanding interconnection between the EU and the WHO, including EU involvement in the development of the guidelines. The analysis shows that the guidelines influence EU law through the same four functions identified earlier, progressively shaping legal standards and, in some cases, crystallising into binding norms. The research concludes on the gradual influence of the WHO guidelines under scrutiny in environmental (health) law and sheds light on the intersections that underpinned the research.
     

    Résumé

    Divisée en trois parties, cette thèse examine l’influence des lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) relatives à la qualité de l’air et de l’eau destinée à la consommation humaine en droit de l’environnement et de la santé environnementale. 

    La première partie développe un cadre théorique en analysant la nature et les fonctions de ces lignes directrices en droit. Les lignes directrices de l’OMS, fondées sur une revue de la littérature scientifique et bénéficiant d’une autorité conférée par l’expertise de l’OMS, sont largement mobilisées par les décideurs politiques et le législateur. L’étude identifie quatre fonctions principales au moyen desquelles elles exercent une influence normative : la fonction initiative de l’action législative, la fonction interprétative du contenu législatif, la fonction de standards par défaut et la fonction de diffusion des droits humains. Dans certains cas, leur influence est telle qu’elles deviennent effectivement contraignantes.

    La deuxième partie se concentre sur les lignes directrices elles-mêmes, en mettant en lumière leur caractère hybride ainsi que le contexte institutionnel dans lequel elles émergent. Produites par une institution spécialisée des Nations Unies, l’OMS, elles reflètent à la fois des données scientifiques et des considérations politiques liées à leur mise en œuvre. Si cette hybridité permet une plus grande appropriation des lignes directrices par les législateur et décideur politique, elle soulève également des interrogations quant à leur transparence et à leur rigueur scientifique, en particulier s’agissant des lignes directrices relatives à l’eau de boisson.

    La troisième partie adopte une approche par étude de cas en analysant l’influence des lignes directrices de l’OMS au sein du droit de l’Union européenne (UE), notamment dans les directives relatives à la qualité de l’air ambiant et à l’eau destinée à la consommation humaine. Elle met en évidence les interrelations entre l’UE et l’OMS, y compris l’implication de l’Union dans l’élaboration des lignes directrices. L’analyse montre que les niveaux de protection recommandés au sein des lignes directrices influencent le droit de l’Union au travers des quatre fonctions précédemment identifiées en façonnant les standards de qualité environnementale et en se cristallisant parfois en normes contraignantes. La thèse conclut à l’influence progressive des lignes directrices étudiées en droit de l’environnement et de la santé environnementale et met en lumière les nombreuses interactions qui ont sous-tendu cette recherche, notamment entre droit contraignant et soft law, entre différents champs du droit et entre différentes disciplines.

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    Défense de thèse : Rosanna Wannberg
    11 Jun
    11 Jun
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    Défense de thèse : Rosanna Wannberg 

     

    Madame Rosanna Wannberg soutiendra publiquement sa thèse pour l’obtention du grade de doctorat en philosophie

    La thèse a été réalisée dans le cadre d’une convention de cotutelle avec l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris.

     

    La thèse s’intitule : « Rétablir l’autorité en première personne ? Le cas de la schizophrénie ».

     

    Le jury est composé de :

    - Prof. Valérie Aucouturier (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), promotrice et secrétaire du jury

    - Dr. Pierre-Henri Castel (École des Hautes Études en Sciences Sociales/CNRS), promoteur

    - Prof. Nicolas Marquis (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), président du jury

    - Dr. Élise Marrou (Sorbonne Université), membre du comité d’accompagnement

    - Prof. Laurence Kaufmann (Université de Lausanne), évaluatrice externe

    - Prof. Louis Sass (Rutgers University),  évaluateur externe

     

    Résumé

    Que peut bien signifier « se rétablir » dans le cas particulier de la schizophrénie, une maladie typiquement définie comme une pathologie du soi ? Croisant philosophie et psychopathologie, cette thèse explore cette question en la confrontant aux récits de rétablissement en première personne. Dans une perspective grammaticale inspirée de Wittgenstein, elle cherche à montrer que les conceptions dominantes de la subjectivité – qu’elles soient phénoménologiques, narrativistes ou centrées sur l’autonomie personnelle – échouent à rendre compte de ce rétablissement : en réduisant la subjectivité à un rapport interne du sujet à ses états mentaux, elles occultent ses dimensions sociales et interpersonnelles. C’est pourquoi le cas du « schizophrène rétabli » invite, enfin, à repenser le lien entre socialité et constitution de soi.

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    Défense de thèse : Rosanna Wannberg
    11 Jun
    11 Jun
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    Défense de thèse : Rosanna Wannberg 

     

    Madame Rosanna Wannberg soutiendra publiquement sa thèse pour l’obtention du grade de doctorat en philosophie

    La thèse a été réalisée dans le cadre d’une convention de cotutelle avec l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris.

