Aller au contenu principal

Le Musée L

patrimoine |

Culture - Le Musée L [1969 – 1975, 2017]

  Adresse : Place des Sciences, 3 – 1348 Louvain-la-Neuve

Silencieux, un musée ? Pas à Louvain-la-Neuve, où le Musée L fait dialoguer les œuvres. Un bouddha à côté d’un christ du Moyen-Age, des écritures antiques face à des machines à calculer… le Musée L, avec ses 32.000 pièces à l’inventaire, ose les rencontres inédites pour parler du monde et de l'humanité. Il a ouvert ses portes en 2017 dans le bâtiment de l’ancienne Bibliothèque des sciences et technologies construit par l’architecte André Jacqmain en 1972.

On y voit des œuvres d’art mais pas uniquement : il présente les collections scientifiques et artistiques de l’UCLouvain. Spécimens d’histoire naturelle, objets archéologiques et ethnographiques ou encore inventions scientifiques sont mis en scène sur 2.600 m² d’exposition, au cœur d’un bâtiment emblématique de l’architecture moderne belge. Le Musée L n’est pas un musée comme les autres : c’est un lieu d’échange et de vie, dédié à l’émotion et à l’exploration.

Ce très remarquable morceau de ville de la place des Sciences, dessiné par André Jacqmain, incarne la toute première réalisation d’envergure de l’inédite et urgente entreprise qu’a été Louvain-la-Neuve.  

La grande mixité programmatique a un caractère très intéressant :  

  • Une bibliothèque de deuxième et troisième cycle à l’est (aujourd’hui devenue (musée).
  • Un volume bas avec poste, librairie et administration facultaire au sud (toutes des fonctions disparues aujourd’hui).  
  • Un grand long volume pour plusieurs auditoires.
  • Un restaurant universitaire au nord-ouest et un café polygonal au sud-ouest. Ce dernier, inspiré des cuisines médiévales de Fontevraud, articule les dernières séquences urbaines issues du centre-ville, en rôle pivot entre la place basse en dévers et l’iconique frontalité de la place des Sciences.  

Le célèbre principe de séparation entre piétons et voitures est aussi présent à l’époque : la trame visible de 2,40 mètre résulte du parking sous-jacent et d’une route qui traverse l’implantation. Ce dispositif déploie des voiles en béton de 20 cm d’épaisseur, permettant une large excentricité des charges et adressant les grandes portées principales à l’inclinaison générale du site.  

Ce principe fort évite aussi tous les écueils d’un systématisme aveugle et offre de grandes variétés formelles. L’espace public se déploie généreusement grâce aux simples madriers jointifs qui forment les assises, sculptant topographiquement la scène et la place en creux en plancher de chêne.  

Chaque édifice y déploie ses formes fortes, grâce à la liberté saisie par l’équipe d’architectes dans l’usage du béton blanc laissé brut de décoffrage (fait unique dans cette ville dédiée à la brique de Wanlin).  

L’imposante bibliothèque – devenue musée de l’université - puise tantôt son langage de référence dans les grands pignons des granges hesbignonnes, ou encore au travers de la « fonction oblique » soutenue par le brutaliste Claude Parent. Fort de ses dernières expériences (le pavillon belge pour l’Expo internationale à Osaka, le restaurant universitaire du Sart- Tilman à Liège), André Jacqmain nous livre ici un véritable chef-d’œuvre.

André Jacqmain

André Jacqmain, né le 15 janvier 1921 à Anderlecht et mort le 28 janvier 2014 à Uccle est un architecte belge, protagoniste important de l'architecture fonctionnaliste et brutaliste en Belgique dans les années 1960 et 1970, puis de l'architecture postmoderne dans les années 1980, 1990 et 2000 à travers l'Atelier d'architecture de Genval qu'il a fondé en 1967.