     

    La thèse s’intitule : « Rétablir l’autorité en première personne ? Le cas de la schizophrénie ».

     

    Le jury est composé de :

    - Prof. Valérie Aucouturier (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), promotrice et secrétaire du jury

    - Dr. Pierre-Henri Castel (École des Hautes Études en Sciences Sociales/CNRS), promoteur

    - Prof. Nicolas Marquis (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), président du jury

    - Dr. Élise Marrou (Sorbonne Université), membre du comité d’accompagnement

    - Prof. Laurence Kaufmann (Université de Lausanne), évaluatrice externe

    - Prof. Louis Sass (Rutgers University),  évaluateur externe

     

    Résumé

    Que peut bien signifier « se rétablir » dans le cas particulier de la schizophrénie, une maladie typiquement définie comme une pathologie du soi ? Croisant philosophie et psychopathologie, cette thèse explore cette question en la confrontant aux récits de rétablissement en première personne. Dans une perspective grammaticale inspirée de Wittgenstein, elle cherche à montrer que les conceptions dominantes de la subjectivité – qu’elles soient phénoménologiques, narrativistes ou centrées sur l’autonomie personnelle – échouent à rendre compte de ce rétablissement : en réduisant la subjectivité à un rapport interne du sujet à ses états mentaux, elles occultent ses dimensions sociales et interpersonnelles. C’est pourquoi le cas du « schizophrène rétabli » invite, enfin, à repenser le lien entre socialité et constitution de soi.

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    Défense de thèse : Hajar Oulad Ben Taïb
    03 Jun
    03 Jun
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    Défense de thèse : Hajar Oulad Ben Taïb


     Madame Hajar Oulad Ben Taïb soutiendra publiquement sa thèse pour l’obtention du grade de doctorat en Histoire, histoire de l’art et archéologie

    La thèse s’intitule : « Catégorisations, représentations et pratiques d’intervention. L’Action Immigrées des Ligues Ouvrières Féminines Chrétiennes/Vie Féminine auprès des femmes marocaines et turques (1964-1974), laboratoire des transformations d’un mouvement féminin chrétien ».
     

    Le jury est composé de :

    - Prof. Pierre-Olivier de Broux (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), co-promoteur 

    - Prof. Bérengère Piret (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), co-promotrice et secrétaire du jury

    - Prof. Eric Bousmar (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), président du jury

    - Prof. Frank Caestecker (Universiteit Gent), membre du comité d’accompagnement

    - Dr. Juliette Masquelier (Sciences Po-Paris), membre du comité d’accompagnement

    - Prof. Hassan Bousetta (Université de Liège), évaluateur externe

    - Madame Els Flour (Centre d'Archives et de Recherches pour l'Histoire des Femmes - AVG-CARHIF)évaluatrice externe

     

    Résumé

    Cette thèse analyse l'action développée par les Ligues Ouvrières Féminines Chrétiennes, devenues Vie Féminine, auprès des femmes immigrées marocaines et turques en Belgique entre 1964 et 1974. Elle prend pour cadre les accords migratoires conclus par la Belgique avec le Maroc et la Turquie en 1964, destinés à répondre aux besoins de main-d'œuvre de l'industrie belge. L'installation progressive des familles dans le cadre du regroupement familial reconfigure durablement les quartiers populaires de Bruxelles et plus largement, la société belge. En l'absence de politiques publiques d'accueil, les organisations du pilier chrétien occupent alors une position centrale dans l'accompagnement des populations immigrées. C’est dans ce cadre que Vie Féminine développe une « Action Immigrées » destinée aux femmes marocaines et turques.

    La recherche reconstitue le processus par lequel les femmes marocaines et turques deviennent un public distinct de l'action sociale chrétienne. À travers des dispositifs variés tels que les consultations de nourrissons, les visites à domicile, les cours de langue, de cuisine ou de couture, le mouvement poursuit un double objectif : favoriser leur intégration dans la société belge et élargir sa base militante. Cette action, portée par une rhétorique de la solidarité, est simultanément traversée par des postures maternalistes et des représentations sociales qui construisent les immigrées comme culturellement distantes, vulnérables ou assignées à des traditions patriarcales. La thèse met en évidence le rôle structurant de ces imaginaires  sociaux parfois hérités de la période coloniale, dans les pratiques et les discours des militantes chrétiennes. La recherche montre néanmoins que ces femmes investissent les espaces proposés par Vie Féminine non comme de simples bénéficiaires, mais pour développer des réseaux d'entraide, acquérir des compétences linguistiques, rompre l'isolement et, dans certains cas, s'engager dans des formes de participation collective. 

    La thèse restitue ainsi les marges d'action et les capacités d'initiative de ces femmes dans un contexte pourtant fortement traversé par des rapports de domination articulant genre, classe et race.

    Elle montre enfin que l'Action Immigrées fonctionne également comme un vecteur de transformation interne pour Vie Féminine. Confronté aux mutations sociales des années 1960-1970, le mouvement se déplace progressivement d'un modèle centré sur l'apostolat chrétien, vers une organisation davantage orientée vers l'action sociale et culturelle. Cette recomposition s'inscrit dans le processus plus large de sécularisation de la société belge et d'émergence des mouvements féministes. La thèse contribue ainsi à une histoire croisée de l'immigration et des femmes en Belgique, en montrant comment la solidarité et le contrôle social, l’émancipation et la production de l'altérité peuvent coexister au sein d'un même dispositif.

     

     

     

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    Défense de thèse : Hajar Oulad Ben Taïb
    03 Jun
    03 Jun
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    Défense de thèse : Hajar Oulad Ben Taïb


     Madame Hajar Oulad Ben Taïb soutiendra publiquement sa thèse pour l’obtention du grade de doctorat en Histoire, histoire de l’art et archéologie

    La thèse s’intitule : « Catégorisations, représentations et pratiques d’intervention. L’Action Immigrées des Ligues Ouvrières Féminines Chrétiennes/Vie Féminine auprès des femmes marocaines et turques (1964-1974), laboratoire des transformations d’un mouvement féminin chrétien ».
     

    Le jury est composé de :

    - Prof. Pierre-Olivier de Broux (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), co-promoteur 

    - Prof. Bérengère Piret (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), co-promotrice et secrétaire du jury

    - Prof. Eric Bousmar (UCLouvain Saint-Louis Bruxelles), président du jury

    - Prof. Frank Caestecker (Universiteit Gent), membre du comité d’accompagnement

    - Dr. Juliette Masquelier (Sciences Po-Paris), membre du comité d’accompagnement

    - Prof. Hassan Bousetta (Université de Liège), évaluateur externe

    - Madame Els Flour (Centre d'Archives et de Recherches pour l'Histoire des Femmes - AVG-CARHIF)évaluatrice externe

     

    Résumé

    Cette thèse analyse l'action développée par les Ligues Ouvrières Féminines Chrétiennes, devenues Vie Féminine, auprès des femmes immigrées marocaines et turques en Belgique entre 1964 et 1974. Elle prend pour cadre les accords migratoires conclus par la Belgique avec le Maroc et la Turquie en 1964, destinés à répondre aux besoins de main-d'œuvre de l'industrie belge. L'installation progressive des familles dans le cadre du regroupement familial reconfigure durablement les quartiers populaires de Bruxelles et plus largement, la société belge. En l'absence de politiques publiques d'accueil, les organisations du pilier chrétien occupent alors une position centrale dans l'accompagnement des populations immigrées. C’est dans ce cadre que Vie Féminine développe une « Action Immigrées » destinée aux femmes marocaines et turques.

    La recherche reconstitue le processus par lequel les femmes marocaines et turques deviennent un public distinct de l'action sociale chrétienne. À travers des dispositifs variés tels que les consultations de nourrissons, les visites à domicile, les cours de langue, de cuisine ou de couture, le mouvement poursuit un double objectif : favoriser leur intégration dans la société belge et élargir sa base militante. Cette action, portée par une rhétorique de la solidarité, est simultanément traversée par des postures maternalistes et des représentations sociales qui construisent les immigrées comme culturellement distantes, vulnérables ou assignées à des traditions patriarcales. La thèse met en évidence le rôle structurant de ces imaginaires  sociaux parfois hérités de la période coloniale, dans les pratiques et les discours des militantes chrétiennes. La recherche montre néanmoins que ces femmes investissent les espaces proposés par Vie Féminine non comme de simples bénéficiaires, mais pour développer des réseaux d'entraide, acquérir des compétences linguistiques, rompre l'isolement et, dans certains cas, s'engager dans des formes de participation collective. 

    La thèse restitue ainsi les marges d'action et les capacités d'initiative de ces femmes dans un contexte pourtant fortement traversé par des rapports de domination articulant genre, classe et race.

    Elle montre enfin que l'Action Immigrées fonctionne également comme un vecteur de transformation interne pour Vie Féminine. Confronté aux mutations sociales des années 1960-1970, le mouvement se déplace progressivement d'un modèle centré sur l'apostolat chrétien, vers une organisation davantage orientée vers l'action sociale et culturelle. Cette recomposition s'inscrit dans le processus plus large de sécularisation de la société belge et d'émergence des mouvements féministes. La thèse contribue ainsi à une histoire croisée de l'immigration et des femmes en Belgique, en montrant comment la solidarité et le contrôle social, l’émancipation et la production de l'altérité peuvent coexister au sein d'un même dispositif.